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News

Concours poésie - Musique, Choixpeau !


Vous aviez peur de vous ennuyer cet été ? Tiiki vous propose un nouveau concours de poésie en vers : choisissez une année de rentrée et écrivez la chanson du Choixpeau magique !

Pour en savoir plus, c'est par ici.

Vous avez jusqu'au 1er septembre 2022 pour publier votre texte et l'ajouter à la série dédiée… juste à temps pour la Répartition !


De le 06/07/2022 16:56


Sélections du mois


Félicitations à Sifoell et Chrisjedusor, qui remportent la Sélection Fondateurs !

Ne partez pas trop vite en vacances ! En juillet, les Animaux Fantastiques (les films !) sont à l'honneur. Vous avez jusqu'au 31 juillet pour lire les 5 textes proposés par les membres et voter par ici.

Après cela, l'équipe prendra un mois de repos bien mérité. Mais elle revient en septembre sur le thème Femslash ! Vous avez deux mois (oui, deux mois !) pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

On nous souffle dans l'oreillette que si vous voulez vous occuper en août, la Sélection Fictions longues continue. Il vous reste 6 mois pour découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.




De Equipe des Podiums le 04/07/2022 17:49


Concours hommage à Barbara - Ma plus belle histoire


De plus loin, que nous revienne
L’ombre de nos amours anciennes,
Du plus loin, de la première écoute…


Durant l'été 2022 (juin à août), nous, Juliette54 et Amnesie, vous proposons de déclarer votre amour à Barbara.
En un concours en trois manches, nous vous proposons de (re)découvrir ses chansons et son univers. Le premier chapitre (de 500 à 5000 mots) doit être écrit et mis en ligne d'ici le dimanche 10 juillet à 23h et doit s'inspirer d'une chanson de Barbara de ton choix et du thème Ma plus belle histoire...

Pour t'inscrire, nous donner le lien vers ton chapitre et pour plus d'info, nous t'invitons à consulter ce post sur le forum HPF !

Notre plus belle histoire d'amour, c'est toi, Barbara...


De le 03/07/2022 11:03


125éme édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 125e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 22 juillet à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Délaissez le temps d'une soirée la plage et les cocotiers,
votre clavier vous appelle, vous avez plein d'histoires à raconter !

Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt !
De Équipe des Nuits le 28/06/2022 07:52


Concours officiel HPFanfic


Les 25 ans de Harry Potter

 

L'équipe de modération HPFanfic vous propose un concours d'écriture afin de célébrer dignement les 25 ans de Harry Potter.

Vous avez jusqu'au 25 août 2022 pour publier votre texte ! Les votes seront lancés dans la foulée.

Laissez-vous tenter par l'aventure en suivant ce lien ! Vous y trouverez les différentes modalités de ce concours.

A bientôt !


De L'équipe de modération d'HPFanfic le 25/06/2022 17:25


Assemblée Générale Ordinaire 2022


Bonjour à toustes,

L'assemblée générale annuelle de l'association Héros de Papier Froissé est présentement ouverte sur le forum et ce jusqu'à vendredi prochain, le 24 juin 2022, à 22h.

Venez lire et discuter, et voter pour les candidats au conseil d'administration.

Bonne AG !
De Le CA le 17/06/2022 23:08


Hush, hush par Sifoell

[2 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Ce texte est le second de mon Furydowes, un ensemble de textes sur le pairing Nick Fury et Dorcas Meadowes.

Il est ma participation au Bingo Marvelously Magical, avec la case O1 et la citation suivante : "Life is riding a bicycle. To keep your balance, you must keep moving", d'Albert Einstein.

Nuit HPF du 06 mai 2022.

Thème de 20h : écrire votre texte sous la forme d'un article de journal.

Thème de 21h : votre personnage doit avoir un fidèle compagnon.

Thème de 22h : écrire un quiproquo (qui peut se résoudre à la fin du texte ou non).

Thème de 23h : Votre texte se déroule à l'intérieur d'une minute.

Thème de minuit : votre texte commence par une métaphore.

Thème de 1h : tous les objets autour de votre personnage sont verts.

