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Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


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A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


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De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


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De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


La disciple de Grindelwald par FleurBleue

[12 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note d'auteur :

Bonjour à toutes et tous ! Je suis tellement contente de vous présenter "La Disciple de Grindelwals" ! Cela fait un an et demi que je travaille dessus. Elle me tient beaucoup à coeur. Cette histoire est maintenant complètement rédigée, vous pourrez la suivre au fil des semaines dans son intégralité ;-) Elle prend en compte certains éléments du Paris sorcier décrit dans Les Animaux Fantastiques, néanmoins j'ai pris quelques libertés contextuelles, ainsi le contexte de mon histoire pourra être différent de ce qui est développé dans les AF. J'espère que vous l'apprécierez autant que j'ai pris du plaisir à l'écrire. Bonne lecture !

Note de chapitre:

Bonne découverte de ce premier chapitre ! 

Paris Avril 2005

 

En quittant son appartement Rue Berton ce vendredi matin d’avril, Gabrielle put sentir sur son visage l’air frais qui ne se décidait toujours pas à quitter Paris. Encore une fois, elle s’était montrée trop optimiste en choisissant de revêtir simplement son manteau de printemps par-dessus sa fine robe rose pâle aux manches trois-quart. Tant pis pour les températures, se dit-elle, elle avait quand même envie de faire une partie du trajet jusqu’à son travail à pied, plutôt que de transplaner directement place de Furstemberg. Elle habitait dans le 16e arrondissement, plus précisément dans le quartier dit du Village de Passy, un quartier sorcier parisien qui conservait quelques ruelles anciennes bien pratiques pour cacher aux yeux des Sans-pouvoirs les nombreuses demeures magiques. Gabrielle résidait dans l’une de ces ruelles bordées de lampadaires au charme désuet. En tout cas, c’est ce qu’avaient l’air de penser les quelques touristes Sans-pouvoirs qui passaient par là.

 

* * *

 

Une fois sortie de la ruelle en remontant un escalier en pierre, elle se dirigea ensuite vers une autre partie du 6e arrondissement : les jardins du Trocadéro. Elle aimait beaucoup profiter de cet espace vert au gré de ses balades solitaires, offrant vue sur la Tour Eiffel, le matin ou bien le soir après sa journée. Gabrielle remonta d’un pas tranquille les avenues commerçantes des Sans-pouvoirs, guère pressée à l’idée d’arriver sur son lieu de stage Et pourtant… Il y avait deux mois quand elle avait appris que sa demande de stage aux Archives magiques du Ministère des affaires magiques de France avait été acceptée, elle avait sauté de joie. Cela faisait bientôt un an qu’elle avait terminé ses études à Beauxbâtons et qu’elle avait commencé celles d’Histoire de la Magie à la Sortbonne. D’avril à juin, elle devait ensuite effectuer ce stage de découverte, et elle l’avait attendu avec beaucoup d’impatience. Mais rien ne s’était passé comme prévu. Pour commencer, il y avait eu ce problème d’affectation. La jeune sorcière avait découvert le premier jour de son stage qu’elle avait été affectée par erreur dans un autre service du Ministère : le Bureau des accidents et catastrophes magiques. Et elle avait eu beau protester, on lui signifia qu’il était impossible de la changer d’affectation, les secrétaires lui indiquant que la procédure administrative était beaucoup trop compliquée et que de toute manière un autre stagiaire avait déjà été assigné aux Archives magiques. Ensuite… Gabrielle soupira. Non, elle n’avait pas envie d’y penser. D’ailleurs, elle était enfin arrivée à l’entrée des Jardins du Trocadéro. Elle profita d’une courte promenade dans les allées du jardin, déambulant entre les sculptures et les plans d’eau pour en rejoindre la partie ouest. Là, elle s’approcha d’une arche en pierre, vestige du grand palais parisien des Tuileries, puis tout simplement passa au travers pour voir se dessiner devant elle la place du Furstemberg, ses quatre paulownias et sa fontaine Wallace. L’entrée du Ministère des affaires magiques françaises, 6e arrondissement de la ville. Après un dernier soupir, Gabrielle redressa ses épaules afin de paraître déterminée puis s’avança vers la fontaine. A son approche, l’ascenseur se matérialisa devant elle, grâce aux racines des arbres.

