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Défaut d'envois des mails


Les hiboux se sont perdus !

Vous avez dû remarquer que les notifications (de nouveaux chapitres, de nouvelles reviews et autres) n'arrivaient plus dans votre boite email ! Effectivement, les hiboux sont en grève pour quelques temps. Notre équipe technique est sur le coup pour corriger le problème aussi vite que possible. Merci de votre compréhension !


Jim Kay pour Bloomsbury Publishing


De Le CA et l'équipe technique le 26/09/2022 17:05


Maintenance des sites


Bonjour à toutes et tous !


Pour nous prévenir un peu plus contre les bots, le serveur a besoin d'un petit redémarrage ! Le reboot traditionnel de 10h ce dimanche 25 septembre durera un petit peu plus longtemps, et au maximum une dizaine de minutes.



Merci de votre compréhension !


De Le CA et l'équipe technique le 23/09/2022 19:03


Ajout de nouveaux personnages !


Bonjour à tous et à toutes,


Les modératrices d'HPFanfiction ont le plaisir de vous annoncer que la liste de personnages a été complétée de A à Z ! La majorité des personnages de la saga sont maintenant à votre disposition pour les ajouter à vos résumés. Les personnages des Animaux Fantastiques et de L'enfant maudit ont également été étoffés. Si des personnages viennent à manquer, vous avez toujours la possibilité d'utiliser "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques" ou "Personnage de Crossover".

Pour rappel, il existe un "Personnage original (OC)" pour catégoriser vos fics mettant en scène un de vos OCs. Pour les recueils de textes mettant en scène de multiples personnages, nous vous conseillons de les ranger dans "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques". Enfin, certains groupes ont fait leur apparition, à savoir les Gryffondor/Poufsouffle/Serdaigle/Serpentard pour vos recueils sur les maisons ou les rivalités entre elles !

Attention ! Certains noms ont été modifiés : les personnages féminins mariés ont repris leur nom de jeune fille, pour ceux connus (ex : Bellatrix Lestrange est devenue Bellatrix Black, Molly Weasley est devenue Molly Prewett, etc...).

Nous vous encourageons à reclasser vos fanfictions en fonction des nouveaux ajouts, afin qu'elles trouvent plus facilement leur public. ;)

De L'équipe de modération le 17/09/2022 16:37


Sélections du mois


Le Jury des Aspics vous invite à lire sur les plus belles, les plus fortes, les plus merveilleuses Sorcières de la saga pour la rentrée de septembre avec la Sélection Femslash ! Vous avez jusqu'au 30 septembre pour lire les 11 textes proposés par les membres et voter par ici.

Et au mois d'octobre, jouez les Indiana Jones et partez à l’Aventure ! Il vous reste 15 jours pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

Si les thèmes ne vous plaisent pas, souvenez-vous qu’il reste la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos jours, vos nuits et votre année 2023 ! Jusqu'en décembre, venez découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De Equipe des Podiums le 14/09/2022 23:00


30ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 30e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 24 septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 10/09/2022 10:05


Concours d'écriture


Ici la voix...

La voix vous propose un concours Secret Story, pensé pour les membres les plus anciens du site comme ses plus récents utilisateurs ! Idéal pour apprendre à connaître de nouvelles personnes et découvrir la communauté HPFienne, autrices comme lectrices y sont les bienvenues ! La voix vous explique son projet plus en détails ici !
Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 28 septembre !




De La Voix le 05/09/2022 23:30


Les desseins de miss Griffith par Padfooot

[23 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Après des années de complaisance, Addison se lâche enfin dans ce deuxième chapitre intitulé : Ebauche

Dans le cadre du concours, voici les contraintes à respecter :
> Mon personnage principal chante faux [1]
> Mon personnage reçoit une mauvaise nouvelle par lettre [2]
> Une amitié impromptue avec un Moldu [3]
> Mots à placer dans l'ordre : anticonstitutionnellement, cerise, chapeaux, Magyar à pointes, spéculos, corbeau, véhicule, lampion, halieutique, pensine. (en gras dans le texte)

Petite précision pour ceux qui n'ont jamais lu la VO afin de bien comprendre l'allusion dans mon texte : le Magicobus anglais s'appelle le "Knight Bus" et Knight signifie chevalier en anglais.
Et petit rappel : le Magicobus de 1992 est violet.