Thème de 2h : votre texte ne comporte pas de M.

Je vous souhaite une bonne lecture !

Touillant d'une main négligente le sucre de sa tasse de café, Nick Fury lit le Daily Mirror du 12 août 1981, que Garrett Leigh lui a envoyé, et qui mentionne l'étonnant phénomène météorologique qui a eu lieu au-dessus de la rivière Itchen et de sa partie de pêche. Leigh lui a dit que c'était un ramassis de conneries. En effet, Fury ne dirait pas mieux.

Garrett Leigh a gravi les échelons du MI-5 quand Fury grimpait ceux de l'Air Force jusqu'au grade de colonel, pour ensuite entrer à la CIA. Et c'est là qu'il a rencontré le très britannique Leigh dans les Balkans, en mission de renseignement, tous les deux. Et parce que Leigh a foiré comme pas possible, il en devait une, et une bonne, à Fury qui ne s'est pas privé de le lui rappeler quand une femme est tombée du ciel dans son coin de pêche.

- C'est secret défense, Fury. A un niveau tel que même Murdock n'y a pas accès. On murmure que seul le premier ministre est au courant de ce qu'il s'est passé. Donc, ces histoires de laser de boîte de nuit défaillant et d'orage, de hachoir à viande fou, tu y crois ou pas, mais ce sera la raison officielle.

Murdock, à la tête du MI-5 n'est donc pas au courant... Fury avale une bonne rasade de café - oh putain que cela lui avait manqué, en Angleterre - et se met à relire l'entrefilet du Daily Mirror.

 

La discothèque Le Moulin, de Compton, donne des éclairs à l'orage.

Pour une raison inconnue, les lasers de la discothèque Le Moulin, se sont mis à danser eux aussi, dans la journée d'hier, donnant un aspect apocalyptique aux nuages de l'orage qui grondait au-dessus de la rivière Itchen. « C'était vraiment fascinant, nous raconte Edward, qui était sur le green ce jour-là. On se serait cru dans un tableau de Turner. » Nul doute que le peintre aurait restitué avec talent la beauté du spectacle.

 

Et la viande, alors ? Autre réponse très plausible.

 

Abattoir Langford, Southampton : la défaillance d'une machine.

Henry Langford, directeur de l'abattoir Langford, à Southampton, déplore qu'un hachoir ait déraillé et vraisemblablement propulsé de la viande de bœuf à une trentaine de kilomètres à la ronde. On ne déplore aucun blessé.

Henry Langford s'excuse de la gêne occasionnée et prévoit une réduction exceptionnelle de 20 % sur la chair à saucisse jusqu'à la fin du mois.

 

Fury froisse le journal et le jette dans la corbeille. Un beau ramassis de conneries.

En tout cas, avec l'aide de Leigh, il a réussi à exfiltrer la femme qui est tombée du ciel.

 

Fury sort de la salle de pause de fort méchante humeur, mais est-il parfois de bonne humeur ? Il n'irait pas jusque là. Bien conscient qu'il redémarre tout en bas de l'échelle au Shield, ce qu'il comprend vu les missions très particulières de ce service encore plus secret que les services secrets, Fury en a néanmoins réussi avec brio à imposer la présence au Shield de la jeune femme, qui est encore dans l'unité hospitalière. Anderson n'est pas exactement au courant, mais Fury trouvera bien quoi lui dire quand il l'apprendra. Idéalement, cela se fera de la bouche de Fury, quand il saura ce qu'il s'est passé.

Fury a scruté les enregistrements de vidéosurveillance de la chambre de la jeune femme. Elle a déliré pendant quelques jours, répétant en boucle « c'est une dure à cuire, Meadowes. » Fury pense donc que c'est son nom. Et il sait qu'il a raison parce qu'il n'a jamais tort. Maintenant, il n'y a plus qu'à lui extirper son identité complète, et une meilleure histoire que des lasers et un hachoir à viande qui déconnent.