 

* * *

 

Assez peu d’agitation régnait dans la coupole principale du Ministère. Une partie des employés devaient encore être en train de tremper leurs lèvres dans le traditionnel café, assis à leur bureau, s’octroyant un petit réconfort avant de commencer la journée de travail. Gabrielle passa successivement les lumineuses coupoles en verre qui desservaient les différents bureaux jusqu’à atteindre celle du fond, dont le plafond était décoré du motif d’une épée. Elle pénétra dans le couloir du Bureau des accidents et catastrophes magiques et rejoignit son bureau situé tout au bout. Enfin, si l’on pouvait appeler cela un bureau…

 

* * *

 

- Bonjour Gabrielle, encore une fraîche journée, on ne sait plus comment s’habiller en ce moment, c’est fou. Un large sourire illuminait le visage de la secrétaire du Bureau, blonde aussi, la cinquantaine passée et la coquetterie toujours au rendez-vous. Quel que fut le temps ou quelles que fussent les mauvaises nouvelles dans la presse, Joséphine Duclair était toujours de bonne humeur, et Gabrielle se surprit encore aujourd’hui à retrouver le sourire grâce à sa joie communicante.

- Bonjour Joséphine. Tu as raison, je commence à regretter ma cape d’hiver.

Gabrielle dépassa le large bureau de la secrétaire pour s’installer à une simple petite table collée dans un coin de la pièce. Et sur la table, un petit écriteau en bois : « Bureau des accidents et catastrophes magiques. Secrétariat des archives courantes  ».

- M. Desprez est déjà passé, il t’a laissé une pile de dossiers en cours à classer. Le pauvre, il a encore dû passer sa nuit à travailler. Une équipe d’Oubliator a dû être mobilisée hier en fin de soirée, toujours ces mêmes jeunes sorciers inconscients qui s’amusent à fréquenter les bars des Sans-pouvoirs et finissent totalement décomplexés de la baguette. Tous les clients ont du être oubliettés.

Gabrielle ne put s’empêcher de rire à la remarque de Joséphine, pourtant celle-ci semblait prendre l’affaire très au sérieux. La jeune sorcière, elle, était plutôt habituée à côtoyer les étudiants fanfarons de son université, même si elle devait bien avouer que les seuls endroits où elle les fréquentait le plus se résumaient aux salles de cours, au réfectoire et à la bibliothèque. Tout au long de l’année ses camarades l’avaient poussée à les accompagner à leurs soirées festives dans les bars du quartier de Montmartre, elle avait toujours refusé jusqu’à ce qu’ils arrêtent de le lui proposer. Gabrielle se demandait parfois si elle avait eu tort de rester le nez dans ses livres plutôt que d’aller « profiter de sa jeunesse », comme c’était l’usage de le dire.

Alors que Joséphine semblait absorbée par la lecture de l’agenda de M. Desprez, le Chef du Bureau des accidents et catastrophes magiques dont elle était la secrétaire directe, Gabrielle se plongea dans la pile des dossiers qui l’attendait. Effectivement, parmi ceux-ci se trouvait le rapport détaillé de l’équipe d’Oubliators qui avait dû intervenir dans un bar de Sans-pouvoirs, ainsi que les rapports de la journée d’hier. Elle sortit sa baguette et se mit à la tâche, à commencer par classer les dossiers par ordre alphabétique puis à vérifier que chacun d’entre eux étaient bien datés avant de les tamponner du nom du Bureau. Il ne restait plus ensuite qu’à passer les parchemins rendus officiels dans la machine enregistreuse et Gabrielle agita mollement sa baguette en regardant les parchemins glisser un à un dans la machine, dans un mouvement répétitif. Elle était au bord de la somnolence quand la voix aiguë de Joséphine la ramena à la surface :

- Vraiment Gabrielle, je ne sais pas comment j’ai fait pour travailler dans ce bureau autant d’années sans toi ! Cela fait deux semaines que tu es ici et je vois une nette différence dans le fait que, grâce à toi, je n’ai plus à m’occuper du traitement des archives courantes. Bien sûr, tout ça est grâce à M. Desprez, quelle bonne idée de sa part que de demander un stagiaire pour traiter nos archives ! M. Desprez avait raison, un poste ici était indispensable !

