S'identifier | | Identifiants perdus | S'enregistrer |
Lien Facebook

En savoir plus sur cette bannière

News

127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d’épine, Ella C, Eejil9 et CacheCoeur, qui remportent la Sélection Femslash !

Vous voulez de l’action ? De l’aventure ? Ce mois de Sélections est fait pour vous ! Le Jury des Aspics vous invite à lire sur ce thème en octobre avec la Sélection Aventure/Action ! Vous avez jusqu'au 31 octobre pour lire les 5 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter par ici.

Et au mois de novembre, partez dans le futur avec la Next-Gen ! Vous avez jusqu’à la fin du mois d'octobre pour nous faire découvrir sur ce thème si vaste vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots. Pour proposer des textes, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news !

Il y a également la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos nuits d’insomnies ! Jusqu’au mois de décembre, venez découvrir 12 histoires incroyables ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De L'équipe des Podiums le 03/10/2022 23:05


Repos, soldats. par jukava

[2 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

TW : mention de racisme et utilisation d'un terme dérogatoire.

Un immense merci à Alena pour sa relecture ♥

Londres – Département des Mystères – 18 août 2020

Saul Croaker était Directeur du Département des Mystères depuis plus de vingt ans. A priori plus rien ne pouvait le surprendre. Il était parvenu à travailler avec plusieurs ministres – y compris cet idiot de Fudge -, à garder les secrets de son service alors que Voldemort tenait le monde sorcier au creux de ses mains… Il avait même réussi à maitriser la houle provoquée par l’entrée par effraction de plusieurs élèves de Poudlard, de Mangemorts et d’autres intrus dans son Département.

Mais il devait avouer qu’en aucun cas il ne s’était attendu à ce que les Moldus appelaient le Snap. Voir la moitié de la population disparaître en poussière simplement à cause du pouvoir de Pierres dont le monde sorcier ignorait l’existence avait été un coup dur à encaisser pour Saul. Aucune prophétie, aucun signe avant-coureur. Et ses collègues réduits à néant devant lui.
Heureusement, il lui restait trois Langues-de-Plomb et avec eux, il espérait réussir à renverser le sort de l’humanité. C’était à cela que Saul s’accrochait depuis deux ans.

Sauf que c’était sans compter sur Granger qui venait de débriefer sa mission et qui avait complètement foiré. Il n’y avait pas d’autre mot.
C’était, en théorie, une mission simple : elle utilisait un Retourneur de Temps modifié, que Draco Malfoy leur avait confié, pour arriver au point et à la date convenus. Puis elle transplanait, stupéfixait un soldat d’Hydra pour qu’il ne jette pas Barnes dans le vide et pour ainsi empêcher la naissance du Winter Soldier. Ce qui signifiait que le Avengers seraient en ordre de marche pour contrer Thanos.

Sauf que tout avait dérapé.

Croaker jeta un coup d’œil à sa droite où se tenait Janet Thompson, sa plus ancienne collègue, connue pour son franc parler. Elle semblait à la fois résignée et en grande réflexion. Saul était en même temps curieux et un peu anxieux de ce qu’elle allait dire.

Cependant, à la surprise de tous, ce fut Andrew Jamieson, souvent le membre le plus réservé du service, qui prit la parole :

- « Hermione, tu veux dire que non seulement tu es entrée en contact avec les cibles, mais en plus ils t’ont capturée et tu t’es échappée, grâce au Retourneur de Temps…. Devant eux ? »

- « Malheureusement oui. » soupira la jeune femme. « Je sais que j’étais seulement supposée empêcher Barnes de tomber du train en neutralisant un agent d’Hydra. Mais la situation m’a complètement échappé. » Elle baissa la tête et ajouta : « J’ai tout raté. »

- « Ça ne sert à rien de t’agonir de reproches. » assena Janet en haussant les épaules, à la surprise de tous, surtout de Croaker qui avait bien plus l’habitude d’entendre des jurons que cette sorte d’absolution. « Tout d’abord tu n’as pas complètement échoué puisque Barnes est resté à bord du train. C’est déjà ça. » poursuivit-elle, se faisant la voix de la raison. « Et nous savons tous que tu n’étais pas supposée entrer en contact avec eux. Mais d’après ce que tu nous as expliqué, je ne vois pas comment tu aurais pu faire autrement… » Elle se tourna vers le Directeur : « Il faut se rendre à l’évidence : dans les missives qu’il nous a fait parvenir, le Sorcier Suprême a mentionné des missions au pluriel. Il sait déjà que nous aurons à nouveau à intervenir… N’est-ce pas, Saul ? »