A sa grande surprise, la porte de la chambre est entrouverte, et Rufus, le chien de soutien psychiatrique à la retraite, est allongé sur le lit de la jeune femme qui, bien calée contre ses oreillers, le caresse d'une main paresseuse. Les yeux de Fury s'agrandissent. Rufus a été entraîné pour aider les agents victimes de stress post-traumatique. Et le museau du berger allemand se niche dans sa main, comme il le fait pour prévenir les états de panique. Fury toussote et la jeune femme lève les yeux vers lui. Elle a vraiment une très mauvaise mine, des cernes creusent son visage, et elle semble effrayée.

- Bonjour, Madame Meadowes, Nick Fury, du Shield. Vous êtes dans nos locaux, à New-York, annonce Fury d'un ton très formel.

- J'avais bien compris. On voit la Statue de la Liberté de la chambre.

La jeune femme semble sur ses gardes, se redressant dans son lit, alors que Rufus pousse sa cuisse de son museau, cherchant sa main.

- Donc, vous êtes bien Madame Meadowes, vous n'avez pas démenti, remarque Fury en esquissant un sourire carnassier.

- Je n'ai pas dit oui non plus. C'est quoi, le Shield ?

- Stratégie Habileté Intervention Exécution et Logistique Défensive. Les plus secrets des services secrets, en résumé.

La jeune femme acquiesce, essayant de résister à cette boule d'angoisse qui se forme dans son ventre.

- Et puis-je savoir pourquoi vous m'avez amenée ici ? J'ai des droits, il me semble, affirme-t-elle d'une voix dénuée de toute assurance.

- Parce que vous êtes tombée du ciel, et que c'était pas un orage, ni la défaillance d'un hachoir à viande.

La jeune femme porte sa main à sa bouche, étouffant un sanglot, puis détourne les yeux et regarde par la fenêtre, alors que des images de Benjy explosant en plein vol en une brume rougeâtre et les cris des membres de l'Ordre du Phénix, apeurés et blessés, défilent dans son esprit. Et, comme en surimpression, les yeux rouges de Lord Voldemort sont fixés sur elle. Rufus niche son museau dans sa main en couinant, et soudain, elle n'arrive plus à respirer. Tremblante, elle se débarrasse des couvertures, repousse le chien, se laisse tomber de son lit et titube jusqu'à la fenêtre qu'elle essaie d'ouvrir, sans succès. Fury est aussitôt à côté d'elle.

- Vous ne pouvez pas...

- J'ai besoin d'air.

- Vous ne pouvez pas ouvrir la fenêtre, nous sommes au trentième étage. Elles sont bloquées.

La jeune femme tremble de tous ses membres et Fury lui attrape les bras et la maintient debout, face à lui, une poigne de fer l'empêchant de s'écrouler alors qu'elle tient à peine sur ses jambes flageolantes, qu'elle hyperventile et que le vertige la saisit.

- Vous êtes une dure à cuire, Meadowes, affirme Fury d'une voix ferme.

Il en a vu, des soldats, des agents s'effondrer ainsi. Des tas. Des tas de putain d'hommes et de femmes de terrain qui, suite à des missions compliquées, ne contrôlaient plus leurs nerfs.

- Vous êtes une dure à cuire, Meadowes, répète-t-il, en affermissant sa prise sur ses bras, étant le roc sur lequel elle se repose.

- Maugrey ? Demande-t-elle d'une voix tremblante.

Fury fronce les sourcils alors qu'elle cligne des yeux et que sa respiration jusque là erratique commence à s'apaiser. Rufus est à ses côtés, la tête levée vers elle, lui léchant le genou.

Et devant les yeux de Fury, Meadowes se reprend. Elle se redresse, lève la tête, se détend. Si ce n'était ses yeux un peu trop brillants et les muscles de ses mâchoires qui se contractent, on pourrait dire qu'il ne s'est rien passé.

- Donc vous vous appelez bien Meadowes... Je peux vous lâcher ?

Le regard de Fury s'est fait plus doux. Aucun doute, c'est une femme de terrain, un soldat qu'il a devant lui. Sauf qu'il n'y a pas la moindre foutue guerre en Angleterre depuis un bail.

