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123ème édition des Nuits


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 123e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 21 mai à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt !
De L'équipe des Nuits le 13/05/2022 17:22


Journées Reviews


Lire, écrire…

Tu as envie de lire ? De découvrir un ou une auteure ? D'échanger sur ses écrits et sur les tiens à travers quelques reviews sympathiques ?

La Journée Reviews est là pour ça, et elle aura lieu cette fois-ci du 13 au 16 mai !

Viens nous rejoindre en t'inscrivant ici !

Le principe ? Réparti.e.s en binômes ou trinômes, vous écrivez au moins 10 reviews à votre binôme (5+5 pour le trinôme) pendant ces trois jours, sur HPFanfiction ou le Héron, au choix.

 


De le 04/05/2022 19:14


29ème édition des Nuits Insolites HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 29e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 6 mai à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De Équipe des Nuits le 04/05/2022 13:35


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, AliceJeanne, ECM et Sifoell, qui remportent la Sélection Univers Alternatif !

Changement chez les Podiums : désormais, vous pourrez proposer deux fictions de moins de 5000 mots ou une fiction de plus de 5000 mots. À vos propositions pour le thème Fondateurs ! Ça se passe ici ou bien en répondant à cette news.

Il vous reste encore un mois pour proposer votre fiction longue favorite par ici ou sous cette autre news.

Et en mai, les Sélections vont 100 aucun doute faire 100sation. Les textes de 100 mots sont à l'honneur ! Onze Drabbles et recueils de drabbles vous attendent. Vous avez jusqu'au 31 mai pour lire et voter par ici.



De Equipe des Podiums le 03/05/2022 07:11


122ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 122e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 23 avril à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt !
De L'équipe des Nuits le 06/04/2022 21:40


Sélections du mois


Une grande nouveauté fait son arrivée aux Sélections des ASPICS ! En plus des sélections mensuelles, découvrez désormais la sélection annuelle "Fictions longues".

Vous adorez une fiction, vous avez envie de partager votre coup de cœur, mais vous n'avez jamais osé ou eu l'occasion de la proposer ? C'est le moment ou jamais ! Le thème est totalement libre, la seule contrainte sera de proposer une fanfiction de minimum 50 000 mots.

Une seule proposition par personne... alors réfléchissez bien ! Vous avez jusqu'au 31 mai pour proposer votre fanfiction longue favorite en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

À très vite dans cette nouvelle aventure,

L'équipe des Podiums


De Equipe des Podiums le 02/04/2022 17:50


Harry Potter 8.2 par Alicsejunn

[0 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note d'auteur :

Il s'agit de la suite directe de la fanfiction d'Alixe, Harry Potter 7 9/4, écrit avec son accord et surtout son avis.

 

Le bureau des Aurors avait retrouvé sa coutumière effervescence, à présent que l’été avait touché à son terme. On hélait d’un bout à l’autre du vaste espace pour récupérer un dossier, une information, un stylo prêté jamais restitué. Un moment, Harry se perdit dans la contemplation de son service, dans ce désordre organisé où évoluaient des hommes et des femmes, avec leur sensibilité et leurs opinions propres.

Stanislas Pritchard, son adjoint depuis huit ans maintenant, le sorti de sa contemplation silencieuse en refermant un dossier d’un geste vif. Harry tourna vers lui un regard interrogateur auquel il sembla s’empresser de répondre :

— Désolé, j’ai été plus virulent que je ne le voulais.

— Un problème avec le département des créatures magiques ?

Il l’avait deviné à la couverture orange clair du dossier épais posé devant son adjoint. Depuis quelques jours ils s’essayaient dans le bureau à un nouveau classement des documents, inspiré de la méthode moldue : les codes couleurs étaient censés les aider à se repérer plus facilement et cela fonctionnait assez bien pour le moment.

Ils parlent d’un loup-garou incontrôlable et extrémiste, mais ne donnent aucune information supplémentaire. Tu devrais aller les voir.

— La note est arrivée quand ?

— Il y a une dizaine de minutes.

Harry hésita un peu. Il était bientôt midi, et la perspective d’un nouveau sandwich froid et peu appétissant mangé sur un bout de trottoir en attendant des informations ne lui plaisait pas beaucoup… Cependant, Hermione lui en voudrait éternellement s’il faisait passer un repas chaud avant une discrimination de lycanthrope. Ou pire encore, elle lui ferait la leçon au prochain repas dominical.

Il se leva sous le regard de Pritchard, qui eut le bon sens de ne pas lui demander s’il allait manger ou s’informer, et quitta son bureau avec un air peu amène qui lui évita d’être intercepté par ses subordonnés.

Pendant qu’il attendait l’ascenseur, Harry se demanda ce qu’on reprocherait cette fois-ci à l’un des représentants de la communauté des loups-garous. Il s’attendait à des choses assez classiques : attaques nocturnes, refus de prendre la potion, ou simplement aveu de lycanthropie dans un lieu public. Les choses avaient beau avoir avancé, il doutait que la situation soit aussi idyllique que semblait le penser de nombreuses personnes. Cependant, la nomination de Gabel Griffiths à la tête du département des Créatures magiques par Adrian Ackerley, le ministre de la Magie, quelques années plus tôt, lui laissait espérer un simple malentendu qui serait réglé rapidement.

C’est donc avec l’esprit rendu un peu plus léger et optimiste par ce moment de réflexion que Harry s’engouffra dans l’ascenseur pour rejoindre le 4e étage. Il put traverser les couloirs sans qu’on se retourne sur lui avec de grands yeux. Il aimait parfois s’arrêter sur ce détail anodin pour beaucoup : il pouvait marcher, là où il travaillait, sans être dévisagé. Il y avait évidemment encore quelques récalcitrants, mais de moins en moins à chaque nouvelle année passée au ministère.