Le Directeur passa une main dans ses cheveux courts, où le sel l’emportait peu à peu sur le poivre, et observa tour à tour ses agents. Janet avait raison : reprocher à Hermione de n’avoir pas suivi le déroulé prévu ne servait à rien. Au final, malgré un travail bâclé, elle avait réussi à sauver Barnes tout en permettant la capture de Zola.

- « Janet a raison. On sait tous que parfois sur le terrain, les choses nous échappent… Vous avez fait ce que vous avez pu Granger. Et puis… Vous avez réussi à éviter d’être repérée par l’armée américaine grâce à Dernier. Le commando n’a pas dû oser parler de votre présence, ils se seraient couverts de ridicule… » Il ouvrit à nouveau le dossier de Barnes puis celui de Rogers et soupira lourdement : « Sauf que maintenant, on a un autre problème : Barnes n’est plus récupéré par Hydra pour en faire le Winter Soldier… C’est Rogers. » Les trois Langues-de-Plomb sursautèrent, dévisageant leur Directeur qui élabora aussitôt : « Suite à la réussite de l’opération de capture de Zola dans le train, les Howling Commandos ont eu une permission, à Marseille, en zone libérée. Apparemment, Rogers y a été enlevé. Barnes a pris le bouclier à la place de son ami pendant un certain temps puis s’est retrouvé plongé dans la glace pendant soixante-dix ans… »

- « Les rôles ont été inversés ? » questionna Hermione, éberluée. Elle n’en croyait pas ses oreilles. Elle se passa une main sur le visage comme pour en effacer les traces de fatigue qui y persistaient, avant d’ajouter : « Donc, je suis allée en 1945 pour sauver Barnes et j’ai indirectement condamné Rogers… »

- « Tu sais ce que ça veut dire, Hermione ? » s’enquit Janet qui était sur la même longueur d’ondes que Croaker.

La jeune femme releva brusquement la tête, regardant son Directeur avec étonnement :

- « Vous voulez que je reparte dans le passé ? » Croaker se contenta de hocher la tête. « Je suis désolée, mais ce n’est pas possible, ils vont me reconnaître… C’est bien trop risqué. »

- « D’après le dossier, ils sont hébergés par la famille de Dernier, à Marseille. Vous nous avez dit qu’ils connaissent l’existence de la société sorcière. » Elabora Croaker, attendant qu’Hermione hoche la tête pour poursuivre. « Nous allons vous faire arriver là-bas, vous entrez en contact avec Dernier et vous trouvez un moyen d’empêcher l’enlèvement de Rogers. » Croaker lâcha un soupir. « La plus grosse difficulté c’est qu’il n’y a rien de précis sur les circonstances de sa disparition. On sait juste qu’il a passé la soirée avec les commandos le samedi 24 février 1945 et Barnes a signalé son absence le dimanche 25 en fin de matinée. »

- « Pourquoi Barnes n’a pas remarqué avant que son ami manquait à l’appel ? » s’enquit Thompson.

- « A votre avis, Janet ? » répondit Croaker en levant les yeux au ciel. « Le Sergent Barnes était en galante compagnie et n’est rentré que dans la matinée de dimanche. »

Hermione entendit Janet marmonner quelques propos peu amènes à l’encontre des hommes en général, mais elle resta concentrée : sa mission était en train de prendre forme dans son esprit. Et Jacques Dernier en était la pièce centrale.

- « Donc il va falloir que j’aille à Marseille, que je les trouve et que je veille sur eux… » résuma Hermione.

- « Il faut empêcher que Rogers ne soit victime d’Hydra. » confirma Andrew avant de se lever, l’air pensif.