Meadowes acquiesce, il ne sait trop à quoi, alors il lâche délicatement ses bras, se doutant des marques qu'il y a laissés.

- Je m'appelle Dorcas Meadowes et vous ne trouverez absolument rien sur moi.

Son regard se fait dur, alors qu'elle se redresse encore, bien loin de la femme vulnérable qu'elle était il y a à peine un instant.

 

Elle est un fantôme.

Et Fury ne trouve rien sur elle.

Et elle a raison, elle a putain de raison, et ça agace profondément Fury. Après avoir rendu visite à Dorcas Meadowes dans sa chambre, Fury épluche absolument tous les dossiers auxquels il peut avoir accès sur les citoyens anglais, mais ne trouve rien du tout. Même dans les dossiers auxquels il n'a en théorie aucun accès, compte tenu de son niveau. Mais ça, c'est une autre histoire. Un énième coup de fil à Leigh, qui lui doit un paquet de services vu que le bourbier des Balkans, c'était de sa faute, et son collègue du MI-5 lui confirme qu'il n'existe aucune Dorcas Meadowes dans le Royaume-Uni. Ni vivante, ni morte. Il y a bien des Meadowes, mais aucune des femmes ne ressemble à Dorcas, et aucune Dorcas - il n'y en a pas tellement - non plus. Rien de rien. C'est un fantôme. Et c'est bien une anglaise, son accent ne pourrait le démentir.

Quand Anderson débarque dans le bureau de Fury, il est accueilli par son regard coléreux.

- Est-ce que vous pouvez me dire ce que fout une citoyenne britannique dans mon aile hospitalière ? Vous avez perdu la tête, Fury ?

- Non, monsieur le directeur. Je l'ai bien accrochée sur mes épaules. Et ce n'est pas une citoyenne britannique. C'est un fantôme. Elle n'existe pas.

Fury s'avance sur son bureau, avec l'air de quelqu'un qui veut faire une confidence.

- J'ai entendu dire que seul le premier ministre anglais aurait vent de son existence, comme de ce qu'il s'est passé dans le ciel.

Fury ouvre le premier tiroir de son bureau, dans lequel il a rangé le journal qu'il a récupéré dans la corbeille et défroissé soigneusement. Il l'ouvre, pointe deux articles et le tend à son supérieur qui commence à le parcourir des yeux avec un mouvement d'agacement, avant de s'asseoir et de le lire attentivement.

- C'est quoi ces conneries ?

Fury tend ses paumes vers le ciel en un geste d'impuissance.

- Absolument aucune idée, monsieur le directeur.

Le vieil Anderson plante son regard dans les yeux de Fury.

- Mettez-moi ça au clair. Quant aux anglais, si cette femme n'existe pas, il n'y a aucune raison qu'ils la réclament. Qu'en dit le MI-5 ?

Le visage de Fury s'allonge, et Anderson le regarde d'un air goguenard.

- Allons, Fury, je sais qu'un de ces gars coincés du MI-5 vous en doit une. Il en dit quoi ?

- Il en dit qu'ils n'en savent rien, monsieur.

- Et la femme ?

- Que nous ne trouverons absolument rien sur elle.

 

A Saint-Mangouste, les guérisseurs portent du vert. Mais ici, ils sont en blanc, sauf Fury qui s'habille toujours de noir, enfin, à chaque fois qu'elle l'a vu ces derniers jours. Assise dans son lit, grimaçant dès qu'elle fait un mouvement qui tire sur ses lacérations encore fraîches, Dorcas tient entre ses mains ce qu'il reste de sa baguette. Bois-serpent, 23 cm, souple, avec un coeur de crins de licorne.

Brisée.

Le bois verdâtre est fendu sur toute la longueur, et les crins de licorne s'en échappent.

Elle ne serait pas environnée de moldus, Dorcas essaierait sa baguette, bien qu'elle ait la conviction profonde et déchirante que cette dernière est définitivement brisée. Elle se mettrait en danger à tenter de l'utiliser. Sans doute.