En arrivant devant la porte du bureau de Gabel Griffiths, Harry entendit une voix familière. Il recula d’un pas alors qu’il s’apprêtait à toquer, le temps d’ajuster son expression pour lui donner la parfaite neutralité que requérait la situation. Il toqua enfin et on lui dit d’entrer, sans qu’il ait à attendre ne serait-ce qu’un court instant. Signe, sans doute, que les deux hommes avaient dû demeurer dans un demi-silence, mal à l'aise depuis la fin des salutations.

En entrant dans le bureau, il se concentra exclusivement sur le directeur de département, le temps de lui serrer la main et d’échanger des nouvelles polies. Ensuite, Harry se tourna vers Drago Malefoy, qui n’avait pas fait mine de venir vers lui. Dans un effort qu’il trouva surhumain, il lui tendit la main. Si leurs rapports ne s’étaient pas détériorés, il était difficile pour le Survivant de parler de réelles améliorations. Ils respectaient une distance palpable et s’arrangeaient pour ne pas se croiser.

Un moment Harry avait pensé que le semblant de complicité ressenti quelques années plus tôt pourrait perdurer dans le temps, mais ça n’avait pas été le cas. Ils se serrèrent donc la main, le regard droit dans celui de l’autre, puis se détachèrent tout aussi vite.

— Un problème avec un loup-garou ? avança Harry.

Il était assez évident que Drago n’aurait pas pris la peine de remettre les pieds au ministère sans une réelle raison. Après le fiasco qu’avait été la défense de ses droits sur la distribution de sa création, il devait détester plus que jamais les représentants de ce département, de même, peut-être, que l’ancien Ministre Kingsley Shacklebot. Évidemment, Harry avait fini par prendre conscience de le nécessité d’un tel accord pour la protection de tous les partis impliqués, mais il doutait que Drago, bafoué, soit arrivé à la même conclusion. Pas alors qu’il était si commode de s’enfermer dans sa négativité et son ressentiment.

Bien que visiblement peu désireux de parler, Drago Malefoy hocha un peu la tête. Que ce soit parce qu’il ne voulait pas avoir l’air d’un enfant boudeur ou parce qu’il avait suffisamment de respect pour la fonction de Harry pour accepter de coopérer, il prit enfin la parole :

— Il semblerait que les revendeurs de ma… la potion, se reprit-il, sont attaqués les uns après les autres.

Harry tourna la tête vers le directeur du département qui confirma d’un hochement de tête avant de prendre la parole.

— Nous avons reçu un courrier anonyme et décidé de contacter immédiatement Monsieur Malefoy, expliqua-t-il. Ce courrier vient vraisemblablement d’un loup-garou sous potion, qui nous indique que l’un de ses congénères auraient de mauvaises intentions.

— En parallèle, enchaina Drago, la guilde des apothicaires a communiqué sur de récentes attaques, qui n’ont pas été reportées aux autorités.

— Pour quelle raison ?

— Apparemment, commença Drago, parce qu’il n’y a pas eu de blessés. C’est uniquement matériel.

Harry n’en croyait pas ses oreilles. Comment pouvait-il sembler normal à qui que ce soit de ne pas reporter un problème de cette envergure, qu’il y ait eu des blessés ou non ? Même en imaginant que la nature de l’attaquant ne soit pas connue, ou envisagée, par les victimes, n’est-il pas logique de prévenir les autorités de ce genre d'incident ? À moins qu’il y ait eu quelque chose à cacher ? Il classa l’information dans sa mémoire, avant de regarder une nouvelle fois Gabel Griffiths.

— Et donc, en recevant ce courrier anonyme, vous avez contacté Monsieur Malefoy. Pour quelle raison ?

L’homme sembla gêné, il jeta un coup d’œil à Drago avant de regarder de nouveau Harry, comme s’il était mal à l’aise pour lui et que tout cela tombait sous le sens.

— Eh bien, Monsieur Malefoy ici présent étant le créateur d’une potion à destination des loups-garous, il m’a semblé logique qu’il devienne la cible principale du criminel dont la lettre fait mention.

Là encore, Harry n’en croyait définitivement pas ses oreilles. Il lui semblait si évident que cette réaction était inappropriée et dangereuse, qu’il n’arrivait pas à imaginer que le directeur Griffiths ne le réalise pas. Cependant, il devait faire preuve de diplomatie, autant que le lui permettait son esprit abrupt. Il fournit un effort qui lui sembla surhumain en prenant la parole :

— La lettre a-t-elle été soumise à expertise ?

— Eh bien, non, il m’a semblé plus urgent de prévenir Monsieur Malefoy, j’ai préféré prendre le risque de me tromper.

Harry hocha lentement la tête. Il vit du coin de l’œil que Drago se tendait légèrement. Même lui, avait dû se rendre compte de l’absurdité de cette conversation. Il devait parler à Ackerley. Avant ça, il valait mieux qu’il se calme un peu. Même si ce serait compliqué.

— Très bien. Puis-je vous prendre la lettre ?

Gabel Griffiths se redressa sur son siège pour lui tendre le courrier à mains nues. Là encore, il fallait à Harry tout son professionnalisme pour ne pas lui hurler dessus toute sa bêtise. Même Drago devait réaliser que rien n’allait et, s’il doutait encore, cela dut devenir parfaitement clair quand Harry tira sa baguette pour donner un léger coup sur le dos de sa main qui se revêtit d’un gant, avant de prendre la lettre. Sincèrement, il ne donnait pas cher de ce département si on laissait les rênes à cet incapable. Mais il n’était pas de son devoir de le juger, même si cette promotion ressemblait fortement à un sabotage.

