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127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
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A bientôt !


De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d’épine, Ella C, Eejil9 et CacheCoeur, qui remportent la Sélection Femslash !

Vous voulez de l’action ? De l’aventure ? Ce mois de Sélections est fait pour vous ! Le Jury des Aspics vous invite à lire sur ce thème en octobre avec la Sélection Aventure/Action ! Vous avez jusqu'au 31 octobre pour lire les 5 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter par ici.

Et au mois de novembre, partez dans le futur avec la Next-Gen ! Vous avez jusqu’à la fin du mois d'octobre pour nous faire découvrir sur ce thème si vaste vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots. Pour proposer des textes, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news !

Il y a également la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos nuits d’insomnies ! Jusqu’au mois de décembre, venez découvrir 12 histoires incroyables ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De L'équipe des Podiums le 03/10/2022 23:05


D'un doute naît l'étincelle par Alena Aeterna

[4 Reviews]
Imprimante
Table des matières

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Note d'auteur :

Cet OS a été écrit dans le cadre de l'Échange de Noël 2021, à destination de Tiiki.

Je n'ai pas l'habitude d'écrire sur Percy mais je tenais à ce missing moment, parce qu'il est symbolique à mes yeux. Et j'ai tant d'autres textes prévus sur Percy qu'il fallait bien que je commence quelque part.

Ma seule petite entorse au canon concerne Rufus Scrimgeour. Dans mon univers, il est marié et a une fille (c'est très brièvement mentionné ici).

Percy n'avait jamais été du genre mélancolique. Il vivait dans le présent, s'acharnait dans toutes les tâches qu'il devait effectuer, méprisait ceux qui ne respectaient pas les règlements et s'assurait d'être toujours le meilleur. Cette envie de bien faire avait pris racine en lui dès sa petite enfance, à une époque où il tenait à dépasser ses deux frères aînés, Bill et Charlie, dont les parcours paraissaient si souvent sans faille pour ses yeux d'enfant admiratif de ses frères. Ce trait de caractère s'était accentué à son entrée à Poudlard où il avait cherché à se démarquer en travaillant deux fois plus que la plupart de ses camarades et en visant toujours le point le plus haut sans craindre de chuter. Il avait choisi le plus d'options disponibles puis s'était acharné jusqu'au bout de ses études. En résultaient ses différents postes au ministère de la Magie qu'il voyait comme l'accomplissement d'années de labeur qu'il ne regrettait pas. Si l'occasion lui eut été donnée de recommencer, il aurait repris la même route sans une once d'hésitation, car il s'enorgueillissait de sa réussite et de sa place dans une société aussi particulière que celle des sorciers.

Cependant, depuis qu'il avait reçu le carton d'invitation le conviant au mariage de Bill avec la ravissante Fleur Delacour, Percy se sentait tiraillé entre deux émotions qui mettaient à mal son habituel air stoïque. Le jeune homme avait coupé les ponts avec sa famille du jour au lendemain, considérant qu'ils soutenaient aveuglement Dumbledore et ses idéaux contraires à ce que prônait le ministère de la Magie. Il avait fait ses bagages en un rien de temps, d'un coup de baguette qui avait facilité son départ, puis il avait transplané à Londres pour vivre seul dans un appartement où il était enfin chez lui sans observer d'un œil critique la misère des Weasley. S'il continuait de croiser son père dans les couloirs du ministère, il ne lui adressait plus la parole, le considérant comme n'importe quel autre employé sans tenir compte de leur lien du sang. Sa carrière dépendait de tant d'éléments, il n'allait pas sacrifier son avenir pour un paternel qui écoutait religieusement les propos d'un vieux fou. Bien évidemment, ses collègues n'ignoraient pas qu'il était le fils d'Arthur, il aurait fallu être doublement borgne pour croire le contraire, mais Percy n'utilisait pas son nom pour aller de l'avant, il s'employait plutôt à prouver qu'il avait assez de qualités pour mériter son poste.