Elle roule sa baguette dans les plis de sa couverture, blanche, avec un liseré vert, pour ne plus l'avoir sous les yeux, parce que sa simple vue lui fend le coeur. Elle porte encore une de leurs chemises d'hôpital, boutonnée dans le dos. Blanche avec de petits motifs verts, un entrelacs de feuilles et de tiges, quelque chose qui est supposé apaiser le regard, mais qui ne fait que ressembler à une pelote de laine emmêlée, à l'image de ce qu'elle ressent depuis le jour de l'attaque, le jour où Benjy a été tué juste devant elle. Le jour où Fury, elle en est certaine, lui a sauvé la vie non seulement en la repêchant dans la rivière, mais surtout en tirant en l'air, ce qui était complètement stupide, mais a eu le mérite de détourner l'attention des Mangemorts et surtout de Voldemort. Ces Américains ont toujours eu la gâchette facile, à ce qu'il paraît. C'est ce que dit toujours Dearborne qui a de la famille ici. Des sorciers ayant épousé des Non-Maj et s'étant cachés, avant que la loi Rappaport n'autorise de nouveau les unions mixtes, moins de vingt ans auparavant.

Le regard de Dorcas se pose sur sa robe de sorcière qui a été lavée. Elle est d'un beau velours vert sombre, mais est irrémédiablement fichue, déchirée et brûlée par les maléfices qui ont touché son corps. Elle sait qu'elle gardera des cicatrices. Sur sa peau. Dans sa chair. A l'image de sa robe.

Dorcas prend une inspiration pour se donner du courage, récupère sa baguette dans les plis de sa couverture, et se rend dans la salle de bain qu'elle ferme à clé.

- Pitié, ne m'explose pas dans la main.

S'il n'y avait pas eu la guerre, Dorcas travaillerait au département de la justice magique, au Ministère de la Magie. S'il n'y avait pas eu la guerre, elle continuerait de s'exercer dans les différents arts magiques auxquels elle a pu toucher. Elle a lu tout ce qu'elle a pu trouver comme ouvrage sur les baguettes, et le bois de la sienne est certes fendu, montrant l'argenté des crins de licorne, mais Dorcas a encore espoir qu'elle puisse l'utiliser. S'en défaire lui déchirerait le coeur. C'est la dernière chose que ses parents lui ont offerts avant de mourir, quelques jours avant son entrée à Poudlard.

Avisant la brosse à dents qu'on lui a donné, qui repose dans un gobelet, Dorcas la prend et la pose à plat sur l'évier avant de reculer d'un pas, et la main et la voix sûres, elle lance le sortilège Wingardium Leviosa. Le frémissement de la brosse à dents la rassure, elle a à peine décollé d'un pouce, mais c'est déjà prometteur. Dorcas abaisse sa baguette avant de la lever de nouveau, prononçant un Lumos qui ne dispense qu'une lumière chiche au bout de sa baguette, lumière qui court le long des fendillements du bois serpent et brûle ses doigts.

- Nox !

Dorcas dépose sa baguette sur l'évier avant de passer sa main sous l'eau et la secouer en soufflant sur ses doigts. Bon. Elle fonctionne, mais imparfaitement. Et elle ne se sent pas capable de la réparer. Dorcas attrape une robe de chambre qu'elle enfile et son regard tombe sur son reflet, dans le miroir, et elle a bien du mal à se reconnaître. Elle a vraiment mauvaise mine, un teint grisâtre, de sacrées cernes sous les yeux. Elle a dû perdre un peu de poids, et sa peau est tendue sur ses épaules, ses clavicules.

A son arrivée en Amérique, elle a dû rester inconsciente quelques jours, mais elle ne sait trop combien de temps. Elle se demande ce qu'il a pu arriver aux autres, Franck Londubat, Clarence Dearborne, Alastor Maugrey. Depuis que l'Ordre du Phénix a été monté par le professeur Dumbledore pour combattre l'ascension de Lord Voldemort, Dorcas a été une des premières à s'y inscrire, et s'y est illustrée au point que l'Auror ne rêvait que de la recruter dans son équipe, au département de la justice magique, mais Dorcas, bien que duelliste de grand talent, ne rêvait que de faire carrière au Magenmagot.

