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127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
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A bientôt !


De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d’épine, Ella C, Eejil9 et CacheCoeur, qui remportent la Sélection Femslash !

Vous voulez de l’action ? De l’aventure ? Ce mois de Sélections est fait pour vous ! Le Jury des Aspics vous invite à lire sur ce thème en octobre avec la Sélection Aventure/Action ! Vous avez jusqu'au 31 octobre pour lire les 5 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter par ici.

Et au mois de novembre, partez dans le futur avec la Next-Gen ! Vous avez jusqu’à la fin du mois d'octobre pour nous faire découvrir sur ce thème si vaste vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots. Pour proposer des textes, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news !

Il y a également la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos nuits d’insomnies ! Jusqu’au mois de décembre, venez découvrir 12 histoires incroyables ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De L'équipe des Podiums le 03/10/2022 23:05


La plus belle création de Morgiane Bent Karluk par bellatrix92

[7 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Cette fic a été écrite dans le cadre du concours: "Le Savant fou : Effraction au Ministère".

 

J'espère qu'elle vous plaira. En plus des contraintes, j'ai décidé de l'écrire au présent, ce qui est pour moi un défi car je n'y suis pas habituée.

Note de chapitre:

Pour ce chapitre, voici les contraintes imposées:

- Un grimoire scellé
- Une personne vient vous importuner dans votre réflexion
- Faire apparaître le champ lexical de la confiance
- Faire apparaître les mots suivants dans votre texte : désillusion, bambin, parasol, Kenya, savate, hors d'œuvres, religion, pyramide, savant, téméraire

 

Cela faisait des semaines que je cauchemardais sans cesse sans comprendre pourquoi.

 

Je revoyais ces spectres cadavériques flottant dans le Siq, ou même au dessus de la ville, tournoyant au dessus des remparts et du minaret de la Grande Mosquée. Je sentais l'air se refroidir autour de moi et le souffle me manquer, puis la lumière disparaître et un silence de mort s'installer.

 

Plusieurs nuits de suite, Djalil m'a réveillée alors que je hurlais dans mon sommeil, m'arrachant aux images de cadavres putréfiés rampant sur le sol et de spectres pourrissant et flottant au dessus de moi. Plusieurs fois, j'ai fini la nuit en pleurant, blottie dans ses bras ou roulée en boule contre son sein, la seule manière de me rassurer.

 

Pourquoi suis-je devenue si faible ? Je l'ignore, mais ces visions qui m'accablent depuis quelques temps ne m'étaient pas inconnues. Déjà dans mon jeune âge, j'avais connu ces nuits agitées et, généralement, ce n'était pas bon signe.

Pourtant ma famille ne m'en a jamais tenu rigueur, bien au contraire. C'était pour eux une protection en fait. Dans ce petit village de montagne, mon don est rapidement devenu la manière la plus fiable de prévoir une attaque de ces monstres contre notre village, ou une attaque des Sheitan.

 

Les Sheitan sont comme nous, les Djinns, ils sont emplis de magie et la pratiquent. Mais ce sont des renégats, des félons qui se livrent aux arts obscurs et commettent des horreurs : meurtres, profanations... Envoûtements aussi.

Aujourd'hui, je sais qu'ils vont de pair avec ces attaques de créatures de l'ombre.

 

Ils ont découvert bien des manières de faire du mal à autrui. Il y a quelques années leur chef, un certain Samir Ben Sidi, a créé un maléfice capable de faire tomber raide mort quiconque le recevait. Grace à sa découverte, non seulement il a rassemblé des partisans qui croyaient en lui et le craignaient, mais en plus il a assassiné des dizaines de personnes, dont quelques-uns des miens...

Dont ma mère et mon frère.

 

Mon père a également été tué par ce maléfice, lors de la bataille que nous avons menée pour sauver cette ville où j'habite à présent avec mon époux Djalil. Fort heureusement, Samir Ben Sidi est mort la même nuit, tué par le poignard de ma cousine. Il a pu être arrêté comme la plupart de ses partisans.