— Je vous remercie de votre aide, je reprends l’enquête à partir d’ici.

D’un mouvement un peu raide, il serra la main du directeur puis désigna la porte à Drago. Ce dernier salua Griffiths sans grand engouement, visiblement conscient du malaise de la situation, et emboita le pas à Harry. Ils restèrent silencieux sur le chemin qui les mena au bureau de l’Auror. Une fois la porte fermée, le Commandant posa le courrier d’un geste brusque, ce qui provoqua un claquement sec auquel seul le silence répondit.

Après quelques secondes, Pritchard s’éclaircit la gorge et demanda :

— Comment est le nouveau Directeur du Département des Créatures Magiques ?

— C’est un imbécile, un incapable, et je ne serais pas étonné que ce soit un ennemi à toutes les causes du monde sorcier. Je ne vois pas comment on peut à ce point se planter !

Le silence retomba, Stanislas visiblement dubitatif face à l’emportement de Harry, qu’il savait avoir le sang-chaud lorsque l’on abordait certains sujets, et Drago qui semblait faire encore le tri dans ce qu’il pensait avoir compris sans en être parfaitement certain. Harry se laissa tomber sur son fauteuil, et en indiqua un à Drago qui, après une hésitation, s’assit également. Il devait avoir songé à partir, mais la colère de Harry devait suffisamment l’intéresser pour qu’il participe à la suite de la conversation.

— Est-ce que tu peux me résumer ce que t’as dit Griffiths ?

— Pas grand-chose avant ton arrivée, répondit Drago. Il venait de finir de me saluer en me disant qu’il estimait beaucoup mon travail et me remerciait pour…

Drago fit une pause en jetant un coup d’œil à l’adjoint du commandant qui soutint son regard sans sourciller. Harry l’encouragea à continuer, comprenant que son vieil ennemi se demandait simplement si Stanislas était dans la confidence.

— Il m’a remercié pour la création de la potion. J’ai été assez surpris, je ne pensais pas qu’il savait que j’en avais la paternité.

— Apparemment, il s’agit de l’un de ces secrets que l’on se passe de dirigeant en dirigeant.

— Le genre qui ne reste pas secret, donc, estima Drago.

Harry ne pouvait que lui donner raison. Il ne lui semblait pourtant pas utile de mettre au courant le département des créatures magiques mais cela avait été fait avant que les loups-garous ne voient leur statut changer. Quant au fait que le courrier ait été envoyé au département de contrôle plutôt qu’à la police… On pouvait penser qu’il était encore difficile de dissocier les loups-garous des créatures dans l’inconscient collectif.

Pour le moment, le Survivant peinait à savoir s’il devait exprimer clairement ses doutes sur l’affaire, mais il ne pouvait pas rester silencieux éternellement. Bien que son interlocuteur et son adjoint respecte son mutisme, il se devait de faire le point avec eux. Drago était infiniment concernés par l’incompétence de Gabel Griffiths, et Pritchard, évidemment, aurait le dossier sous les yeux bien assez tôt.

— Peux-tu me parler des attaques dont ont été victimes les apothicaires ?

Drago hocha la tête mais, d’entrée de jeu, il fit écho à un questionnement de Harry : l’un comme l’autre n’était pas certain que la lettre ait été liée à ces événements. Harry décida donc de la lire avant de poursuivre l’entretien, par précaution, et parce que, si elle concernait l’affaire, il devait le savoir au plus vite.

Les lettres étaient tracées avec un certain empressement, on reconnaissait une écriture maladroite, parsemées de tâches d’encre. L’auteur de ce courrier utilisait encore une plume plutôt qu’un stylo et ne le faisait que très rarement, ce qui excluait déjà beaucoup de profession. De plus, on retrouvait plusieurs fautes d’orthographes qu’on ne s’attendait pas à voir dans un texte rédigé par un adulte. Une analyse en dirait plus mais, pour le moment, Harry pouvait en retirer les informations principales : l’auteur se présentait avec fierté comme un consommateur de la potion Tue-Loup mise au point par Drago, sans le nommer évidemment. Il expliquait que le petit ami de sa cousine, loup-garou également, tenait des propos terroristes à propos du monde sorcier. Rien de plus. Difficile de lier cela à l’affaire qui concernait les apothicaires, ce qui laissait entendre que Gabel Griffiths avait fait seul ce raccourci. Un saut en avant pour la cause des loups-garous, sans aucun doute.

— À première vue, rien ne laisse entendre que cette lettre est liée aux attaques. Mettons-la de côté pour le moment.

Joignant le geste à la parole, Harry replia la lettre et la posa sur son bureau, à sa gauche, bien décidé à ne pas se laisser perturber par cette piste, sans pour autant l’ignorer totalement. Quoi qu’il en soit, la coïncidence était trop grande pour être éliminée d’office. En tout était de cause, c’était une alerte qui méritait une enquête, ne serait-ce qu’en vue d’éviter un passage à l’acte. Une tâche pour la police magique, éventuellement.

— Donc, que sais-tu des attaques ? demanda Harry à Drago.

— Seulement qu’à l’heure actuelle, quatre apothicaires ont été victime d’agissements semblables. Ils se souviennent avoir accueilli un client, blond, plutôt maigre, puis ils se réveillent et leurs stocks de potion tue-loup sont détruits. Certains pensent avoir été victime d’un Oubliette, mais le sujet dérange apparemment et on en a peu parlé. Ah, ils se souviennent aussi avoir dû ranger deux tasses.

— Deux tasses ? questionna Harry.

— C’est ce qu’ils disent. Probablement boisson partagée avec leur agresseur.

— On pourrait en conclure que l’approche est amicale en premier lieu, dans ce cas. J’imagine que personne n’a pensé à garder les tasses pour les analyser ?