Mais on dirait que la guerre lui a coupé les ailes. Et que pour tous les siens, elle est morte.

Dorcas sent de nouveau une vague de panique naître en elle et elle serre les poings jusqu'à sentir ses ongles percer sa peau. Puis elle se passe le visage sous l'eau, ignorant cette femme qu'elle ne reconnaît pas dans son reflet, et rangeant sa baguette dans la poche de sa robe de chambre. Quand elle sort de la salle de bain, elle a un moment d'arrêt en voyant Fury debout dans sa chambre, aux côtés d'un homme d'une cinquantaine d'années, au visage sévère.

- Dorcas Meadowes. Jeff Anderson, directeur du Shield, se présente-t-il.

Dorcas s'assied sur une des chaises qu'il lui présente. Elle sent les deux hommes sous tension, chacun différemment, alors qu'ils s'asseyent à leur tour.

- Vous avez meilleure mine, Meadowes.

La jeune femme roule des yeux en entendant la voix de Fury. Est-ce qu'ils vont jouer au bon et au mauvais Auror ? Ce serait tellement ridicule. Alastor lui a appris toutes les ficelles de ce métier.

Anderson jette un journal moldu sur la table, en sa direction.

- Il y a là deux articles qui devraient vous intéresser, mais on voudrait avoir votre avis sur la question.

Dorcas ouvre le journal et se met à lire les deux articles entourés en pâlissant. Il lui faut faire un effort considérable pour ne pas perdre pied, encore quelque chose qu'Alastor lui a appris.

Une fois qu'elle estime être capable de parler sans se mettre à pleurer, elle demande d'une voix qu'elle espère lasse.

- Que voulez-vous savoir ?

Le buste d'Anderson s'avance vers elle, et il la regarde intensément.

- Que s'est-il passé ce jour-là ?

Dorcas esquisse un sourire triste.

- Je ne peux pas vous en parler.

Sa voix est ferme, assurée. Parce qu'elle n'énonce que la vérité. Elle ne peut pas parler du monde sorcier aux Moldus, à moins qu'un Moldu soit destiné à partager sa vie, au risque de trahir le secret magique. Et aucun de ces hommes ne sera jamais son époux. Et penser l'inverse la ferait presque rire.

Anderson lui adresse un sourire carnassier.

- Fury, allez me chercher le détecteur de mensonges.

Les sourcils de Dorcas se haussent. Depuis qu'elle est parmi eux et à peu près en état de réfléchir, elle regrette profondément de ne pas avoir suivi l'Etude des Moldus à Poudlard. Elle n'a aucune idée de ce à quoi ils font référence, sans doute une de leurs machines.

- Quoi que vous utilisiez sur moi, je vous répète que je ne peux pas en parler.

- Nous verrons cela, affirme Anderson, sûr de lui, alors que Fury quitte la chambre pour revenir quelques minutes plus tard, poussant devant lui une table roulante sur laquelle il y a une machine avec plein de fils.

Fury accroche un des fils de la machine dans le mur, appuie sur un bouton, prend une sorte de brassard et avise Dorcas.

- Enlevez votre peignoir, ce sera plus facile.

Elle obéit sans se poser la moindre question, après tout, c'est peut-être une coutume chez les Moldus. Et mieux vaut faire comme ils font pour passer inaperçue, aussi extraordinaire soit sa rencontre avec Nick Fury.

Il lui accroche un brassard autour de son bras, et deux sangles autour de sa poitrine, une près de son coeur, l'autre sous ses seins, puis glisse un de ses doigts dans une petite boîte qui l'enserre. Enfin, il coiffe Dorcas d'une sorte de couronne avec des objets ronds qui collent à son front, à ses tempes. Elle s'observe un instant dans le miroir qui est à côté de la porte de la salle de bain et lutte contre l'envie de rire devant son accoutrement. Est-ce une machine qui, comme le philtre de vérité va l'obliger à ne pas mentir ?

Fury tourne quelques mollettes avant de s'asseoir, l'appareil émettant un petit ronronnement. Anderson ne la quitte pas des yeux.

- Vérifications d'usage, directeur Anderson ? Demande Fury.