Mais certains son encore dans la nature, ils rôdent dans le désert, se terrent dans des endroits secrets du Siq et leur vengeance pourrait survenir à chaque instant.

 

Depuis plusieurs semaines, je vis ainsi dans la peur d'une attaque et mes rêves ne me rendent que plus angoissée encore. Pourtant, cette nuit, je me suis soudain demandé une chose :

Et si ces attaques de monstres dans mon esprit voulaient dire autre-chose que ce que je pouvais croire ? Et si, plutôt que de me prévenir, cette vision m'appelait à les combattre ?

 

Après tout, je suis l'une des seules Djinns encore en vie à savoir le faire grâce à un charme protecteur que m'a enseigné ma grand-mère... Et à posséder pour cela une baguette suffisamment puissante.

 

C'était comme si l'évidence m'avait soudain frappée. Cette nuit, alors que j'étais couchée à côté de Djalil sans parvenir à trouver le sommeil comme bien souvent, mon esprit s'est brusquement emballé et j'ai pris conscience de mes dons immenses.

Ce n'était pas pour m'en vanter, non. Plutôt pour me maudire, pleurer de n'y avoir pas songé plus tôt et de ne pas avoir regardé le problème en face.

Pourquoi mon esprit a t-il enfin trouvé une réponse cette nuit, et pas celle d'hier ? Difficile à dire car cela fait des semaines que mes doutes me torturent. Mais je sais à présent ce que je dois faire :

 

Ce charme protecteur, je dois le transmettre, le partager et permettre aux miens de l'utiliser afin qu'ils puissent se protéger eux-mêmes.

Mais comment faire puisque la plupart des miens n'ont, soit pas les capacités magiques nécessaires, soit pas de baguette adéquate... Soit aucun des deux ? La question était si insoluble qu'elle m'a tenue en éveil tout le reste de la nuit.

 

Mon mari, au contraire de moi, est un dormeur tranquille, au sommeil du juste. Est-ce sa foi profonde qui le maintient dans cette confiance et lui donne le sommeil ? Je ne saurais dire, même si je l'envie.

Mais en le voyant ainsi paisible et trouvant du repos, je me suis questionnée : qu'est-ce qui lui donne sa sécurité ? Et lui, même moldu, ne pourrait-il pas lutter contre ces monstres qui l'affectent aussi après tout ?

 

J'ai observé que, contre les spectres flottants, les humains réagissent de manière différentes. Certains se résignent, courbent la tête et se referment sur eux-mêmes, une réaction discrète qui passe souvent inaperçue et qui semble finalement assez limitée. D'autres, plus fragiles pour l'une ou l'autre raison, s'effondrent totalement en quelques secondes. Quant-à se remettre d'une attaque, tout le monde ne le fait pas au même rythme et il est difficile de prévoir qui saura ou ne saura pas passer rapidement à autre-chose.

Et enfin, il y a une dernière catégorie de personnes, beaucoup plus rares, qui choisissent de résister et qui bien souvent y arrivent, du moins sur un temps limité. Généralement ces personnes restent lucides lors d'attaques modérées, parfois même elles vont jusqu'à braver les spectres et j'ai même déjà vu une personne les maintenir à distance un temps. Mais elles s'effondrent souvent ensuite, et peuvent rester en mauvais état très longtemps.

 

Ma grand-mère Belkiss, la plus puissante Djinn de la région, appelait ce phénomène le « sommeil des fantômes » et elle recommandait plus que tout de ne pas essayer de lutter contre eux sans une bonne formation, car cela pouvait se révéler mortel...

- Tu garderas le village, me disait-elle. Tu protégeras les tiens.

 

Mais moi, qui aurait cru que mes dons immenses me condamnent à de telles inquiétudes et surtout à cette impuissance qui me ronge ? Qui pouvait prévoir que cette situation me plongerait dans des doutes si profonds et si tenaces ?

Pourquoi est-ce moi qui ait conscience de la manière la plus nette des dangers qui pèsent sur notre monde ?