Drago secoue la tête, confirmant les doutes de Harry. Pourquoi, par Merlin, ne se tournaient-t-ils pas vers la police ? Il s’agissait tout de même de quatre attaques ayant menées à la destruction de stocks importants, et surtout d’une potion d’utilité publique ! À moins que quelque chose ne les pousse à ne pas trop en parler. L’expérience de Harry lui dictait que, dans ce genre de cas, c’était généralement soit la peur soit la honte qui rendait les victimes stupides.

— Est-ce que tu peux me donner le nom des victimes ?

— Je ne les connais pas. L’annonce a été faite par le maître de la guilde des Apothicaires, c’est sans doute le seul à avoir cette information.

— Je vais commencer par lui dans ce cas. Une dernière chose, peux-tu me confirmer que les victimes n’ont pas été mordues ?

Si c’était le cas, il s’agirait là d’une terrible nouvelle pour l’avancée des droits des loups garous, mais cela contredirait l’hypothèse que Griffiths soit le dernier des imbéciles. Seulement, s’ils avaient bel et bien été mordus, alors Harry ne pourrait pas fermer les yeux au profit de l’enjeu politique… à moins bien sûr d’être un charmant ministre, mais il n’était pas sûr de la légitimité de cette pensée fugace.

— Pas à ma connaissance, répondit Drago avec un air presque gêné.

Le préparateur de potions devait se rendre compte que cette indication rendait la situation plus délicate encore. Rien n’affirmait que l’agresseur soit un loup-garou, par conséquent, cette lettre était encore moins utile à présent. Autrement dit, elle [ALO16] [AP17] ne constituait même pas un début de piste.

Cependant, Harry ne pouvait nier que cela le rassurait énormément. Il aimait l’idée que, dans un futur proche, cette affaire ne puisse être utilisé contre les communautés de loups Garous. Et en même temps, bien malgré lui, il ne pouvait qu’admettre une évidence : à part un loup-garou anti-potion, qui aurait intérêt à détruire précisément ces stocks [ALO18] [AP19] ?

Après quelques secondes de réflexion silencieuse, Harry hocha simplement la tête.

— Merci pour ton temps, je te recontacterai si nécessaire.

Harry se leva et tendit la main à Drago, qui ne semblait pas apprécier cette façon de le congédier. Raide, il se leva à son tour et accepta la poignée de main. Il serra également celle de Stanislas Pritchard, avant de tourner les talons et de quitter le bureau. Quand ce fut chose faite, Harry se précipita dehors et interpella Owen Harper, qui avait rejoint les Aurors en même temps que lui et qui connaissait déjà le manoir Malefoy et ses occupants, pour l’avoir secondé sur une précédente affaire.

Owen se dirigea vers lui avec une nonchalance qui était sur le point d’agacer Harry quand il accéléra enfin, semblant comprendre que la situation était à minima urgente.

— Pourquoi tu étais avec Malefoy ? demanda-t-il malgré tout en arrivant à la hauteur du Survivant.

— Je t’expliquerais plus tard, pour le moment je veux que tu le suives. Il est peut-être en danger.

Il avait parlé bas pour éviter que les autres Aurors n’entendent cet ordre de mission, connaissant trop bien ces oreilles qui trainaient pour alimenter les conversations autour de la machine à café. Tant qu’il n’était pas totalement sûr de savoir sur quoi il enquêtait, Harry préférait n’impliquer qu’un nombre très limité de personne. S’il avait pu choisir, Gabel Griffiths n’aurait décidément pas fait partie de cette liste réduite.

Owen n’insista pas heureusement et tourna les talons. Comprenant que l’objectif de son commandant était de ne pas attirer l’attention, il ne se précipita pas et alla récupérer sa veste à son bureau pour l’enfiler calmement. Même de la porte de son bureau, Harry voyait pourtant que ses sens étaient à l’affût. Comme lui, il était tout entier concentré sur le pas de Drago qui résonnait dans le couloir, sur le grincement huileux de l’ascenseur sur ses rails, sur le bruissement métallique des portes de ce dernier coulissant paresseusement.

Quand elles se refermèrent, Owen sortait dans le couloir qui menait aux ascenseurs. Harry devina sa course discrète, qu’il avait entamé dès qu’il s’était su hors de vue. Il l’appellerait plus tard, pour le moment il avait un mot à dire au Ministre et cela ne risquait pas d’améliorer leurs rapports, sinon tendus, au moins sujets à fluctuation. Chaque fois qu’il se retrouvait dans cette situation, il regrettait l’époque où Kingsley Shacklebot l’écoutait avec confiance. Tout comme il regrettait de ne pas en avoir plus profité pendant cette décennie, bien qu’il sût qu’il ne l’aurait pas fait, même en ayant conscience des événements à venir.

Il retourna dans son bureau pour prendre la lettre et la glisser dans la poche de sa robe puis se tourna vers Stanislas qui le regardait, imperturbable. Cela aida Harry à se calmer un peu, la colère laissant place à un genre de profonde lassitude qui, sans être plus agréable, avait le mérite de ne pas être explosive.

— Je vais voir le ministre. Je redirige les appels sur ton miroir.

Son adjoint hocha la tête et lui souhaita bon courage, puis Harry quitta son bureau. Le chemin jusqu’à l’ascenseur lui parut interminable, et bien trop rapide à la fois. Tout en souriant à ses collègues et en répondant à quelques questions mineures, il essayait de formaliser dans son esprit ce qu’il avait à dire. Il avait beau le tourner dans tous les sens, il ne pourrait pas avoir l’air poli. Encore moins détaché. Il ignorait pourquoi Gabel Griffiths avaient été promu à cette place de directeur, mais c’était un terrible choix, qui venait de se révéler dans toute sa faiblesse.