Malgré la satisfaction d'être parvenu à un métier qu'il affectionnait, le jeune homme percevait les bruits de couloirs, tous ces murmures sur le retour de Voldemort, tous ces doutes vite étouffés dans l'œuf avant de créer de trop grandes polémiques. Le ministère ne niait plus vraiment la présence du Mage noir en Angleterre mais il était difficile de convaincre une population alors même que le précédent ministre, Fudge, n'avait rien fait pour contrer les forces des ténèbres. Fudge avait répété trop souvent que Potter mentait et se moquait du ministère, se ridiculisant lui-même dans le processus. Après sa nomination, Scrimgeour avait tenté de changer la donne, effectuant un virage serré qui s'était révélé plus audacieux que productif. L'actuel ministre avait voulu rencontrer Potter l'année précédente pour le convaincre de devenir un porte-parole de leur communauté, sans succès après le fiasco qui avait résulté des actes de son prédécesseur. Percy avait été présent, et il était reparti bien plus bredouille que son supérieur puisque les jumeaux et leur sœur avaient maculé ses lunettes de purée de panais pour lui montrer leur désaccord plus que flagrant. Non seulement le jeune homme s'était senti humilié en rentrant chez lui mais Scrimgeour était revenu au point de départ à dénoncer un danger encore trop nébuleux sans aucun appui.

Le ministère de la Magie devait donc mener des combats sur tous les fronts. D'un côté demeuraient les grands sceptiques quant au retour pourtant bien avéré de Voldemort tandis que de l'autre se trouvait l'extrême inverse qui craignait un peu trop le Mage noir. Le jeune homme était figé dans un entre-deux où il avait conscience de la menace sans toutefois craindre pour sa survie à chaque coin de rue. Égoïstement, il songeait que son statut de Sang-Pur le protégeait des dogmes radicaux de Voldemort sur les Né-Moldus. Il n'était pas le plus à l'abri étant donné que le comportement de son père avait inscrit les Weasley sur la liste des traîtres à leur sang depuis plusieurs années mais cela n'empêchait pas Percy de garder la tête haute et de remplir ses fonctions avec une distinction sans égale. Scrimgeour le traitait comme un employé modèle et le jeune homme n'en était que plus fier, mettant de côté tout ce qui le rattachait à sa famille pour se consacrer uniquement à cet emploi dont dépendait son quotidien pourtant bien morose. L'ancien Gryffondor avait décidé de repousser le passé, tout en gardant malgré lui un œil inquiet sur l'invitation qui le narguait dès qu'il passait devant.

Pendant plusieurs semaines, Percy s'était donc posé trop de questions sur ses choix à venir. Il ignorait s'il serait capable d'affronter l'ensemble des Weasley comme s'il n'était jamais parti, d'autant plus qu'il n'était toujours pas prêt à leur pardonner de suivre aussi facilement les pensées fantaisistes de Dumbledore. La mort de l'illustre directeur de Poudlard n'avait sans doute pas éteint cette flamme de rébellion qui animait le non moins célèbre Ordre du Phénix et le jeune homme ne voulait pas y être mêlé, ni de près ni de loin. Dès que le nom de Potter se faisait entendre au ministère, un silence pesant s'installait avant de terminer sa course dans une cacophonie soudaine où chacun exprimait son point de vue. Pour cette raison, Percy avait instauré une distance respectable et comptait s'y astreindre une fois de plus. Il ne se faisait d'ailleurs pas d'illusions sur la présence de Potter parmi les invités, sous une forme ou une autre. Il pariait sur du polynectar puisqu'il était désormais de notoriété publique qu'Hermione savait en préparer et qu'il s'agissait-là de l'une des manières les plus simples de cacher un individu dans une foule aussi nombreuse que celle qui pourrait être présente au mariage.