Ah oui, parce que c'est moi qui ait le pouvoir de discerner les forces obscures qui envahissent progressivement le Siq, depuis la mort de Samir Ben Sidi et des autres Sheitan (des mages noirs) qui l'accompagnaient.

 

Moi, mon oncle Rostem, et ma cousine Talaas pouvons voir la plupart des créatures de l'ombre. Mon oncle en a même fait sa spécialité et c'est souvent lui qui mène nos troupes contre elles.

Quant-à ma cousine, j'ai quelques doutes et suspicions quant-à ce qu'elle prétend percevoir. Je n'arrive pas à me fier entièrement à ses paroles, lorsqu'elle dresse un compte-rendu précis et détaillé de ses expéditions.

 

Non, en fait je mettrais ma main à couper qu'elle ne voit rien du tout de cela, contrairement à son père pour qui j'ai davantage d'estime. Car si Talaas pouvait réellement comprendre ce qu'il en est, elle ne serait pas aussi désinvolte et tête brûlée qu'elle ne l'est actuellement. Mais sa bravoure et sa superbe l'empêchent d'agir autrement, en temps qu'aînée il lui a de toutes manières toujours fallu briller.

Et savoir que j'ai l'oreille de son père n'a fait que la pousser à davantage de hardiesse et de toupet. Elle prend sur elle d'explorer les gorges étroites du Siq et parfois même de se porter au contact de nos ennemis pour mieux les espionner.

 

Ces monstres qui hantent les montagnes sont pourtant une affaire sérieuse, mortelle même et je ne comprends pas comment elle peut prendre autant de risques afin d'aller inspecter les gorges. Je ne sais pas non plus comment elle peut voler avec une telle assurance là-bas. Chaque jour, je redoute d'apprendre sa mort.

Et chaque nuit, depuis des mois, je suis hantée par la perspective de ne pas trouver de solution alors que c'est à moi que l'on devrait se fier, surtout depuis que mon phénix Alniyran est revenu avec cette étrange jarre scellée qu'il m'a directement amenée à la fenêtre durant la nuit.

 

C'était il y a trois jours et je n'ai toujours pas réussi à l'ouvrir. Un sortilège puissant en bloque le couvercle afin de protéger son contenu.

 

Ah oui, vous vous demandez pourquoi je possède un phénix ?

 

Pour tout dire, c'était celui de ma grand-mère et j'en ai hérité. Je suis née dans son village des montagnes arides de Jordanie, d'une famille de mages turcs installée là depuis quelques générations dans une vallée isolée à l'abri des attaques des Sheitan, ces mages adeptes des arts obscurs qui sont depuis longtemps passés pilleurs, assassins et même nécromanciens.

De toutes mes jeunes années, du moins jusqu'à ce que j'apprenne à voler sur un tapis, je n'ai connu que cet univers accidenté et sec, entre les moutons de mon oncle, le rouet de ma mère et l'atelier de mon père. J'ai su filer et tisser avant-même de savoir parler correctement...

 

Mais, presque aussi rapidement, j'ai révélé de puissants pouvoirs que ma grand-mère paternelle a soigneusement cultivés, fière de savoir que quelqu'un prendrait sa relève. Je sais que ma condition lui donnait les plus grands espoirs pour notre communauté et je crois bien ne pas avoir démérité, sans vouloir me vanter.

 

J'ai hérité de ses dons et, depuis six mois, de sa baguette qui ne m'est cependant pas revenue sans heurts. Normalement, selon les lois de ma communauté, c'était à ma cousine Talaas d'en hériter.

Mais dans ma famille on ne trouve pas plus digne que moi de la porter et, même si cela ne plaît pas à tout le monde et notamment à ma tante Roxelanne qui espérait être celle qui la transmettrait à la génération suivante, tout le monde a bien du s'y faire.

 

Je m'appelle Morgiane, je suis la fille de Karluk le Tisserand, lui-même fils de Belkiss l'ensorcelée qui était l'une des Djinns les plus puissantes de son temps, et de Myriam la Copte. Je suis la Djinn la plus puissante de la région et depuis six mois, je possède ma propre baguette : celle de ma grand-mère.