Je vous souhaite une bonne lecture ! :D

— Addison, savais-tu que le plus long mot de la langue française est anticonstitutionnellement ? énonça la jeune fille avec fierté.

Addison s’amusa de la question d’Isla Black mais n’eut même pas le temps d’y répondre car la jeune fille enchaînait déjà, parlant avec entrain de son imminente entrée à Poudlard. Isla, contrairement à Phineas et Elladora avait toujours eu un caractère avenant et chaleureux.

La fête en l’honneur de Lord Black avait eu lieu près de deux mois auparavant et depuis, Lady Black et Lady Griffith semblaient avoir décidé de tout faire pour unir Addison et Phineas au plus vite, enchaînant les dîners entre leurs deux familles et autres sorties et promenades. D’abord ravie, Addison s’était vite retrouvée dans une situation gênante. Car plus elle apprenait à connaître l’homme que Phineas était devenu, plus elle se posait de questions auxquelles elle ne savait répondre.

Appréciait-elle suffisamment cet homme pour imaginer l’épouser ? Avait-elle réellement envie de se lier à cette famille pour sa vie entière ? Oh certes, elle appréciait sans aucun doute la benjamine, mais la cadette, Elladora, était aussi impénétrable que son frère… Sous ses manières parfaitement étudiées, elle était d’une froideur à faire frémir et semblait particulièrement insensible aux beautés du monde. Même lorsqu’elle avait joué du violon avec brio en début de soirée, il était évident qu’elle ne pratiquait que par éducation et non par plaisir, contrairement à Addison, qui se laissait généralement gagner par l’émotion lorsque ses doigts défilaient sur son piano. Pour autant, Addison refusait de jouer en public, elle n’était pas femme à vanter ses menus talents et détestait chanter. A juste titre d’ailleurs… [1] En quelques notes seulement, sa voix lui aurait attiré les pires railleries d’Elladora et probablement, bien que plus discrètement, le dédain de son aîné.

Décidément, plus elle y pensait et moins elle savait ce qu’il convenait de faire concernant une union avec Phineas. Elle aurait tellement apprécié un signe…

Alors qu’ils en étaient au dessert et qu’Addison dégustait avec plaisir la cerise qui décorait sa mousse au chocolat, trois hiboux pénétrèrent dans la pièce et se dirigèrent vers Lady Griffith, Lord Black et Addison. Cette dernière rattrapa de justesse la lettre avant que le volatile maladroit ne la fasse tomber dans son dessert. L’enveloppe venait du ministère et Addison décacheta le sceau avec une certaine crainte [2] .



    Chère Miss Griffith,

    Nous avons reçu des informations selon lesquelles votre père, Lord Dorian Griffith, aurait commis des infractions répétées à l’article 93 du Code International du Secret Magique.

    Dans le cadre d’une enquête approfondie, nous avons le regret de vous annoncer que votre présence sera requise au ministère le 27 août prochain à dix heures précises.

    Je vous prie d’agréer, chère miss Griffith, l’expression de mes sentiments distingués.


    Eddy Bondsman
    Service des usages abusifs de la magie
    Ministère de la Magie



Addison, déstabilisée par le contenu du courrier, se leva en hâte pour se placer derrière sa mère et constater qu’elles avaient reçues exactement le même document. La jeune femme essaya alors d’apercevoir la missive de Phineas. Elle semblait bien plus longue, mais le seul élément que put discerner Addison fut le sceau apposé au dos de l’enveloppe… Qu’avait donc pu faire son père pour s’attirer l’opprobre du Magenmagot ?

Phineas ne tarda pas à conclure sa lecture. Il replia la lettre avec soin, la posa sur le bord de la table et se leva avec une telle prestance que son attitude convenait plus à une audience ministérielle qu’à un simple dîner. Il posa ses yeux gris acier sur Addison et se racla la gorge.

— Ma chère Addison. Vous comprendrez que dans une telle situation, l’idée d’une union entre nos deux familles doive être écartée au plus vite.