Sans ajouter un mot, il se dirigea vers le tableau qui couvrait un mur entier de leur salle de réunion et commença à y coucher plusieurs équations. Tous savaient qu’il venait d’entrer dans sa bulle arithmantique : il était en train de calculer le lieu et l’heure où l’arrivée d’Hermione serait la moins risquée.

Durant les jours qui suivirent, Andrew termina son travail, le fit refaire par Hermione pour plus de sécurité et, tous ensemble, ils rédigèrent la feuille de route de la mission que la jeune sorcière apprit par cœur. Andrew et Janet se chargèrent de rechercher le plus d’éléments possible sur les éventuels alliés d’Hermione à cette époque, sur la Résistance, les FFI mais aussi ils bâtirent tous ensemble un tissu de mensonges qui expliquerait la présence d’Hermione à la fois dans le train puis ensuite à Marseille.

Enfin, alors que le mois d’août 2020 touchait à sa fin, tout fut prêt pour qu’Hermione tente à nouveau de sauver le monde en influant sur le passé. Après un dernier regard et un petit sourire en direction de ses collègues, elle relâcha le goupillon du Retourneur de Temps et disparut brusquement.

Marseille – Vieux Port – 24 février 1945

Dès que le bourdonnement dans ses oreilles cessa, Hermione ouvrit les yeux et regarda autour d’elle : elle était bien apparue Rue Petit Chantier, une de ces petites ruelles qui partaient du Vieux Port pour se perdre dans le dédale marseillais, comme l’avait calculé Andrew. Elle remercia le ciel de s’être matérialisée à quelques mètres des poubelles débordantes qu’elle voyait à l’entrée de la rue. Il valait mieux qu’elle se présente chez Dernier sans être couverte de détritus…
Comme lors de son premier voyage dans le passé, Hermione fit un rapide inventaire : elle n’était pas blessée, mais surtout elle avait sa baguette et son Retourneur de Temps était en parfait état. Elle n’aurait qu’à le reprogrammer pour rentrer, elle avait revu les réglages à faire avec Andrew juste avant de partir.
La seule chose qui la dérangeait était cette sensation de vertige et de bourdonnement qui avaient accompagné son arrivée. Cela n’avait pas été le cas lors de sa première mission…

Se promettant qu’elle en parlerait à ses collègues dès son retour en 2020, Hermione rajusta sa tenue. Il fallait qu’elle se fonde dans la masse, se répéta-t-elle en lissant la jupe de la robe en laine bouillie bleu marine qu’elle portait. La petite ceinture de cuir et le col Claudine blancs la rendaient un peu mal à l’aise, lui donnant un sentiment d’être trop apprêtée, mais d’après les recherches que Janet avait faites, c’était une tenue de tous les jours pour les femmes de l’époque. Le seul élément qui dépareillait était son sac en perles, mais elle n’avait jamais pu se résoudre à s’en séparer.

Frissonnant dans l’air marin de cette fin d’après-midi, Hermione ajusta sur ses épaules la petite cape assortie à sa robe et d’un pas décidé, alla jusqu’au bout de la ruelle. Elle avait presque une demi-heure de marche pour rejoindre la maison des Dernier à la Belle de Mai et avec ses bottines à boutons qui avaient des talons bien plus élevés que ceux qu’elle avait l’habitude de porter, cela allait être un calvaire.

Avec stupeur, Hermione déboucha sur le quartier historique de Marseille bien loin des images qu’elle en avait : des immeubles portaient des stigmates de bombardements et d’explosions, des bâtiments entiers étaient en ruines et au milieu du Vieux Port, un immense pont transbordeur trônait, immobile. S’ébrouant, la jeune sorcière reprit sa route, elle n’avait pas le temps d’être témoin de l’Histoire, elle avait une mission à accomplir.

Heureusement pour elle, la voyant peiner à contourner un immense trou dans la chaussée, un homme, au volant d’un camion à bestiaux, s’arrêta et lui demanda s’il pouvait la conduire quelque part.

Hermione avait profité du temps entre ses deux expéditions dans le passé pour rafraichir ses connaissances en français en vue de la mission et parvint à lui indiquer où elle devait se rendre. Aussitôt, l’homme lui fit signe de monter dans la cabine à ses côtés. Sans un autre mot, il la conduisit jusqu’à la Belle de Mai et l’y déposa sous les remerciements d’Hermione.