 

Je pensais que Talaas, ma cousine, m'en voudrais beaucoup plus pour l'échange que son propre père lui a imposé, échange qui a abouti à ce que je prenne possession de ce qui me revenait.

En effet, Rostem, le mari de Roxelanne et le père de Talaas, lui a fait choisir entre hériter de la baguette de Belkiss, ce à quoi elle avait droit selon nos lois puisque l'aînée de ses petits enfants depuis la mort de mon frère, et hériter du poignard droit au cœur qu'il gardait pour elle.

Aussi étrange que cela puisse paraître, Rostem m'a soutenue et supportée. Il sait très bien faire la différence entre l'intérêt commun et son intérêt personnel. Et sa sagesse nous a déjà sauvés plus d'une fois. Je n'hésiterais d'ailleurs pas à lui confier ma propre vie.

 

Talaas n'a eu d'autre choix que de s'incliner face à son père, car elle tenait à ce poignard, elle qui était la combattante la plus brave du village. Cependant, elle m'a rendu la baguette la mort dans l'âme.

Bien que nous ayons combattu côte à côte par la suite et que nous nous fassions pleine confiance à présent, car nous luttons pour les mêmes causes, notre relation n'a pas retrouvé après cela l'éclat qu'elle avait durant notre enfance.

 

Depuis quelques semaines également, je suis devenue l'épouse de Djalil Ben Ali, le fils d'Ali Baba qui est l'homme le plus riche de cette ville où, il y a un peu plus de six mois, je suis venue chercher mon phénix Alniyran.

Celui-ci s'était enfui de notre village après la mort de ma grand-mère, annonçant à la fois la fin de notre calvaire, mais aussi des événements très sombres à venir. Une prophétie dirait que le jour où il quitterait le village, nous retrouverions l'héritier du père des Djinns de notre région.

 

Et Ali Baba était cet héritier même si, chose très surprenante, il n'était pas un Djinn.

De cela je ne me plains pas cependant, car Ali est l'un des hommes les plus sages et probablement la plus belle âme de cette ville, quoique sa femme Kawtar puisse rivaliser avec lui. Lorsque, en ouvrant la caverne de Samir Ben Sidi, il est tombé sur le plus grand amas de richesse dont on puisse rêver, il a d'abord songé à se montrer généreux et bien qu'il soit passé en quelques jour de simple domestique à prince, il a gardé pour lui sa bonté et sa simplicité, allant jusqu'à partager ses richesses avec toute la ville.

Moi qui suis ici depuis six mois, j'ai vu combien les lieux se sont embellis. Cependant tout n'est pas angélique, car la richesse fait tourner la tête de certains habitants. Plusieurs personnes ont même quitté la ville pour s'établir ailleurs, pensant ainsi tirer le meilleur parti possible de leur nouvelle fortune.

 

Et attirées par l'argent, d'autres au contraire sont venues s'y installer.

 

Il y a six mois, le jour-même de l'Aïd-el-Khebir, nous avons combattu les Sheitan qui voulaient exterminer la famille d'Ali Baba et nous anéantir tous afin de prendre définitivement le contrôle de la région.

C'est Talaas qui a tué leur chef, d'un fameux lancer de poignard droit au cœur effectué depuis son tapis volant, et sauvé la ville ainsi que les nôtres...

Mais moi, j'ai perdu mon père et la douleur me tient encore dans ses griffes. Peut-être est-ce pour cela que je doute au plus profond de moi-même, et que je me sens à présent prise au piège dans ce qu'est devenu ma vie.

Suis-je en tort ? J'ai quitté mon village et épousé l'homme que j'aimais, et ainsi je suis plus inquiète que jamais quant-à son sort et à celui des siens.

Et pour les miens, c'est sans doute un peu comme un abandon.