Passé un court instant d’étonnement devant le vouvoiement inopiné et un discours aussi catégorique envers elle et sa famille, Addison réalisa qu’elle avait enfin eu le signe qu’elle demandait. La décision avait été prise pour elle. Et étonnamment, en cet instant, le soulagement qu’elle ressentait contrebalançait largement la crainte concernant son père. Mais elle ne pouvait passer outre l’insulte que Phineas venait de laisser entendre envers le nom de Griffith. Elle observa son interlocuteur avec attention puis afficha un sourire railleur.

— Oh Phineas. Voyons. Au fond, vous et moi savions pertinemment que ce mariage, scandale ou non, n’avait pas lieu d’être, n’est-ce pas ?

Piqué au vif par l’aplomb et le ton de son interlocutrice, Phineas se redressa de toute sa hauteur, les narines frémissantes d’une colère contenue.

— Longtemps, j’ai cherché à vous comprendre, Phineas, à faire tomber ce masque démesuré de condescendance que vous affichez sans cesse. Aujourd’hui, je peux vous exposer avec certitude les résultats de mon étude. Vous n’êtes pas à la hauteur de votre frère. Vous êtes irascible, orgueilleux et d’une froideur écoeurante.

— Addison ! s’offusqua sa mère dans un souffle alors que Lady Black masquait un effroi similaire en portant ses mains à son visage.

Mais Addison n’avait d’yeux que pour Phineas et elle se délectait de la fureur glacée qui envahissait ses traits.

— Espérons que les gènes de votre frère ne soient pas perdus et qu’ils réapparaissent un jour dans votre descendance. Ce serait d’une désolation affligeante si la noble maison des Black devait se contenter des vôtres, conclut-elle tout en jubilant de voir la veine sur le front de Phineas enfler de rage.

Phineas fit un pas vers elle, mais Addison ne lui laissa pas le temps de reprendre assez de contenance pour rétorquer.

— Mère, je pense qu’il est temps pour nous de rentrer.

Lady Griffith acquiesça, tremblante, et se leva.

— Il n’est pas nécessaire de nous faire raccompagner, milord, ajouta Addison avec une touche de mépris avant de saluer les dames de la maison avec plus de sincérité. Lady Black, ce fut un plaisir, comme toujours. Ella. Isla.

Addison prit sa mère par le bras et tourna les talons, non sans un dernier regard amusé vers Phineas, dont les lèvres étaient pincées et le visage rouge.

Arrivées dans le hall d’entrée, elles attrapèrent leurs chapeaux d’un mouvement faussement assuré pour l’une et ouvertement décontenancé pour l’autre. Avant de sortir dans la nuit, Addison observa la pièce avec nostalgie, se souvenant avoir longuement joué ici avec Sirius, des branchages à la main en guise de baguette magique et métamorphosant par leur simple imagination le porte-manteaux en arbre géant, la console en montagnes et le banc en Magyar à pointes. Un doux sourire étira les lèvres d’Addison à ce souvenir. Et c’est à ce moment-là, en quittant pour la dernière fois la maison des Black, qu’elle eut enfin sa réponse : ce n’était pas le titre prestigieux de Lady Black que son coeur pleurait mais l’idée de Sirius à ses côtés. Et jamais Phineas n’avait eu le potentiel pour le remplacer !

Addison ne demanda pas son avis à sa mère et décida de rentrer à pieds. Elle avait besoin de reprendre ses esprits avant de confronter son père. Sa mère avait sûrement les réponses à ses questions, mais ce n’était pas à elle de les lui offrir. Alors que la colère d’Addison retombait, ses pensées s’affolèrent, essayant de deviner ce qui s’était passé et même de prévoir ce qui en découlerait.

Mais jamais Addison n’aurait pu imaginer à quel point cette simple lettre changerait sa vie…

Des mois après, alors que l’automne 1864 touchait à sa fin, Addison peinait encore à trouver un équilibre à sa vie. Lors de cette fameuse nuit d’août, Lord Griffith avait tout perdu : sa fortune, sa maison, le respect de ses pairs et sa place au Magenmagot. Et Addison avait été entraînée bien malgré elle dans cet engrenage malheureux.