L’ascenseur s’arrêtait devant lui quand Harry se dit que du temps de Kingsley, il n’aurait eu qu’à entrer dans le bureau et être accueillit par un regard et un sourire plein de confiance pour vider son sac dans le respect dû à son interlocuteur. Il était forcé d’admettre que si Adrian Ackerley n’était pas un incapable, il ne lui inspirait pour autant pas la confiance et le respect qu’il portait à son prédécesseur. Cela viendrait sûrement mais, pour le moment, le Ministre n’était rien de plus qu’un homme charmant intéressé par son image et ses ambitions, plus que par n’importe quoi d’autre.

Pendant qu’il était emporté vers le huitième étage, Harry fit le vide dans son esprit pour n’y laisser que l’essentiel : ce qui l’amenait à faire ce chemin qu’il évitait si souvent. Il devait agir. Peut-être devrait-il d’abord en parler à Hermione ? Non. Tout cela concernait deux affaires confidentielles pour le moment. Il ne prenait pas trop au sérieux la lettre mais, si les apothicaires se faisaient bel et bien attaqués pour cette potion précise… Cela risquait de faire faire un bond en arrière à l’opinion public. Il redoutait cela plus que bien d’autre chose. Depuis la mort de Remus Lupin et la naissance de Teddy, son fils, Harry n’avait eu de cesse de songer à la difficulté que ce serait pour le garçon de vivre en sachant que le monde sorcier haïssait son père et ses semblables.

Evidemment, ils ne pouvaient rien faire contre le passé et contre ce qu’avait subi Remus pendant de trop nombreuses années. Il leur était en revanche possible d’éviter à d’autres de le subir ou de continuer à le subir. Petit à petit, loi par loi, récit par récit, ils finiraient par faire entendre la voix derrière les hurlements nocturnes.

Ses pas le portèrent jusqu’à la porte du ministre. Il manqua passer devant Mandy Brocklehurst, la secrétaire de Kingsley Shacklebot qui était à présent celle du ministre Ackerley, sans la saluer, mais se ravisa. Même s’il avait envie de faire irruption dans la pièce avec colère, il savait que cela pourrait porter préjudice à la jeune femme.

— Bonjour Mandy. Le Ministre est là ?

— Il est en plein rendez-vous, tu peux patienter un peu ?

Evidemment. Il avait tellement l’habitude de passer en priorité qu’il en oubliait parfois que le Ministre avait des obligations bien plus importantes que ses agacements. Harry hocha la tête et recula pour s’éloigner de la porte. Après une minute ou deux, Mandy venait près de lui avec une tasse de café fumante qu’il prit avec reconnaissance.

— Tu as l’air au bout du rouleau.

— Pas loin, parfois. Tu sais si ça va être long ?

— Pas vraiment, répondit-elle avec un air désolé en secouant la tête. Je crois qu’ils parlent budget, alors ça peut durer un moment.

Harry porta la tasse à ses lèvres en se demandant s’il ne ferait pas mieux de revenir plus tard. Ce serait évidemment le plus simple, mais il craignait que, son agacement atténué, il n’ose plus aller dire ce qu’il pensait réellement de l’homme qu’il venait de rencontrer. D’un autre côté, était-il légitime de s’en prendre à la carrière d’un inconnu sur la base d’une seule et unique erreur ? Il soupira et termina sa tasse d’une traite, se brûlant le palais en essayant de ne pas y prêter attention.

— Merci pour le café, je repasserais dans une heure, tu peux le prévenir ?

— Pas de soucis. À tout à l’heure Harry.

Elle lui sourit avec une certaine indulgence qui mit Harry mal à l’aise. Il avait la sensation qu’elle lui souriait comme le faisait parfois Molly, quand il avait l’air de se révolter pour quelque chose de parfaitement anodin. Il préféra ne pas relever et la salua donc en quittant l’étage. Il se rendit directement dans le bureau de Hermione.

La jeune femme semblait épuisée, échevelée et concentrée, elle avait partout sur son bureau des papiers et parchemins empilés en des tours qui semblaient tenir par le bon vouloir de Merlin lui-même. Quand il toqua à la porte, elle releva la tête sur lui et eut besoin de quelques secondes pour réagir à sa présence, ce après quoi elle lui offrit un sourire amical.

— Tu as besoin de quelque chose Harry ?

— De ton avis.

Elle hocha la tête sans aucune hésitation, comme c’était toujours le cas. Parfois, Harry s’en voulait de venir encore la voir, à son âge, pour savoir comment se comporter avec ses congénères mais, comme elle le disait souvent, il n’avait pas vraiment grandi dans un climat propice à la diplomatie. Après avoir fermé la porte, le Survivant s’assit sur la chaise qu’il commençait à bien connaitre.

— J’appelle Ron ?

— Pas pour le moment, je pense que ton avis suffira.

Après avoir jeté un sortilège de silence autour d’eux, Hermione posa sa baguette sur le bureau. Il ne put s’empêcher de suivre le morceau de bois des yeux. Soudain, il se dit que leurs pouvoirs tenaient à bien peu de choses. Il avait été inconsolable quand il avait cassé sa baguette, mais c’était la première fois qu’il réalisait comme ces petits outils étaient à l’origine de tant de choses, tant de guerres.

Il devait avoir l’air totalement déconnecté de la réalité car Hermione s’était approché de lui et venait de s’agenouiller pour capter son regard. Harry lui sourit, désolé de l’inquiéter autant pour quelque chose qui, finalement, n’aurait pas dû le mettre dans un état pareil.

— Ça a l’air vraiment grave.