 

Depuis que je suis arrivée ici, je vis dans la magnifique demeure de mes beaux parents, Ali Ben Sidi et Kawtar. Ce sont deux vieilles personnes assez extraordinaires qui respectent scrupuleusement la Religion et qui possèdent la plus belle maison de la ville... Ou plutôt celle qui a le plus grand et le plus beau jardin, garni d'arbres et d'essences parmi les plus diverses et les plus recherchées.

 

C'est dans cet endroit que j'aime particulièrement venir me ressourcer, en particulier au dessous des deux magnifiques pins parasols qui se trouvent sur un des côtés à l'écart et un peu à l'abri des regards. Personne ou presque ne vient m'y déranger. Je m'y sens bien et en sécurité.

C'est souvent là que j'étudie, bien à l'ombre pour échapper à la chaleur. Depuis plusieurs jours, c'est même devenu mon repère et ma zone privée.

 

Car autant ma cousine Talaas est téméraire et incontrôlable, autant je suis studieuse et observatrice. Sa magie à elle s'exprime en particulier dans les activités physiques mais il n'en est pas de même de moi. Je suis une intellectuelle et une magicienne renommée qui a besoin de temps pour maîtriser ses charmes.

Ceci a été notre première désillusion d'enfance : découvrir que nous ne partagions pas les mêmes intérêts et voir nos parcours s'éloigner progressivement.

 

Talaas ne peut même pas attendre d'avoir enfilé ses savates le matin pour voler sur son tapis volant : elle s'y tient presque toujours pieds-nus d'ailleurs. Quant-à moi, j'ai un rythme plus tranquille fait de levers un peu plus tardifs en temps normal.

 

Ce matin-là pourtant, alors que le soleil était à peine levé, je me suis réfugiée dans mon sanctuaire sous les pains parasol après avoir seulement pris le temps de chaparder un des hors-d'œuvre prévus pour le repas du midi. Yusuf en prépare toujours un de plus pour moi, il sais que j'ai un naturel plutôt fripon.

 

Je n'en reviens pas encore que tout soit aussi facile dans cette maison et que tous ces gens me laissent libres de faire ce que je veux. C'est presque inquiétant.

En me mariant, perdre ma liberté était ma plus grande peur et je l'ai rapidement surmontée. Bien sûr, j'ai le don de persuader qui je veux ou presque, c'est ainsi depuis que je suis née. Mais cela ne peut pas être la seule explication à ce qu'on me laisse en paix.

 

Qu'Ali me fasse confiance, je n'en suis guère étonnée. Car à présent que ses souvenirs d'enfance remontent à la surface et qu'il découvre son passé chez les Sheitan, il se rend compte que le monde est bien différent de ce qu'il a si longtemps cru. Ce n'est pas lui qui ira me juger, d'autant qu'il sait que ma famille et moi l'avons sauvé d'une mort certaine.

J'étais bien plus déroutée en revanche par l'absence d'hostilité de la part de Kawtar, mais après avoir compris en partie quel était son passé, tout s'est éclairé à mes yeux. Elle en a vu d'autres, clairement, et peut-être même bien plus que ce que je peux imaginer. Kawtar devient à mes yeux chaque jour un peu plus mystérieuse et sa tristesse, comme la culpabilité qu'elle ressent, sont inquiétantes.

Qui sait ce que ces sentiments pourraient la pousser à faire ? Je la sais capable du meilleur, mais sans doute l'est-elle aussi du pire envers elle-même.

Je suis déjà extrêmement surprise de sa pratique religieuse si austère, qui me dit qu'elle ne pourrait pas un jour se retourner contre moi qui doit lui sembler bien frivole ?

 

De mon mari Djalil, rien ne me surprend plus. Il ne m'a fallu que quelques secondes lors de notre première rencontre pour comprendre que ce garçon était plus tordu que ma cousine et moi réunies. S'il ne saurait pratiquer la magie, il la conçoit sans peine et rien, pas même la potion de polymorphie, ne semble capable de le perturber.

D'ailleurs, c'est lui le meilleur ami d'Alniyran. Voilà qui suffit à faire taire mes doutes.