Percy n'avait rien de personnel contre Harry, il l'avait côtoyé pendant quelques-uns de ses années d'études, mais il n'était pas aussi proche de lui que ne l'étaient Ron ou Ginny. Il l'avait considéré comme un menteur avant le retour de Voldemort dans les locaux-mêmes du ministère mais il s'était un peu calmé au fil des mois, principalement parce que le Mage Noir s'était révélé à tous et avait ainsi mis un point final aux doutes de chacun. Cependant, en cette époque troublée, il était évident pour lui qu'avoir un lien avec l'Élu n'était pas bien vu et il avait appris à ne pas se laisser entraîner sur les chemins les plus tortueux ou les plus risqués. Sa ligne de conduite l'éloignait donc du Survivant et de tous ses potentiels alliés représentés dans une grande majorité par la famille Weasley et leurs amis les plus proches. De mémoire, le jeune homme aurait pu citer de nombreux noms de partisans de Dumbledore, en commençant par Tonks et Lupin qu'il avait eu comme professeur à Poudlard, mais il n'avait jamais songé à les partager avec ses collègues. Peut-être était-ce là l'unique acte quelque peu rebelle qu'il s'était permis, un souvenir du comportement raisonnable de tant de gens qui cherchaient seulement à protéger les leurs. Toutefois, hormis ce détail peu significatif, le rouquin se portait bien mieux en étant à distance de Potter et de ses amis.

La semaine précédant le mariage, Percy avait encore hésité. Non pas en songeant à Bill qu'il ne voulait pas décevoir mais plutôt en s'imaginant le visage ravagé de larmes de la matriarche Weasley. Sa mère était la personne pour qui le sens de la famille comptait le plus. Elle aurait sacrifié toute sa magie et sa propre vie pour permettre à ses enfants de survivre - comme Lily Potter l'avait fait pour son fils - et Percy avait quelques remords à l'idée d'être parmi les absents. Il avait toujours cru qu'il assisterait aux mariages de ses frères et de sa sœur, tout en rêvant parfois dans des moments de divagation imprévue à cet instant où lui-même s'unirait à la femme qu'il aimait. Fut un temps où cette épouse idéale avait les traits de Penelope, son premier amour à Poudlard, mais il avait tourné la page avec la jeune femme peu de temps après l'obtention de leurs diplômes à cause de quelques désaccords qui les avaient éloignés.

Penelope, qui était pourtant aussi studieuse que lui, lui avait fait comprendre qu'il devrait ralentir un peu dans sa carrière car elle prévoyait qu'il monterait les échelons du ministère trop vite et finirait ses jours comme ministre grincheux qui n'aurait jamais connu assez de bonheur au long de sa vie. Ils avaient alors eu la première d'une longue série de disputes, à s'échanger des commentaires sur leurs choix respectifs. Percy s'était rapidement agacé de cette opinion contraire à ses idéaux, il avait eu l'impression que la Penelope qui quittait Poudlard en même temps que lui n'était pas la même que celle qu'il appréciait et il avait ainsi mis un terme à leur histoire compliquée. Son espoir ridicule de couler des jours heureux avec elle avait donc fini par s'évanouir, emportant avec lui tous les autres rêves de Percy qui comportaient des sentiments et du bonheur auprès des siens. Il n'avait pas repris contact avec Penelope, il savait seulement qu'elle travaillait dans l'une des boutiques du Chemin de Traverse en attendant d'avoir assez d'argent pour ouvrir la sienne mais il n'avait rien appris d'autre à son sujet. S'il avait été honnête avec lui-même, il aurait reconnu qu'elle lui manquait un peu mais il s'était tant astreint à ne plus être troublé par ses émotions qu'il avait préféré se persuader qu'il était bien mieux sans elle.