— Ça ne l’est pas, je suis juste épuisé. Je crois que de savoir mes deux garçons à Poudlard m’a mis un sacré coup de vieux.

Elle eut un sourire indulgent et hocha la tête, comprenant visiblement son air morose. Après tout, elle avait elle-même laissé partir Rose quelques jours plus tôt, et avait passé le week-end entier à se morfondre à ce sujet. Une fois qu’elle fut de nouveau installée à son bureau, Harry étira un peu son dos pour se tenir droit et commença à exposer son problème. Chaque nouveau mot lui faisait réaliser comme il devait avoir l’air puéril, à venir ici demander son avis à sa meilleure amie sur la carrière d’un autre.

— En somme, tu te demandes s’il est assez malin pour ce poste.

Harry allait répliquer qu’il n’avait jamais voulu le traiter d’imbécile mais, en analysant un peu la situation, il lui semblait que c’était très clairement le problème central ici. Il fallait être un parfait imbécile pour commettre une erreur pareille et ne pas songer une seule seconde à réfléchir avant d’agir. Pire, il avait peut-être réfléchi et, malgré tout, pris la décision la plus absurde possible.

— Oui. J’ai la sensation qu’il a peut-être fait de cet apothicaire une cible, simplement parce qu’il a reçu un courrier dont on ne connait pas le moins du monde la provenance.

Hermione hocha un peu la tête, songeuse. La connaissant, elle devait analyser avec soin ces informations pour tenter d’en comprendre la portée politique, et Harry savait maintenant qu’il avait bien fait de venir lui exposer ses doutes.

— Je pense que tu devrais parler à Adrian, mais pas t’attendre à ce qu’il agisse, commença-t-elle prudemment, sachant pertinemment que cette réponse ne plairait pas à Harry. Comprends-moi bien Harry, je suis d’accord avec toi : il pourrait faire une gaffe encore plus importante. Seulement, c’est le premier directeur de département nommé par Adrian, le destituer après si peu de temps pourrait être désastreux pour son image politique.

— Alors que le laisser provoquer un drame, non ?

— Il y a une chance qu’il provoque un drame si on le laisse à cette place. Mais il est certain que l’image d’Adrian en pâtira s’il admet ne pas faire confiance à celui qu’il a lui-même nommé. En termes de probabilité…

— Mieux vaut le risque d’un blessé que la certitude de perdre la face.

Hermione hocha un peu la tête. Elle semblait désolée et Harry se dit qu’il en avait assez de toutes ces personnes qui se sentaient désolées sans pour autant agir. Evidemment, il savait à quel point c’était injuste pour Hermione qui se démenait plus que n’importe lequel d’entre eux, mais il était contrarié, et il avait bien conscience d’être toujours de mauvaise foi dans ces moments-là.

— Si ça ne sert à rien de toute façon, pourquoi je devrais en parler ?

— Je pense qu’il appréciera. Il pourrait prendre ça comme une marque de confiance… Je sais que tu ne lui fais pas confiance, coupa-t-elle avant que Harry n’ait le temps de répliquer, mais il est bon qu’il pense le contraire. Il aura plus de facilité à accorder du crédit à tes remarques s’il te fait confiance, et il te fera plus facilement confiance s’il pense que c’est réciproque.

Comme souvent, les paroles de Hermione étaient pleines de bon sens. Il n’aimait pas l’idée de mentir sur ses sentiments pour obtenir quelque chose, mais acquérir la confiance d’Adrian lui permettrait peut-être d’apprendre à lui faire confiance à son tour. Si ça fonctionnait dans un sens, alors pourquoi pas dans l’autre ?

Ils passèrent la demi-heure suivante à parler des nouvelles lois sur lesquelles travaillait Hermione. Elle espérait bientôt faire passer un nouveau décret relatif aux territoires des centaures, mais ces derniers avaient encore du mal s’en remettre aux lois sorcières. Si Firenze était très ouvert, il connaissait son peuple mieux que personne et, surtout, son troupeau n’était pas le seul du territoire. Les autres chefs de clan semblaient plus proches de la mentalité de Bane, qui exécrait les sorciers jusqu’au plus profond de son être.

— Firenze ne peut pas t’aider à échanger avec eux ?

— Hélas, malgré toute mon affection pour Firenze, il est le centaure qui a enseigné aux sorciers et été banni de son troupeau, avant de le réintégrer et d’éjecter le chef en place… Aux yeux des autres troupeaux, il ressemble un peu trop à un révolutionnaire.

C’était assez compréhensible, avec le recul, mais cela restait particulièrement dommageable. Aux yeux de Harry, Firenze était justement le chainon parfait entre les sorciers et les centaures, placé entre deux mondes, capable d’en comprendre l’un en préservant l’autre. Il comprenait cependant que ce soit là le regard d’un sorcier, bien loin des questionnements et de la mentalité des centaures.

— Comment tu comptes t’y prendre ?

— Je voudrais organiser une rencontre avec tous les chefs de clan, dont Firenze, pour exposer la loi et en discuter avec eux. L’objectif serait qu’ils l’écrivent eux-mêmes en quelques sortes, je serais là seulement pour m’assurer que ça ne va pas trop loin, je ne voudrais pas qu’ils en profitent pour proposer une loi qui les renferme un peu plus.

— De quoi parle ta proposition, dans les grandes lignes ? De leur territoire ? Tu sais qu’ils sont frileux sur le sujet.

— Justement, l’objectif serait qu’ils aient la possibilité d’élire un représentant, qui pourra s’occuper des questions de vivre ensemble en leur nom. Ce représentant aura également le droit de vote, pour élire le ministre.