 

Mais revenons maintenant à cette jarre scellée que j'ai emportée avec moi sous les pins. Elle est de taille assez réduite et, ainsi fermée, elle ne peut contenir qu'une chose : un livre, un écrit peut-être capable de me donner la marche à suivre pour vaincre ces monstres qui envahissent le Siq et se rapprochent de nous.

 

Pourquoi Alnyiran me l'aurait-il ramenée autrement ? D'ailleurs où l'a t-il trouvée ?

 

Je connais déjà un charme protecteur, mais celui-ci nécessite une baguette et les miens n'en ont que rarement. Je dois trouver une autre solution, plus fiable et plus durable.

 

J'y pense. Peut-être Alniyran est-il allé fouiller dans ce qu'il restait de la caverne aux trésors de Samir Ben Sidi et que les miens ont entreposé dans un lieu secret, car bien des objets dangereux étaient présents là-dedans. On ne pouvait prendre le risque de se fier à l'intelligence des gens, il fallait isoler toutes ces choses.

Cela dit, grâce à cet amas d'objets, aujourd'hui j'ai peut-être une chance d'accroître mon savoir et ainsi de protéger les miens ou de reconquérir le Siq.

 

Mais pour cela, il faut d'abord que je vienne à bout de ce manuscrit scellé !

A présent que je me penche dessus, je parviens à identifier cette jarre : de forme ovoïde avec un col long et fin, elle date de plusieurs siècles et a probablement été fabriquée dans la région, mais pas à l'époque romaine... Plus tard sans aucun doute, et par des sorciers, je le vois aux motifs qui sont gravés dessus : des signes, des dessins témoignant de l'existence de charmes puissants autour de cet objet et façonnés dans l'argile encore humide.

Je me prend même à espérer que la jarre ait la même origine que les dinars d'or qui formaient l'héritage légitime d'Ali.

 

Si tel est le cas et qu'elle date des Omeyyades, alors ce sont des mages parmi les plus grands savants qui l'ont créée et c'est sans doute là que je trouverai les réponses à mes questions.

Mais comment l'ouvrir ?

 

Si je la brise, je sais parfaitement que son savoir sera perdu, c'est ainsi que les choses fonctionnent avec la vieille magie.

Mais je l'accepte car je n'ai plus confiance dans les savoirs des mages d'aujourd'hui. J'ai trop éprouvé leurs préceptes pour cela. Mais ce livre a presque cinq cents ans, et il a été écrit par un Ben Sidi j'en suis sûre et je pense même savoir lequel : un puissant mage qui a étudié les pyramides et autres tombeaux égyptiens.

Il est le premier à avoir mentionné les créatures que nous combattons dans le Siq.

 

Il faut que j'ouvre cette jarre et que je récupère le rouleau qu'elle contient. Mais comment faire ? Bien entendu, cela ne vient pas tout seul, et aucune des formules que je connais ne semble fonctionner.

Plus d'une demi-heure passe sans que je trouve la moindre solution. Mais alors que je suis en train de m'échiner assise sur mon siège sous les arbres, une petite main se pose soudain sur mon épaule. Je sursaute et me retourne avec une exclamation, retenant l'objet de justesse :

- Kenya !! Que fais-tu là ?

 

J'ai crié sous l'effet de la surprise. Pour toute réponse, la fillette me sourit de toutes ses dents avec son air fripon. Je remarque aussitôt qu'elle est accompagnée comme toujours du bambin qui lui sert de petit frère.

Bien sûr, elle m'a vu dans le jardin et a décidé qu'elle serait bien mieux près de moi qu'à aider sa mère à qui elle a encore faussé compagnie.

Celle-ci ne va sans doute pas tarder à gronder d'ailleurs, lorsqu'elle s'apercevra que Kenya ne désherbe plus avec elle et qu'elle est encore venue me déranger.

- Qu'est-ce que tu fais Morgiane ? Me demande pourtant la petite fille sans s'en préoccuper.

- J'essaie d'ouvrir cette fichue jarre, surtout en évitant de la casser. Mais je n'y arrive pas.