Percy se rappelait avoir eu une discussion à ce sujet avec ses deux frères aînés, plus particulièrement avec Bill. Ce dernier n'était pas toujours le plus romantique des hommes mais il s'était attiré l'amour d'une femme merveilleuse qui regardait au-delà de la simple apparence physique. Charlie n'était pas de bon conseil dans le domaine des relations amoureuses puisque les siennes étaient presque inexistantes, il papillonnait d'un endroit à l'autre sans se poser tranquillement et n'avait personne en vue pour le moment. Les deux aînés de la fratrie étaient cependant les plus attentifs et lui avaient accordé une oreille sincère lorsqu'il s'était ouvert à eux lorsqu'il était encore à Poudlard et qu'il ignorait de quelle manière aborder la fille qui lui plaisait. Il peinait à admettre que tout cela avait presque été étouffé dans l'œuf à cause de son seul comportement car cela reviendrait à avouer qu'il n'était qu'un égoïste infini et il n'était pas assez objectif sur lui-même pour avoir ce genre de pensées.

Il se souvenait bien du soutien inconditionnel de sa famille dans tant de domaines, et cela au fil des ans et de ses réussites. Percy aurait pu dresser la liste des sourires fiers d'Arthur et Molly, des coups d'œil enjoués de Bill et Charlie, de l'admiration de Ron lorsqu'il était plus jeune, de l'intérêt curieux de Ginny et, parfois, des gentillesses des jumeaux. Les Weasley n'étaient pas parfaits, loin de là, mais ils avaient longtemps formé une famille unie, indivisible, comme si rien ni personne ne pouvait les séparer, que ce fût un Mage noir ou la Mort elle-même. Et bien qu'il ne le montrât jamais, Percy avait souvent été heureux de s'en considérer comme un membre à part entière.

Par lâcheté, bien plus que par un dilemme quelconque, le jeune homme ne prévint donc sa famille que peu de jours avant la cérémonie, annonçant dans une lettre un peu trop informelle qu'il serait absent, tout en félicitant vaguement les futurs mariés. Il entendait déjà les remarques des jumeaux sur son comportement et les pleurs de leur mère, ainsi que l'imitation de lui que Ginny ferait avec cet air de déception que certains d'entre eux afficheraient. Percy n'était pas dénué de cœur ou de sentiment, il avait la gorge sèche à la pensée qu'il ne serait pas là pour l'un des premiers événements heureux touchant leur famille depuis la naissance de la seule fille de la fratrie. Le jeune homme avait reçu plusieurs courriers de Charlie qui lui rappelait que leur famille devait rester soudée, peu importaient les avis des uns et des autres, mais Percy n'avait jamais pris la peine de lui répondre, hormis cette fois où il lui avait fait remarquer qu'il était bien mal placé pour lui faire une remarque étant donné qu'il n'était jamais auprès des siens. Charlie préférait vivre avec ses dragons plutôt qu'avec l'espèce humaine et l'assistant du ministre n'appréciait pas recevoir des conseils de la part d'un frère toujours en voyage quelque part, aux quatre coins du monde.

Intérieurement, Percy savait qu'il tentait de se trouver des excuses. Accuser Charlie n'était en rien un gage de bonne foi, il lui fallait un coupable à désigner et il s'acharnait alors sur son frère, comme s'il pouvait représenter la cible idéale d'une colère qu'il aurait dû diriger contre lui-même. Le jeune homme était le seul responsable de la situation, il était parti de lui-même sans un au revoir et avait coupé les fils de la grande trame familiale pour s'engager dans une voie qui lui plaisait mais qui ne recollerait jamais les morceaux éparpillés par sa faute. Il avait toujours été ainsi, à ne voir que le meilleur sans regarder en arrière. Lorsqu'il était devenu préfet, puis préfet-en-chef, Percy avait dû supporter les railleries des jumeaux qui n'acceptaient pas sa manière d'appliquer le règlement envers tous les étudiants de Poudlard, y compris sa propre famille. Le jeune homme avait souvent été seul après le départ de Bill et Charlie car ses autres frères, ainsi que Ginny, n'étaient pas aussi compréhensifs que leurs aînés. Il n'était pourtant pas à plaindre, ses parents étaient toujours là pour lui, mais il s'était habitué à une solitude un peu forcée qu'il n'avait pas tenté d'éviter, plongeant dedans en ouvrant les bras pour l'accueillir.