L’article 93 du Code International du Secret Magique interdisait aux sorciers de prendre part à des compétitions sportives ou à des paris dans le monde moldu, afin d’éviter qu’une potion de vigueur — ou pire encore — n’attire l’attention des Moldus. Lord Griffith, voyant sa fortune s’amenuiser, avait pris le risque de parier régulièrement sur des courses de chevaux. Cet écart de conduite aurait pu être rapidement étouffé si la raison sous-jacente n’avait pas fait un tel scandale.

Car si Lord Griffith avait tant besoin d’argent, c’était pour entretenir son Cracmol de fils.

Le benjamin de la famille Griffith, Alderan, n’était pas mort à l’âge de trois ans comme l’avait affirmé le couple près de dix ans auparavant. Pressentant que l’enfant était un Cracmol, les Griffith avaient préféré lui assurer une place dans le monde moldu et l’avaient confié à un couple qui gérait un Haras en banlieue de Londres. Lord Griffith tenait à ce que ses filles contractent de bonnes unions et à ce que son fils rentre à Eton, le meilleur établissement moldu où toute la fine fleur d’Angleterre étudiait. Il était prêt à tout pour aider sa progéniture. Et même prêt à tout perdre si c’était la seule solution.

Ses parents avaient décidé de vendre la maison familiale pour assurer les frais de scolarité d’Alderan et étaient partis vivre chez les Moldus à qui ils l’avaient confié et avec qui ils avaient fini par se lier d’amitié. Heureusement, Dorothea avait été mariée à Evrard Rosier peu avant le scandale, mais Addison, bien que majeure, restait à leur charge. Pour autant, elle avait refusé de les suivre, outrée que ses parents abandonnent leur vie aussi vite et incapable d’accepter l’idée de quitter le monde qui était le sien. Elle était sorcière, que ses pairs soient prêts à l’accepter ou non !

Addison, qui avait été accueillie par la famille de son amie Mary, n’avait pas eu le choix que de retourner voir la directrice de Poudlard pour profiter de ses relations. Malgré le scandale sur sa famille, Eupraxia Mole avait accepté de l’aider et Addison était devenue l’assistante de Camminus Ford, responsable du Département des Transports Magiques.

Elle détestait ce travail, qui la forçait à lire régulièrement des rapports d’accidents liés à ces dangereux transports, mais, par dessus tout, elle détestait son patron. Il était misogyne et n’en ratait pas une pour la rabaisser. Jusqu’alors, Addison n’avait été confrontée au caractère effroyable de Ford qu’entre les murs du Département, mais, aujourd’hui, il avait décidé de s’attaquer à elle devant le Magenmagot au complet.

Addison, qui avait accompagnée à regrets son patron afin de coucher par écrit le déroulé de la réunion où il devait exposer les avancées de son département, sentit son coeur tomber dans sa poitrine en un douloureux battement lorsque Camminus Ford l’apostropha soudainement.

— Miss Griffith. Vous m’aviez fait part d’une idée de transport magique lorsque vous êtes arrivée ici. Peut-être pourriez-vous la partager à toute l’assemblée.

Le ton doucereux de Ford passait peut-être pour de la considération auprès des autres, mais Addison n’était pas dupe. Pour la énième fois depuis qu’elle avait abordé le sujet de ce qu’elle avait appris être nommé « bus » chez les Moldus, Addison regretta d’avoir confié à Camminus Ford son idée de l’adapter chez les sorciers. Elle avait espéré que des experts de son département transformeraient la version moldue en un magnifique carrosse volant qui l’aurait réconfortée avec les transports magiques.

Elle se leva et s’efforça de garder la tête haute. Le scandale qui l’entourait était encore trop présent à l’esprit de nombre d’entre eux, mais elle devait en faire abstraction. Elle parcourut l’assemblée des yeux, croisant le visage froid et hermétique de Phineas, prenant un peu d’assurance dans l’attitude chaleureuse de son oncle, Lord Gamp, et évitant le captivant regard émeraude du ministre à qui elle n’avait jamais reparlé depuis leur rencontre accidentelle pendant l’été.

Addison exposa alors son observation avec un aplomb qu’elle ne ressentait pas.