Ce dernier esquisse un sourire avant de s'adresser à Dorcas.

- Vous êtes un homme.

Dorcas s'exclame.

- Bien sûr que non !

- Vous avez 108 ans.

- Non.

Fury regarde le tracé de la ligne et adresse un signe de tête à Anderson.

- Vous vous appelez Dorcas Meadowes.

- Oui.

- Vous êtes tombée du ciel.

- Oui.

Dorcas les regarde, attendant la suite, se remémorant ce qu'Alastor a appris aux membres de l'Ordre si jamais ils tombaient entre les mains des Mangemorts. Comment lutter contre les legilimens. Comment lutter contre la torture. Ne rien révéler, jamais. Protéger les siens.

Mais là, l'enjeu est la protection du monde magique, quelque chose qui dépasse tout ce pour quoi elle s'est battue jusqu'à présent.

- C'est le laser de la discothèque qui a causé ces éclairs étranges dans le ciel.

- Non.

- Vous étiez au coeur de l'orage.

- Oui.

- Vous étiez dans un avion ?

- Non...

La voix de Dorcas est hésitante, elle sait à peine ce qu'est un avion. Un truc moldu qui vole.

- Quelqu'un est mort, là-haut.

Les yeux de Dorcas se noient dans ses larmes, et elle enlève le truc qui lui enserre le doigt, arrache la couronne de sa tête, ôte maladroitement le brassard et les sangles de sa poitrine, plonge sa main dans la poche de son peignoir. Mais elle n'a pas le temps de se lever que Fury est déjà devant elle, sa présence emplissant toute la pièce.

- Je ne peux pas... Je ne peux pas en parler. S'il-vous-plaît.

- Et pourtant, il va bien falloir...

Dorcas se lève, les doigts serrés autour de sa baguette.

- Ne me forcez pas à vous faire du mal, Fury. Vous avez été bon avec moi. Et je suis une dure à cuire.

Dorcas sent bien qu'elle n'a pas recouvré tout son potentiel magique, étant encore faible. Mais elle a toujours eu une puissance importante. Et alors qu'elle essaie de maîtriser ses émotions qui risquent de la submerger, ignorant le rictus amusé de Fury, elle avance d'un pas vers lui, nullement impressionnée par sa haute stature. Il en faut plus qu'un grand moldu pour l'effrayer. Elle en a vu bien plus.

Dorcas tremble comme une feuille face à lui, et elle entend le rire bas d'Anderson.

Il faut qu'elle se tire de là, aille au Macusa et demande asile. C'est la seule solution. Elle ne peut retourner en Angleterre, la simple idée la paralysant de peur. Elle ne peut affronter la honte qu'elle ressent d'avoir failli. Elle se sent responsable de la mort de Benjy, même si elle sait que l'attaque des Mangemorts et de Voldemort lui-même au-dessus de la rivière a rendu leur fuite désespérée. Jamais elle ne pourra affronter la déception dans le regard d'Alastor qui plaçait tant d'espoir en elle.

- Ne me forcez pas à vous faire de mal, répète Dorcas, les dents serrées.

Elle sent des étincelles crépiter dans sa baguette. S'ils la poussent dans ses derniers retranchements, sa magie instinctive va se révéler, et la révéler à eux.

Nick Fury pointe du doigt le siège qu'elle vient de quitter.

- Reprenons.

Dorcas esquisse un sourire qui est plus une promesse.

- Non. Confudo maxima !

Le sortilège atteint Fury en pleine poitrine et l'envoie valser sur Anderson auquel elle applique la même sentence. Dorcas verrouille la porte de sa chambre et se déshabille rapidement avant d'enfiler sa robe de sorcière. Il faut qu'elle file de là. Elle lance un dernier regard aux deux hommes inanimés, déverrouille la porte sur laquelle des agents tambourinent, avant de penser très fort au Macusa, et à son adresse.

Le Woolworth Building.

Les agents du Shield qui entrent dans la chambre ne découvrent que Fury et Anderson, inanimés, et par terre, une chemise de nuit et un peignoir abandonnés.

 

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