Le jour du mariage, Percy suivit donc le chemin habituel menant au ministère de la Magie. Il salua ses collègues comme il le faisait tous les jours, s'installa derrière son bureau et se mit au travail, sans tenir compte de cette petite aigreur au fond de son estomac. Il était trop tard pour opérer un demi-tour et il avait une montagne de parchemins à étudier, compléter et transmettre dans les autres services du ministère tout en surveillant de ne pas commettre d'impair dans sa rédaction.

« Percy, vous ne deviez pas assister au mariage de votre frère ? »

Le jeune homme releva les yeux vers le ministre qu'il n'avait pas entendu entrer malgré le claquement de sa canne. Il n'était pas surpris de constater que Scrimgeour était au courant de la date de l'union de Bill et Fleur puisqu'il semblait connaître des détails sur tous les employés du ministère, de la même façon que Dumbledore regardait parfois ses élèves en attendant un aveu comme s'il savait exactement ce qui allait être dit. Comparer l'actuel ministre et l'ancien directeur de Poudlard n'était sûrement pas la meilleure pensée de Percy mais ce n'était pas la première fois qu'il remarquait des similitudes entre les deux hommes alors-même que ces derniers ne partageaient pas une grande complicité.

« J'ai préféré privilégier mon travail, répondit l'ancien Gryffondor en relevant un peu la tête pour afficher un air plus sûr. »

Il était presque certain que ce commentaire allait lui valoir des éloges pour les années à venir mais il n'aperçut qu'un brin de mélancolie dans les yeux aux reflets jaune du ministre. Scrimgeour lui indiqua qu'il aurait pu prendre un jour de congés sans craindre de voir s'effondrer l'ensemble du ministère de la Magie, ajoutant avec une note amusée qu'une absence de quelques heures n'était en rien un gage d'inefficacité. Percy sentit ses oreilles rougir en comprenant qu'il se donnait sans doute un peu trop d'importance. En effet, le ministère ne dépendait pas de lui, ni de sa ponctualité ou de sa présence constante entre ses murs, mais le jeune homme avait l'impression qu'un rien suffirait à faire s'effriter le peu de cohésion qui existait encore dans l'enceinte du ministère.

Lorsque Scrimgeour disparut derrière la porte de son bureau, Percy retourna à son travail avec plus d'ardeur, notant, corrigeant, marmonnant contre tous ces mots qui commençaient à trembloter sous son regard fatigué. Il ignorait depuis combien de temps il n'avait pas pris de congés - cela devait remonter à ses débuts au ministère - mais, pour une fois, il en aurait peut-être eu besoin. Il se reprocha cette baisse soudaine de motivation puis reprit sa plume pour raturer une proposition étrange qui provenait du département de la justice magique. S'écoulèrent ainsi plusieurs heures pendant lesquelles son esprit divagua à de nombreuses reprises vers sa famille, le mariage et toutes les festivités. Il se surprit à se demander quel costume portait Bill, quels invités avaient été choisis pour être témoins, qui lancerait en premier des ragots sur les mariés. Sentant poindre une tristesse malvenue, le jeune homme essuya précipitamment ses yeux et replongea dans ses parchemins.

Une fois son travail accompli, il s'empressa de rendre au ministre tous les documents dont il pourrait avoir besoin le lendemain. Scrimgeour le remercia avant de lui indiquer la pendule d'un vague geste de la main.