— … Ainsi, je pense qu’un bus pourrait apporter beaucoup à notre société, conclut Addison. Il pourrait desservir tout Londres et ses alentours de manière bien plus sécuritaire que les moyens de transport actuels.

Un court silence suivit son explication, mais Addison n’eut pas le temps de guetter les réactions car un applaudissement sec retentit. Addison observa Phineas taper dans ses mains avec un scepticisme évident.

— Oh Miss Griffith. Voyons. Au fond, vous et moi savons pertinemment ce qui a motivé une idée aussi saugrenue, n’est-ce pas ?

Addison tremblait de rage. Comment Phineas osait-il reprendre ses mots pour l’humilier devant tout ce monde ?

— Messieurs, aucun de nous n’est ignorant de la situation de la famille Griffith et de leur lien étroit avec les Moldus. Il me semble — et je suis parfaitement assuré que vous en conviendrez — que cet objet grotesque ne serait pas un service à rendre à notre société. Nous sommes des sorciers, pas des Moldus ! Qu’est-ce que ce bousse pourrait nous apporter ? Nous avons la possibilité de nous déplacer de tant de manières bien plus efficaces…

— Mais pas sans risques ! le coupa Addison avec ferveur.

Phineas masqua habilement sa rage de s’être vu interrompre par une femme avant de réagir d’une voix ferme et méprisante.

— Miss Griffith, tout le monde ici a probablement eu l’effroyable expérience de croiser le visage de votre mère…

— Lord Black !

La voix grave avait résonné avec force, rappelant le jeune Lord à l’ordre et Phineas baissa un instant la tête en direction du ministre en signe d’excuses.

— Je voulais simplement dire par là que nous comprenons que miss Griffith ait pu être secouée par cet évènement malheureux, reprit Phineas d’un ton plus doux mais peu sincère. Pourtant nos moyens de transport ne peuvent être mis en cause. Un accident de transplanage dans une telle situation était hélas à prévoir. Après tout, il est maintenant de notoriété publique que la magie des Griffith semble avoir perdu en puissance.

Le masque de convenances d’Addison se brisa et elle ne put s’empêcher d’ouvrir la bouche, choquée par les mots de son ancien prétendant. Un brouhaha impressionnant envahit la salle. Addison put entendre quelques bribes de phrases — « C’est une honte au nom de sorciers ! », « … à force de fréquenter des Moldus… », « Cette idée n’a aucun sens » ou encore « Nous n’allons tout de même pas écouter une femme ! » — avant que le ministre ne ramène le calme d’une voix forte.

La parole fut rapidement rendue à Camminus Ford, qui, avec un sourire qui donna à Addison envie de vomir, mit fin à la réunion. Addison se dépêcha de sortir et quitta le ministère pour reprendre ses esprits en marchant dans la nuit noire jusqu’à la maison des parents de Mary, où elle s’installa à son aise avant de repenser au déroulé de la réunion. Addison eut un sourire rageur en coin. Si cette assemblée de vieux fous pensait l’avoir démotivée, ils se trompaient grandement car, bien au contraire, ils lui avaient lancé là un défi de taille et rien ne l’empêcherait de creuser cette idée.

Afin de faciliter sa plongée dans un état de méditation, elle se lança un des sortilèges favoris de la maison Serdaigle.

Cerebrum spéculos ! murmura-t-elle en pointant sa baguette sur sa tempe.

Addison ferma les yeux. Elle adorait cette sensation, cette impression que son cerveau était en ébullition et que ses neurones s’agitaient dans une frénésie parfaitement ordonnée. Lorsque les paupières d’Addison se relevèrent, elle savait parfaitement ce qu’elle devait faire.

Ainsi, plus tard dans la soirée et après avoir été informée par l’elfe de maison de son cousin du programme du jeune homme pour la soirée, Addison se retrouva face à une imposante porte décorée d’un corbeau aux ailes déployées marquant l’entrée du Night’s, club réservé à l’élite du monde sorcier. Elle prit une grande inspiration et entra. Elle chercha Hector des yeux en essayant de faire abstraction des regards qui pesaient sur elle. Le déshonneur qui entourait son nom ne lui interdisait pas de fréquenter ces lieux, mais sa présence — surtout si le récent incident au Magenmagot avait déjà fuité — avait de quoi faire jaser.