Cette fois, Gabrielle ne lui rendit qu’un faible sourire, mais la secrétaire ne sembla pas s’en rendre compte. Cela faisait deux semaines qu’elle était à son poste, et Gabrielle s’ennuyait ferme. Elle ne voyait pas du tout en quoi son travail d’archives courantes était indispensable. Gabrielle expédiait ses tâches du jour en à peine deux heures et finissait toujours par assister Joséphine. Elle aimait beaucoup la secrétaire, elle était sympathique, mais le goût amer de ne pas pouvoir réaliser son stage aux Archives magiques lui restait sur la langue. Ce qu’elle voulait, elle, c’était être chargée des archives historiques, c’est-à-dire de goûter à la joie de manipuler des parchemins témoins de l’Histoire du pays, le plaisir de réfléchir à la meilleure methode de conservation des objets magiques fragiles. Mais elle se faisait une raison et se disait que la stage de première année n’était pas très important et qu’après tout elle aurait l’occasion d’en faire des plus intéressants les années prochaines. Et cela lui permettait tout de même de mettre un premier pied dans le Ministère, cela lui serait peut-être utile plus tard. Qui sait ? Peut-être qu’un jour elle aurait l’occasion de remercier M. Desprez de l’avoir jugée « indispensable » à son poste ? Malgré toutes ces réflexions, Gabrielle n’espérait plus qu’une chose : que ces six semaines de stage se terminent enfin. Vraiment, Gabrielle se rendait compte que parfois dans la vie l’enthousiasme pour quelque chose pouvait vite retomber comme un soufflet. Elle ne comprenait pas comment la vie pouvait être aussi sournoise.

 

* * *

 

C’est avec un soupir d’aise cette fois-ci que Gabrielle se jeta dans son fauteuil situé près de la fenêtre, après cette nouvelle et morne journée de stage. Ce petit appartement sous les combles c’était son chez-elle depuis bientôt un an, elle s’y sentait en parfaite harmonie. Ses parents avaient beau eu insister à ce qu’elle reste loger chez eux, dans leur demeure familiale de St Germain des près, elle avait préféré prendre son indépendance et vivre seule. D’ailleurs, elle préférait largement cette vie en solitaire à la vie en dortoir qui était la règle à Beauxbâtons. La seule chose qui la dérangeait c’était le fait qu’ici elle n’avait pas réussi à prendre tous ses livres d’Histoire. Elle avait bien lancé quelques sorts d’extension à ses étagères pour en augmenter la contenance, mais c’était tout de même beaucoup plus agréable d’avoir de grandes pièces remplies d’étagères de livres de toutes sortes.

 

Gabrielle se prépara une soupe rapide, en accord avec le temps qu’il avait fait toute la journée, puis entreprit de choisir un livre pour la soirée. Justement, dans sa pile-à-lire se trouvait une édition de House-elves, a shameful History of Slavery que lui avait prêté Hermione lors du dernier rassemblement familial au Royaume-Uni. Enfin, Gabrielle se sentait bien. Demain c’était le week-end et elle avait prévu de passer voir ses parents et sa grand-mère qu’elle n’avait pas vu depuis quelques temps. Et surtout, il n’y aurait pas l’ombre d’un dossier à trier par ordre alphabétique de tout le week-end.

 

* * *

 

- Alors Gabrielle, comment se passe ton stage au Bureau des affaires et catastrophes magiques ?

La jeune femme porta sa tasse à ses lèvres et reprit une gorgée de café pour se donner le temps de réfléchir avant de répondre à son père. Elle ne s’était pas préparée à cette question. Ses parents avaient toujours été contre le fait qu’elle entreprenne des études d’Histoire de la magie, préférant qu’elle s’investisse dans le commerce de mode familial plutôt que dans des études « sans lendemain ». Déjà que leur aînée était partie travailler au Royaume-Uni, ils n’attendaient qu’une chose : qu’elle se lasse de son domaine d’études et suive enfin la voie toute tracée pour elle. Elle ne pensait donc pas que ses parents lui poseraient la question, leur tactique étant souvent de rester indifférents à son orientation professionnelle. Une façon pour eux de la faire subtilement plier... Alors pour Gabrielle, il était hors de question de leur avouer que son stage était le plus mauvais que tout l’univers ait jamais connu…

- Parfait ! répondit-elle avec un sourire feint. Génial. J’apprends beaucoup de choses. Vraiment, c’est très intéressant. C’est même plus que j’espérais, waouh !