« Vous en avez assez fait aujourd'hui, Percy. Rentrez chez vous.
- J'ai encore du travail, Monsieur. J'ai plusieurs dossiers qui m'attendent et ...
- Rentrez chez vous, répéta Scrimgeour en l'interrompant. Écoutez-moi et prenez le temps de vous reposer quelques heures. Vous serez mieux en-dehors du ministère ce soir. »

En entendant le ton déterminé du ministre, le jeune homme eut un très mauvais pressentiment. Scrimgeour ressemblait à un homme sur le point de livrer le dernier combat de sa vie, comme s'il savait par avance ce que l'avenir proche allait lui réserver. Son supérieur lui rappela que rien n'était plus important que la famille, son regard soudainement baissé vers une photographie animée que Percy avait déjà aperçue auparavant et qui représentait le ministre en compagnie de sa femme et de sa fille. Le rouquin allait répliquer quelques paroles mais l'expression de Scrimgeour coupa son élan et il se contenta de hocher la tête, le cœur serré par cette étrange sensation qui lui murmurait qu'il ne reverrait jamais l'homme pour qui il travaillait depuis plus d'un an.

En s'aventurant dans les couloirs, Percy crut percevoir une atmosphère plus pesante. Certains employés remballaient leurs affaires avec un empressement inhabituel, d'autres jetaient des coups d'œil suspicieux à chaque silhouette qui s'approchait d'un peu trop près, tandis que d'autres encore paraissaient sur le point de dégainer leurs baguettes pour lancer des sortilèges. Le jeune homme porta maladroitement la main à sa cape où était rangée la sienne, sentant pour la première fois une sourde angoisse l'envahir. Il avait eu de bons résultats à ses examens à Poudlard et savait se servir de sa baguette pour se défendre mais il ignorait ce qu'il ferait si jamais une bataille se déclenchait dans l'enceinte du ministère. Il quitta au plus vite les lieux et transplana dans la cuisine de son appartement, bousculant sans le vouloir un tabouret où reposait une plante assoupie qui termina sa course sur le sol en produisant un cri étranglé.

D'un coup de baguette, Percy redressa la malheureuse plante en pot et nettoya le terreau qui s'était éparpillé. Il remonta machinalement ses lunettes sur son nez, un peu perdu. Il n'avait jamais été aussi prompt à partir de son travail et il s'inquiétait encore de cette lueur dans les yeux du ministre. Scrimgeour pouvait-il avoir compris un détail qui lui avait échappé ? Incapable de réfléchir à tête reposée, le jeune homme se mit à ranger ses affaires, ce qu'il n'avait pas pris le temps de faire depuis plusieurs mois. L'invitation au mariage de Bill lui tomba entre les mains alors qu'il triait ses parchemins et il fixa le papier en se posant mille et une interrogations sur la fête. Avait-il la possibilité de s'y rendre ou valait-il mieux jouer les autruches encore une fois ?

La seconde proposition remporta la bataille silencieuse qui se déroulait dans son esprit, il passa la soirée à redorer son appartement puis se coucha sans se départir de cette étrange sensation. Elle le tiraillait toujours lorsqu'il se leva pour se rendre au travail le lendemain matin, planant sur lui comme une épée de Damoclès penchée trop près de sa tête. Le ciel de Londres était gris, pluvieux, et portait dans ses nuages une averse de désespoir qui déplut à Percy à l'instant où il mit le pied dehors. Il aurait pu retourner se cloîtrer chez lui s'il l'avait voulu mais son orgueil reprit le dessus et l'entraîna sur la route quotidienne du ministère. Dès qu'il franchit l'entrée des employés, le visage inexpressif, le jeune homme sut qu'un événement d'une grande ampleur venait de se produire pendant la nuit.

Il n'avait que rarement vu le ministère de la Magie aussi agité, comme plongé dans une effervescence qui n'avait pas sa place dans un tel endroit. Il se rappelait la panique qui y régnait le jour où Voldemort avait fait irruption avec quelques Mangemorts mais l'affaire avait été prise en main assez vite sans s'étendre à tous les étages. Cette fois, cependant, un vent sombre sifflait entre les différents niveaux, faisant s'envoler toutes les certitudes du jeune homme. Il s'engagea dans l'un des ascenseurs en tendant l'oreille, percevant les chuchotements qui se turent à son approche. Il n'eut de réponse à ses questions silencieuses qu'au moment où il entra dans le bureau du ministre, remarquant un homme qui n'était pas Scrimgeour mais qui se comportait comme s'il était le chef incontesté des lieux. Nulle trace du ministre n'était visible, les rares babioles ajoutées par Scrimgeour avaient disparu de la surface de son bureau.