Addison aperçut la capricieuse chevelure châtain aisément reconnaissable de son cousin et s’avança. Hector Gamp discutait, un verre à la main, avec plusieurs de ses amis, mais Addison n’en avait cure. L’un des hommes se leva en la voyant s’approcher et Addison croisa un instant le regard émeraude qu’elle avait évité un peu plus tôt dans la journée. Dugald McPhail semblait éprouver un certain malaise face à elle, mais Addison, déstabilisée par sa réaction, préféra l’ignorer royalement et salua son cousin, qui se leva à son tour.

— Addison ! Comment vas-tu ?

— Très bien, mais j’aurais un service à te demander.

Hector la prit par l’épaule et l’éloigna doucement tout en lui demandant en quoi il pouvait lui être utile.

— J’ai besoin que tu m’apprennes à transplaner.

Si Hector avait encore eu une gorgée de whisky dans la bouche, il l’aurait probablement recrachée de stupeur. Il la dévisagea comme si elle était devenue folle, mais l’air résolu d’Addison ne laissait aucune place au doute. Après tout, comment pouvait-elle espérer déplacer un véhicule par la magie si elle ne savait pas le faire elle-même ?

L’apprentissage du transplanage fut encore plus éprouvant que ce qu’Addison aurait pu imaginer, mais, heureusement, Hector faisait preuve de beaucoup de patience et de douceur. En parallèle de cette dangereuse entreprise, Addison avait repris contact avec ses parents pour leur demander leur soutien et l’accès au Haras. Elle n’avait pas apprécié les voir abandonner le monde qui était le leur, mais il lui avait suffi d’un peu de recul pour comprendre ce qu’avait voulu lui dire son père.

— Nous n’abandonnons pas, Addy, lui avait dit Lord Griffith avant de partir, nous faisons le choix d’un autre mode de vie. Je regrette simplement d’avoir à le faire avant que tu n’aies trouvé ta place dans le monde. Ta mère sera plus heureuse, ses sortilèges de glamour seront suffisants pour cacher ses cicatrices aux yeux des Moldus. Et nous rejoindrons Alderan. Tu sais bien que notre monde ne l’aurait jamais accepté.

Ainsi, Addison passait beaucoup de temps dans les écuries du domaine où ses parents avaient élu résidence. Addison n’avait pas eu l’occasion de croiser son jeune frère, en études à Eton, mais elle passait beaucoup de son temps avec l’un des employés, Edgar Lampion, qui l’éclairait de sa connaissance du monde moldu et de ses expériences avec les chevaux.

Il n’était pas facile pour Addison de se lier avec un jeune homme avec qui elle ne pouvait se permettre de parler sincèrement. Vu les récentes accusations envers son père, elle ne pouvait risquer de laisser échapper la moindre information qui aurait permis à Edgar de deviner son secret. Addison restait une sorcière et cette amitié imprévue avec le jeune palefrenier la culpabilisait. [3] Elle chérissait cependant les moments passés à ses côtés, pendant lesquels elle avait beaucoup appris.

Elle avait notamment acquis, grâce à Edgar et à beaucoup de patience et de douceur, l’entière confiance d’un cheval qui n’était plus utilisé pour les courses. Malgré l’inquiétude d’Hector à l’idée de son plan fou, Addison avait réussi à habituer le cheval au transplanage, gagnant elle-même confiance dans l’exercice aux cotés de l’équidé. Après s’être contenté de déplacements de quelques centimètres, ils étaient maintenant à l’aise pour transplaner en tandem à plusieurs mètres de distance.

Les hôtes des Griffith lui avaient fait don d’un vieux fiacre abîmé et Addison s’était évertuée à le rénover avec l’aide de son amie Mary. L’attelage était maintenant beaucoup plus spacieux qu’il n’en avait l’air et pouvait accueillir près de dix personnes, mais il était surtout devenu très élégant et confortable grâce à Mary, dont les goûts étaient raffinés et à la dernière mode.

— On pourrait peut-être lui apporter un peu de couleur ? avait proposé Addison en observant l’armature noire et brillante.

— Sûrement pas ! s’était fermement opposé son amie. Et puis quoi encore ? Tu ne voudrais pas qu’on le peigne en violet non plus ?