Harry ouvrit un peu plus grand les yeux, surpris. Il lui semblait, même à lui, que Hermione allait un peu trop loin. Comment, pour commencer, les centaures pourraient accepter de s’impliquer dans la politique des sorciers ? Ensuite, comment cela pourrait-il ne pas être totalement inutile ? Les centaures ne risquaient-ils pas de se retrouver systématiquement en minorité, avec une voix face à celles des sorciers ?

— Evidemment ce ne seront pas les seuls concernés, je voudrais que cette loi soit adoptée par tous les êtres.

— Et les esprits ?

Le Survivant eut un sourire amusé en voyant son amie s’affaisser sur le dossier de son fauteuil. La question était visiblement toujours aussi compliquée à traiter.

— Ne m’en parle pas, ils refusent toujours catégoriquement la classification.

— Toujours sous le prétexte qu’on ne peut pas « être » et « avoir été » ?

— Contente de voir que tu as au moins retenu ça de nos cours d’histoire, soupira Hermione.

— En réalité, je le dois au musée de Ginny… Tu sais à qui tu dois t’adresser pour cette question ?

La jeune femme secoua un peu la tête, c’était visiblement là aussi un sujet épineux. Cela faisait des siècles que les fantômes refusaient d’être classés comme des êtres. Hermione s’en plaignait rapidement pendant les repas dominicaux, arguant qu’elle devait constamment penser deux lois différentes : une pour les esprits, l’autres pour les êtres. Les deux lois étaient parfaitement identiques dans les faits, mais il fallait changer foule de détails administratifs qui lui faisaient perdre un temps fou.

— Aucune idée ! Jusque-là, le ministère s’adressait directement à Ethelbert I Casmurail, qui se revendiquait comme le premier fantôme d’Angleterre mais, depuis quelques temps, il refuse tout contact en prétextant qu’il en a assez de la politique et qu’il veut profiter de sa retraite. Les fantômes ont-ils seulement la possibilité de parler de retraite ? C’est totalement absurde.

Elle soupira bruyamment et Harry ne put s’empêcher d’imaginer Hermione fouillant registre après registre pour tenter de trouver celui qui pourrait être considéré comme le premier fantôme d’Angleterre, maintenant que celui-ci refusait tout contact.

— J’ai quelques noms en tête bien sûr, mais ils ne peuvent pas vraiment être contacté par hibou. La dernière fois que j’ai voulu le faire, on m’a gentiment fait remarquer qu’ils ne pourraient pas ouvrir la moindre lettre, j’ai eu l’air parfaitement idiote.

Il doutait très sincèrement que Hermione puisse avoir l’air idiote, peu importe ce qu’elle faisait, mais il imaginait sans peine la gêne qu’elle avait dû ressentir. Tout habituée à contacter des dizaines de personne par jour depuis des années, elle ne devait pas avoir réfléchit beaucoup avant d’agir.

— Il me semble que Nick est en contact avec de nombreux fantômes, non ? Je n’ai jamais trop compris comment il communiquait avec eux, mais j’imagine que tu pourrais lui demander un coup de main.

— Mais bien sûr ! Oh Harry, mais comment ai-je pu ne pas y penser !

Elle se leva soudainement de son siège et Harry cru bien entendre la bulle de silence éclater tant il était évident que Hermione n’avait plus la concentration nécessaire pour maintenir son sortilège.

— Je vais envoyer un Hibou au directeur Brocklehurst, j’espère qu’il me laissera tenter ma chance ! Est-ce que tu veux bien m’accompagner ? Tu as toujours été plus proche des fantômes de Poudlard.

Harry soupira un peu. Très franchement, l’idée lui plaisait : il ne se détournait que rarement d’une possibilité d’aller à Poudlard, parcourir les longs couloirs, saluer ses anciens professeurs et converser quelques secondes avec les portraits des directeurs, pendant qu’Aristote Brocklehurst, qui occupait maintenant ce poste, finissait de rédiger quelques missives.

— Si tu arrives à placer ça en soirée c’est d’accord. J’aurais trop de mal à me libérer sur les heures de bureaux.

Hermione le remercia chaleureusement et, quelques minutes plus tard, ils se séparaient devant les ascenseurs : la jeune femme se dirigea vers la volière du ministère tandis que Harry retournait au huitième niveau, bien décidé à dire à Adrian Ackerley tout ce qu’il pensait de la nomination de Gabel Griffiths. Il se sentait désolé pour ce dernier, maintenant que la colère était passé. Il n’était visiblement qu’un peu trop enjoué et trop peu prudent. Être parfois idiot ne constituait pas un crime mais, à un poste pareil, cela pouvait rapidement s’avérer problématique.

Cette fois-ci, Mandy lui indiqua immédiatement la porte avec un sourire encourageant. Elle avait dû sentir que Harry était remonté à bloc car elle ne fit pas mine de l’annoncer au ministre. Le commandant des Aurors, car c’était bien sur cette fonction qu’il allait se reposer pour cette entrevue, toqua à la porte. Une seconde plus tard, Adrian l’invitait à entrer et il pénétrait dans le bureau, refermant le battant de bois derrière lui.

— Bonjour Harry, l’accueillit Adrian avec un sourire. Installe-toi, je t’en prie. En quoi puis-je t’aider ?

— C’est moi qui vais vous venir en aide aujourd’hui.

Il s’assit, tandis que le sourire figé sur les lèvres d’Adrian se tarissait un peu. Il n’avait pas dû apprécier l’intonation de la voix de Harry, mais ce dernier n’en avait que faire. Il était venu avec un discours précis qu’il avait déroulé dans son esprit une multitude de fois sur le chemin entre le bureau de Hermione et celui du Ministre : il était prêt.

— Je voudrais vous parler de Gabel Griffiths, le Directeur du département de régulation des créatures magiques.