« Mr Weasley, je présume ? s'enquit l'individu en lui offrant un sourire mielleux qui ne remontait pas à ses yeux. Vous n'avez sans doute pas été prévenu des derniers ... changements. Je suis votre nouveau supérieur hiérarchique, Pius Thicknesse.
- Où est le ministre ? demanda Percy avec un brin de surprise sans tenir compte des dernières paroles de son interlocuteur.
- Je suis le ministre. Rufus Scrimgeour a déserté le ministère de la Magie cette nuit, il s'est comporté comme un véritable couard. »

Le ton agacé de Thicknesse et le déroulement des dernières heures permirent au jeune homme de comprendre que l'ancien ministre avait vu venir cet événement étrange. Percy n'était peut-être pas proche de Scrimgeour mais il pensait en savoir assez sur son compte pour deviner qu'il n'aurait jamais quitté le navire dans une période aussi troublée que la leur. Scrimgeour n'était pas parfait mais il n'était pas de ces gens qui abandonnaient une communauté entière par crainte d'une menace quelconque, bien au contraire. Le ministre avait été Auror puis directeur du bureau des Aurors avant de monter au sommet du ministère et il avait conservé le courage dû à son ancien métier. Devant le regard inquisiteur du nouveau ministre de la Magie, le rouquin se força à se détendre et à arborer cet air hautain qui était communément le sien, comme si la nouvelle qu'il venait d'apprendre n'était qu'un détail dans la longue route qui s'étirait devant les différents employés du ministère.

« Je vous félicite pour votre poste, Monsieur, répliqua le jeune homme en songeant qu'il aimerait mieux lancer un sortilège sur le rictus dédaigneux de son nouveau supérieur plutôt que de lui accorder quelques politesses feintes. Sans vouloir vous faire perdre votre temps, je serais rassuré de savoir ce qui m'attend. J'ai été l'assistant de vos prédécesseurs et ...
- Vous le resterez, Monsieur Weasley. Je n'ai entendu que du bien concernant vos compétences. Nul ne sert de se défaire d'un subordonné qui connaît déjà les tâches à accomplir. »

Percy déglutit avec discrétion, remerciant l'autre homme avec emphase. Il entrevoyait le schéma complexe qui se dessinait sous ses yeux et auquel il avait été aveugle bien trop longtemps. Sa famille avait essayé de le prévenir, en vain. L'ancien Gryffondor n'avait fait que s'enliser dans un mensonge plus facile à accepter que cette réalité qui lui sautait aux yeux de la même manière qu'un scroutt à pétards. Il était temps pour lui de prendre le taureau par les cornes tout en sachant que ce serait difficile. Il n'était pas crédule, il devinait que si Thicknesse le gardait à son service aussi près, ce n'était pas par bonté d'âme ou pour tout le travail qu'il pouvait abattre en peu de temps mais bien parce qu'il était un Weasley. Percy était pris au piège dans un engrenage qui le faucherait au moindre faux pas mais, pour la première fois depuis son entrée officielle au ministère, il était prêt à rompre certaines de ses propres règles.

Tandis qu'il retournait à son bureau, Percy ensorcela une pile de parchemin. Il lui faudrait sans doute du temps pour devenir un rouage dans la machinerie de la rébellion mais il n'abandonnerait plus en se dissimulant derrière des excuses futiles. Le plus petit battement d'ailes d'un papillon causait des dommages irréversibles dans le monde, alors il n'avait qu'à entamer sa métamorphose. Dès qu'il sortirait de sa chrysalide, il réparerait ses fautes et renouerait avec sa famille. Il était un Weasley, il n'avait plus qu'à le rappeler à tous ceux qui se dresseraient sur son chemin.

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