Mary avait donc misé sur la sobriété en laissant l’objet en noir. Elle avait cependant gravé en lettres d’or « The Knight Bus », trouvant très drôle de donner un nom chevaleresque à l’objet qui avait aidé son amie à dominer sa peur des transports.

Elle avait également conseillé à Addison de le rendre invisible aux yeux des Moldus, qui ne seraient probablement pas à l’aise en voyant un bus apparaître au milieu de nulle part. La tâche n’avait pas été aisée, mais après quelques recherches et avec l’aide et l’expérience de Lord Griffith, ils avaient réussi.

La folle entreprise d’Addison avançait bien, mais elle était maintenant bloquée par un problème de taille : elle était incapable de faire transplaner un fiacre, un cheval et elle-même en même temps. Alors imaginer le déplacer avec dix personnes à l’intérieur et des bagages…

Mais, à défaut de voir son projet aboutir, Addison avait au moins pris une certaine aisance dans le transplanage. Et cette nouvelle capacité lui fut d’une aide non négligeable un matin où elle fut convoquée aux aurores pour un accident qui allait l’occuper toute la journée. Le Portoloin qu’avait réservé Magnus Spillover pour l’Australie l’avait emmené à bon port, mais on ne pouvait pas en dire autant de ses nombreux bagages, qui s’étaient répandus un peu partout autour de Londres et aux quatre coins du Kent.

Addison enchaîna les transplanages d’un lieu à l’autre pour prendre note des avancées de l’affaire et s’assurer que les membres de la Brigade de réparation des accidents de sorcellerie géraient la situation consciencieusement. Après avoir supervisé la réparation du toit d’une église endommagée par la chute d’un piano, récupéré une collection d’amulettes éparpillée sur la place du marché de Canterbury, participé à la traque d’un troupeau de vaches effrayées par l’apparition soudaine d’une série de livres hurlant leur contenu et décontaminé l’eau du bassin halieutique de Douvres au fond duquel trônait une magnifique pensine en marbre, Addison rentra enfin vers l’Atrium, épuisée de sa journée.

Ce dernier transplanage la secoua particulièrement et Addison s’avança d’un pas mal assuré, se maudissant d’avoir été aussi peu attentive à son corps. Avec ce qui était arrivé à sa mère, comment pouvait-elle être aussi négligente ? Alors qu’Addison essayait de faire abstraction de ses vertiges, une main ferme se serra sur son épaule, la maintenant en place et la ramenant à la réalité.

— Miss Griffith, allez-vous bien ?

Addison souffla avec difficultés puis hocha la tête.

— Vous ne devriez pas enchaîner ainsi les transplanages.

A ces mots, Addison leva des yeux furieux vers le visage séduisant du jeune ministre. Mais le sourire doux qui éclaira bientôt ses traits n’avait rien de moqueur.

— Ne considérez pas cela comme une insulte envers vous ou votre famille, lui assura McPhail. J’aurais fait la même réflexion à n’importe qui.

Addison se détendit, mais ne dit rien.

— Je me dirigeais justement vers votre Département. Me permettriez-vous de vous accompagner ? fit-il tout en tendant le bras vers l’avant pour l’inviter à avancer à ses côtés.

— Bien sûr, dit Addison, étonnée de la tournure des évènements.

— J’aimerais profiter de l’occasion pour vous dire que je suis désolé de ce qui vous est arrivé cet été. Bien que je ne puisse me permettre d’approuver les infractions de votre père, je dois admettre que j’admire son dévouement envers sa famille.

Addison s’arrêta net, interdite. Dugald émit un léger souffle amusé, passa sa main au creux de son dos et la poussa doucement pour la faire rentrer dans l’ascenseur ouvert. Addison se laissa guider et le dévisagea avec attention, cherchant à savoir si le sourire du ministre cachait quelque élément qui démentirait ses paroles, mais elle n’y discerna qu’une sincérité qui lui fit chaud au coeur. Personne jusqu’alors, à part son amie Mary et son cousin, ne lui avait fait part de son soutien quant à cette affaire.