- Ah, c’est bien chérie…

Gabrielle pouvait lire une déception cachée sur les visages de ses parents et elle se força à passer outre même si chaque fois qu’ils exprimaient d’une façon ou d’une autre leur désapprobation, cela la piquait au cœur. Puis elle observa le visage de sa grand-mère assise à côté d’eux et la vit froncer légèrement les sourcils, quelques rides se dessinant sur son front poudré.

- Bien bien bien, je vous ressers encore un peu de café, Ancolie ? demanda Apolline Delacour.

- Non merci Apolline, sans façon. Je dois m’entretenir avec ma petite-fille. J’ai un petit service à lui demander.

Sans plus tarder, elle se leva de table et fit signe à Gabrielle de la suivre jusque dans la bibliothèque située au premier étage, loin des oreilles indiscrètes de ses parents. Ancolie Delacour s’installa dans un des fauteuils en tissu pendant que Gabrielle restait debout, un peu inquiète.

- Bon, maintenant tu vas me dire ce qui ne va pas avec ton stage, ma petite.

Soudain soulagée, elle vint s’effondrer dans un autre fauteuil et commença à lui résumer ses deux semaines de stage. Comment elle avait été affectée par erreur au Bureau des accidents et catastrophes magiques, que les tâches qu’on lui confiait étaient rébarbatives et sans intérêt, que sa collègue Joséphine était sympathique mais qu’elle adulait un peu trop le chef du bureau, M. Desprez, comme un véritable dieu…

- Vraiment mamie, parfois je me demande comment je vais faire pour…

- Attends, tu as dit M. Desprez ? Gabrielle regarda sa grand-mère, surprise. - Oui, pourquoi ?

- Oh, pour rien. Cela me disait quelque chose, mais je crois que je confonds.

- Bref, mamie, je n’aspire qu’à une chose : toucher du vieux parchemin et des vieux objets et je me retrouve à trier les dossiers d’intervention des équipes d’oubliators. J’enrage, et tout ça pour un problème administratif ! C’est bien la France, ça. La prochaine fois que je la vois, je demande à Fleur comment ça se passe de l’autre côté de la Manche et si c’est mieux je promets de partir de ce fichu pays !

- Doucement, Gabrielle. Tiens, j’ai ce qu’il te faut pour te calmer. Aider ta grand-mère à trier ses vieilles affaires au grenier, ça te dis ?

Gabrielle n’était pas sûre que cela lui suffise pour se calmer, mais le doux regard de sa grand-mère la convainquit. Elle soupira mais lui sourit néanmoins.

- D’accord mamie, on commence quand ?

- Sans plus tarder, si ça ne te dérange pas. J’ai envie de vite me débarrasser des vieilles robes que j’avais créées à mes débuts. Je ne comprends pas comment j’ai pu être à l’origine d’horreurs pareilles.

S’occuper du grenier des Delacour s’avérait être une tâche plus ardue que Gabrielle ne l’avait pensé. Ancolie Delacour avait effectivement conservé là une petite partie de ses créations stylistiques de mode sorcière. Les robes et capes en tissu dataient des années 1950 et Gabrielle reconnaissait que jamais ces modèles ne pourraient revenir au goût du jour. Si elle n’avait pas envie de reprendre les rênes de l’entreprise familiale, initiée par sa grand-mère, elle avait tout de même héritée du sens de l’élégance féminine des Delacour. Sans compter le sang de vélane qui coulait un peu dans ses veine, quoiqu’elle en bénéficiait moins que sa sœur. Gabrielle venait de jeter à nouveau un sort de disparition à une veste brodée de fanfreluches (elle en était arrivée à un stade où elle ne demandait même plus l’aval à sa grand-mère, tant on atteignait ici le paroxysme du désuet), quand son pied heurta une solide boîte en bois remplie de vieux documents. Elle s’agenouilla et en sortit un document au hasard. Il s’agissait d’une photo ancienne d’une jeune fille aux longs cheveux blonds et au sourire éclatant, vêtue de l’uniforme de Beauxbâtons, posant devant le hall d’entrée du château. Sa grand-mère.