— Oui, je sais de qui il s’agit, coupa Adrian sans doute plus sèchement qu’il ne l’aurait voulu. C’est moi qui l’ai nommé. De quoi s’agit-il ?

Harry resta interdit une seconde. Dans sa répétition interne, il n’avait absolument pas envisagé que le Ministre puisse lui répondre, encore moins avec autant d’amertume dans la voix. Il reprit contenance bien qu’il dû fournir un effort certain pour cela, et décida d’enchainer sur le même ton que son interlocuteur, ce qui n’était sans doute pas la plus brillante des idées. Hermione avait définitivement raison, Harry n’était pas fait pour la diplomatie. Il décida de ne pas rebondir sur la remarque de son Ministre et reprit donc comme si de rien était :

— Monsieur Griffiths, donc, m’a demandé tout à l’heure de le rejoindre dans son bureau. Lorsque je suis arrivé, Drago Malefoy était déjà là.

Cela sembla attiser la curiosité d’Adrian qui, l’espace d’un instant, laissa de côté son air revêche pour se laisser aller sur le dossier de son lourd fauteuil et écouter avec un peu plus d’attention le récit du commandant des Aurors.

— Lorsque j’ai demandé de quoi il s’agissait, j’ai eu deux réponses distinctes : celle de Drago Malefoy qui pensait avoir été contacté à propos d’attaques dont ont été victimes les apothicaires ayant en boutique sa version de la potion tue-loup. Et celle, donc, de Monsieur Griffiths : il avait fait venir Monsieur Malefoy après avoir reçu un courrier parlant d’un prétendu danger, encouru par on ne sait qui, on ne sait quand, sous la menace d’un loup-garou dont on n’a pas la moindre idée de l’identité. Le tout, évidemment, sans avoir vérifié la crédibilité de la lettre en question. Je précise que Monsieur Griffiths n’avait pas connaissance des attaques dont nous a parlé Drago, ces dernières ayant été gardées secrètes par la guilde des apothicaires.

Adrian Ackerley garda le silence. Il semblait mesurer l’ampleur des dégâts et tenter de trouver un moyen de les rendre moins affligeants, mais Harry était préparé à toute éventualité. Peu importe ce que le Ministre pourrait dire pour défendre son élu, il saurait comment le contrer. Il n’eut cependant pas à le faire.

— J’imagine que les Malefoy sont sous bonne garde ?

— J’ai demandé à Owen Harper de s’en charger en attendant d’avoir plus d’informations.

— La lettre est-elle liée à l’affaire ?

— Pas à ma connaissance. Cependant, l’acte reste problématique : si elle est liée à notre affaire, Monsieur Griffiths a placé une cible brillante sur le dos de Drago Malefoy et de sa famille. Si elle ne l’est pas, nous indiquons peut-être à un farceur anonyme que Drago Malefoy a joué un rôle dans la préparation de la potion tue-loup, lui plus que les autres.

— Ou alors, cela n’a aucune incidence.

Harry hocha la tête en masquant un mélange de satisfaction et d’exaspération : Hermione l’avait décidément très bien cerné. Difficile de ne pas remarquer qu’il faisait de son mieux pour alléger les charges qui devraient légitimement peser sur Gabel Griffiths. Il y eut un silence de quelques secondes, puis Ackerley pris la parole :

— Si je comprends bien, il a potentiellement mis en danger un membre imminent de la guilde des Apothicaires, guilde déjà touchée par des attaques…

Le Survivant hocha la tête, en comprenant qu’Ackerley en arrivait à la même conclusion que lui. Il avait beau être quelque peu égocentrique, c’était un homme intelligent qui savait adopter une vision globale. Un instant, Harry se surprit à le respecter pour cela, mais il ne doutait pas que cette sensation s’envolerait bien vite.

— En somme, même si la réaction de Griffiths à la lettre ne place pas une cible sur la famille Malefoy, la convocation en période de conflit se suffit à elle-même. Il y a une cible, qu’on le veuille ou non.

Ils se regardèrent un moment. Harry attendait avec une certaine impatience d’entendre la décision de son Ministre. Si elle était trop éloignée de ce qu’il préconisait, cela pourrait bien sceller à jamais leurs rapports professionnels. Ils devraient alors tenir au moins quatre années de plus en faisait de leur mieux pour ne pas se sauter à la gorge. Par chance, comme Harry l’avait déjà remarqué, Adrian était un homme intelligent.

— Je vais lui parler. De votre côté, faite au mieux pour résoudre cette enquête impliquant les Apothicaires et pour trouver l’auteur de la lettre. Que dit-elle d’ailleurs ?

— Pas grand-chose de plus que ce sont je vous ai déjà fait part : quelqu’un pourrait s’en prendre à quelqu’un d’autre, pour quelque chose.

C’était délicieusement vague et Harry apprécia la lueur d’agacement qui passa dans le regard d’Adrian. Il la comprenait, pour avoir eu la même, mais la voir dans les yeux d’un autre la rendait un peu moins pesante. Harry et Adrian se levèrent et le Survivant prit congé sans attendre. Ils étaient sur la même longueur d’onde, pour cette fois du moins.

Pendant que Harry retournait vers les ascenseurs, il sentit son miroir vibrer intensément dans sa poche et se détesta d’avoir oublié de transférer les appels sur celui de son adjoint. Il l’ouvrit cependant et le visage d’Owen apparu immédiatement.

— On a besoin de toi ici. Y a eu une tentative d’intrusion chez les Malefoy.

— Des blessés ?

— Astoria Malefoy, elle est à Sainte Mangouste.


Note de fin de chapitre :

J'espère que ce chapitre vous a plu :) Si c'est le cas n'oubliez pas de laisser un commentaire, et on se retrouve mercredi prochain !

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