Addison le remercia, légèrement embarrassée, mais ne relança pas la conversation, encore étonnée de ce qui venait de se produire. Peut-être ne devrait-elle pas en être si choquée pourtant… Après tout, le jeune ministre avait la réputation d’être un homme foncièrement juste et bienveillant. L’ancien Poufsouffle, qui était Préfet-en-Chef lorsqu’Addison était rentrée à Poudlard, était devenu ministre peu après avoir reçu son diplôme.

Dugald McPhail avait commencé sa carrière politique alors qu’il n’était encore qu’à l’école, utilisant son temps libre pour combattre l’émigration massive qui frappait particulièrement l’Ecosse à cette période. Les rapports entre le ministre de l’époque, Priscilla Dupont, et son homologue moldu, Lord Palmerston, étaient à la limite de l’hostilité. Dugald, préoccupé par le sort de sa région natale, avait donc lui-même pris en main les contacts avec Palmerston concernant l’émigration de la population sorcière écossaise. Les accords qui en avaient découlé avaient permis à de nombreux sorciers d’éviter de quitter leurs terres et aux quelques colons qui avaient envie de voir du pays d’être personnellement accueillis par le MACUSA pour s’installer dans les meilleures conditions possibles. La renommée de Dugald ainsi faite lui avait permis d’accéder aux plus hautes strates du ministère en un temps record.

Arrivés au Département des Transports Magiques, Camminus Ford reçut immédiatement le ministre et Addison ne put s’empêcher d’écouter attentivement leur discussion sur les avancées concernant les Portoloins. Ainsi, le service technique avait réussi à trouver le moyen d’étendre infiniment la capacité du Portoloin et, si les tests s’avéraient concluants, l’incident du jour serait l’un des derniers du genre. Addison sourit en réalisant que cet élément était peut-être la clé pour lui permettre d’avancer dans son projet.

— Miss Griffith !

La voix dure de Ford la prit un instant au dépourvu. Elle se faufila dans le bureau en hâte, s’efforçant de ne pas jeter le moindre coup d’oeil au ministre.

— Rangez donc ce dossier, voulez-vous !

Addison s’éloigna pour s’exécuter. Mais avant de le classer avec les autres, elle en fit discrètement une copie qu’elle fourra dans ses affaires. Elle quitta le Département peu après et tomba de nouveau sur McPhail qui sortait du bureau de Camminus Ford au même moment.

— J’ai cru remarquer votre intérêt pour les Portoloins, lui dit Dugald avec un sourire en coin.

— C’est mon travail de m’intéresser aux avancées techniques des transports magiques, rétorqua Addison.

— Evidemment, convint-t-il avec un certain amusement. Pourtant, je crois savoir reconnaître les signes lorsqu’une femme a une idée derrière la tête.

— Vraiment ? Serions-nous des créatures si banales et futiles qu’un homme puisse lire en nous comme dans un livre ouvert ?

— Loin de moi l’idée de vous qualifier ainsi, répondit-il avec un sourire sincère. Je crains que vous n’ayez passé trop de temps avec monsieur Ford, miss, si vous êtes à ce point prompt à déformer les paroles d’un homme.

Ils venaient d’arriver devant les ascenseurs. Tout en entrant à reculons dans la petite pièce exiguë qui l’emmènerait au huitième étage, Addison sourit sans quitter son interlocuteur des yeux.

— Ne vous inquiétez pas, monsieur le ministre, fit Addison d’un ton moqueur. Je ne suis pas en train de planifier mon déménagement à l’autre bout de le planète. Vous n’aurez donc pas à gérer mes affaires éparpillées aux quatre coins du monde.

— Merlin merci ! rit Dugald. Votre départ m’aurait peiné.

Les portes se refermèrent sur le sourire espiègle de Dugald McPhail. Et Addison sentit son coeur rater un battement.

Note de fin de chapitre :

Je m'amuse tellement à écrire sur cette période que je pense faire une série sur la famille Griffith et écrire une courte fic sur Dorothea puis sur Alderan.

Si je me décide, j'essaierai de poster le premier chapitre sur Dorothea en même temps que le troisième et dernier sur Addison.
Je n'en suis qu'à mon deuxième chapitre sur eux, mais Addison et Dugald vont me manquer je crois ^^
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