 

La fillette observe à son tour, ce qui a le don de m'exaspérer car j'ai fort à faire pour l'ouvrir et elle me fait perdre du temps, en plus d'attirer l'attention sur ce que je fais.

Pourtant, elle est adorable ainsi, figée dans une attitude de réflexion profonde.

- Est-ce que c'est vrai que le maître Ali a ouvert une caverne en lui demandant de s'ouvrir ? Demande soudain Kenya.

 

Je sursaute encore, et mon regard va de la jarre à ma jeune compagne, plusieurs fois :

- Oui c'est vrai, je murmure.

 

Kenya sourit mais, presque au même moment, sa mère l'appelle avec rudesse et elle s'enfuit, me laissant seule avec l'objet.

Quant-à moi, je reste plusieurs secondes interdite. Bien qu'elle m'ait dérangée, la petite m'a fourni la réponse qu'il me manquait et c'est sans tarder que je vais voir Ali. Si c'est bien ce que je crois...

 

Après tout, c'est lui qui est l'héritier de la caverne. Comment n'y ai-je pas pensé plus tôt ?

C'est d'un pas chancelant que je me lève, la jarre coincée sous mon bras, et que je reprends la direction de la maison. Je n'arrive pas à croire que j'ai laissé passer une chose pareille. Sans Kenya, qui sait quand je m'en serais rendue compte ?

 

Mon beau-père est en train de tenir sa comptabilité lorsque je pénètre dans son bureau, comme tous les matins. Il me jette un regard surpris en me voyant arriver :

- Morgiane ? Souffle t-il un peu étonné que je le dérange. Que fais-tu là ?

- C'est à cause de la jarre, je souffle. Je crois que toi seul peux l'ouvrir...

 

Bien qu'il sache que le phénix a ramené cette jarre depuis la veille, je comprends que lui non-plus n'avait pas songé qu'il était celui qui était capable de l'ouvrir. Nous nous regardons un instant, ses yeux vont de l'objet à moi. Enfin, il l'attrape et dit d'une voix claire :

- Sésame, ouvre-toi.

 

Aussitôt, le bouchon de la jarre saute et vient s'écraser au sol, dévoilant son contenu : un rouleau de parchemin.

 

Je ne peux m'empêcher de battre des mains :

- Splendide, dis-je. Je vais pouvoir l'étudier !

- Et peut-être enfin mieux dormir, réplique gentiment Ali en me rendant la jarre.

 

Je ne prends même pas la peine de répondre à sa pique. souriante et surexcitée, je quitte les lieux et retourne sous mes pins. A présent, mon cœur bat rapidement sous l'effet de l'euphorie et de la sérénité que je ressens.

 

Là, dans mon repère et assise sur des coussins, je commence ma lecture du rouleau que j'ai sorti de sa jarre.

 

« Le Monde des Ombres » s'intitule t-il.

 

Il est long, difficile à lire et d'une écriture ancienne. Cependant après plusieurs heures, je commence à comprendre de quoi il en retourne exactement.

 

Je ne me suis pas trompée, l'ouvrage a bien été écrit par le savant auquel je pensais. Il recense de nombreuses créatures de l'ombre liées au « monde des morts » et propose quelques embryons de charmes protecteurs. Celui que je connais, je l'apprend, vient du monde romain et se nomme en latin le charme du « PATRONUS ».

 

Il est complexe et nécessite une grande puissance magique, indique l'auteur.

Cela bien-sûr, je l'ai deviné, mais c'est la suite du texte qui me surprend le plus :

 

«  Le charme du patronus est un perfectionnement de techniques ancestrales pratiquées collectivement. L'Islam y a mis un terme en interdisant son exercice : chants, danses et exhibitions. »

 

- Qu'est-ce que cela veut dire ? Je souffle.

 

Malheureusement, il n'y a pas plus de détails, l'auteur semble être parti du principe que ses lecteurs savaient parfaitement ce qu'était le charme du PATRONUS. Je ne peux que pester.

 

Il va falloir que j'aille fouiller dans des sources latines et grecques... Autant dire que j'ai du pain sur la planche.

 

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