- Ah, je vois que tu as mis la main dans mes souvenirs d’enfance.

- Mamie, tu n’as pas changé. Ton sourire…

Gabrielle tendit la main pour attraper une autre photo de sa grand-mère qui dépassait. Cette fois-ci, Ancolie Delacour était un peu plus âgée, elle tenait entre ses mains ce qui lui semblait être un diplôme de fin d’études et elle était également accompagnée d’une autre jeune fille aux cheveux bruns relevés en un chignon. Les deux jeunes diplômées se tenaient chacune par les épaules, faisant des signes au photographe, l’air rieur.

- Mamie, qui est-ce ?

Sa grand-mère s’approcha et Gabrielle lui montra la photo, scrutant son visage dans la pénombre du grenier. Quand elle aperçut la photo, les yeux de sa grand-mère se plissèrent puis une lueur triste passa dans son regard.

- C’est Madeleine. Moi et Madeleine à la cérémonie de remise des diplômes de Beauxbâtons.

- Vous aviez l’air très proches.

- Oui, nous étions inséparables. Un duo pourtant improbable, moi l’élève dissipée et elle au contraire la jeune fille discrète et puis…

- Vous vous êtes perdues de vue, c’est ça ? Tu ne m’as jamais parlé d’elle.

Soudain, sa grand-mère sembla gênée, un silence s’installa et Gabrielle crut qu’elle n’allait pas répondre, mais finalement elle finit par dire :

- Pas vraiment. Madeleine a disparu quelques mois après cette photo.

- Disparue ? Mais comment ?

- On ne sait pas trop, je la voyais moins après qu’on ait quitté Beauxbâtons. Elle aurait mal tourné. Maintenant tu m’excuseras mais j’ai besoin d’une pause. Je n’ai plus les articulations de ma jeunesse, on continuera à ranger un autre jour si tu veux bien.

Sur ce, Gabrielle regarda sa grand-mère se diriger tranquillement vers l’escalier, puis au moment de quitter le grenier, elle se retourna :

- Ah, au fait. Ne t’inquiète pas pour tes études. Un jour ils comprendront…

Une fois seule, Gabrielle baissa la tête pour regarder à nouveau la photo de sa grand-mère et de son amie, pensive. Le visage fin de Madeleine, son regard joyeux, sa coiffure sérieuse… Gabrielle se sentait comme inexplicablement attirée par son image. Après un instant d’hésitation, Gabrielle fourra précipitamment la photo dans sa poche puis sortit à son tour.

 

- - -

 

Paris,

Juin 1943

Je n’arrive pas à croire qu’Ancolie et moi ayons terminé nos études à Beauxbâtons. Ces sept années ont passé si vite. Je me revois encore recevoir ma lettre d’admission à mes onze ans. Mais ça y est, nous voilà sur le chemin du retour pour Paris, nos diplômes fraîchement en poche. J’aimerais me sentir aussi sereine que mon amie. Ancolie est loin d’être la meilleure élève, mais elle a l’esprit si inventif qu’elle saura toujours se débrouiller dans n’importe quelle situation professionnelle. Moi, on me dit que je suis brillante mais… à quoi me serviront mes bonnes notes si je ne sais pas me mettre en valeur ? Je crois que je vais accepter cette formation d’Oubliator au Ministère. Peut-être que cela m’aidera d’être dans le coeur de l’action, peut-être qu’ainsi j’arriverai à trouver ma place dans ce monde nouveau qui s’offre à moi? Mais déjà, le carrosse de l’école s’approche en vue de la piste aménagée au Jardin des Tuileries, rendue invisible aux yeux des Sans-pouvoirs. Je suis Madeleine Cordier et je suis prête à tout pour faire mes preuves.

Note de fin de chapitre :

J'espère que vous avez bien fait à la fois la différence et le lien entre la partie 2005 et la partie 1943. J'ai hâte de lire vos premiers avis !

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