D’après les informations recueillies, la famille Dernier habitait dans une maison, boulevard des Bonnes Grâces, qu’Hermione mit à peine une dizaine de minutes à trouver : leur nom était clairement indiqué sur la boîte aux lettres, ce qui lui facilita grandement les recherches.
Hermione frappa deux coups sur la porte avec le heurtoir et attendit nerveusement, implorant qui voudrait bien l’entendre que ce soit Jacques qui lui ouvre.

Mais la chance ne semblait pas être du côté de la jeune sorcière et ce fut une femme, d’une quarantaine d’années, qui lui ouvrit la porte. Elle portait une jupe brune qui avait certainement connu des jours meilleurs et un tricot qui arborait plusieurs trous. Ses cheveux noirs étaient attachés en un chignon qui aurait pu être sévère si des mèches folles ne s’en échappaient pas de tous côtés.
Hermione jura intérieurement : elle était bien trop apprêtée, si elle avait eu des doutes, elle en était désormais certaine.
La femme la toisa d’un air peu amène et, s’appuyant contre le chambranle, lui demanda en français et avec un tel accent qu’Hermione eut du mal à la comprendre :

- « Qu’est-ce que vous voulez ? »

Evidemment, l’équipe de Langues-de-Plomb avait anticipé ce type de question et Hermione n’eut aucun mal à réciter le petit texte qu’ils avaient préparé.

- « Je voudrais voir Jacques Dernier. » répondit-elle, souriant lorsque la surprise se lut sur le visage de la femme quand elle entendit son accent anglais. « Je sais que le moment est mal choisi, mais j’étais une amie d’Henri et j’espérais rencontrer son frère… »

La femme fronça les sourcils, visiblement suspicieuse.

- « Et qu’est-ce qui vous dit qu’il est là ? » répondit-elle aussitôt.

- « Je ne sais pas. » mentit Hermione. « Je suis à Marseille pour des raisons personnelles et je pensais que peut-être… »

La jeune sorcière entendit des pas précipités dans l’escalier dont elle apercevait quelques marches derrière la Française puis vit brusquement apparaître Gabe Jones, qui s’exclama, en anglais :

- « C’est vous ! » Avant de se tourner vers l’intérieur de la maison et de crier : « Les gars, venez voir qui est à la porte ! » Cependant, il ne fit pas entrer Hermione et parla quelques instants à voix basse avec la femme qui hocha la tête et retourna dans la maison, visiblement toujours méfiante.

Presque immédiatement, les commandos que Jones avait rameutés le rejoignirent sur le perron de la maison. Falsworth, Barnes et Rogers la regardaient visiblement avec circonspection, mais heureusement, l’enthousiasme de Dernier compensa l’attitude des autres :

- « La femme mystère ! » s’exclama-t-il dans un anglais plus que correct en lui faisant signe d’entrer, poussant ses camarades pour lui libérer un chemin jusqu’au salon où il lui désigna une chaise sur laquelle elle s’assit bien volontiers. « Je ne pensais pas vous revoir. »

Durant un instant, Hermione fut désarçonnée de voir Barnes et Rogers, côte à côte. Après le choc de la découverte et ses recherches, elle était parvenue à la conclusion que si le destin avait décidé que l’un d’eux était son âme sœur, cela se confirmerait à son époque. Certainement pas en leur sauvant la vie soixante-quinze ans dans le passé. Et encore, si ce qu’elle avait lu était bien crédible… Ce dont elle continuait à douter malgré la marque sur sa clavicule qui ne lui permettait pas d’oublier.

- « Pour être honnête, je n’aurais jamais imaginé que nos chemins se croiseraient à nouveau. » se reprit-elle, contente de retrouver son anglais natal. Elle lui tendit la main et se présenta : « Hermione Granger. » Dernier haussa un sourcil dubitatif et elle ajouta : « C’est vraiment mon nom. Pas un code secret ou je ne sais quoi… »

- « Hermione ? Pour de vrai ? » répéta-t-il toujours un peu incrédule.

La jeune sorcière se contenta de hausser les épaules, fataliste. Ce n’était pas la première fois que son prénom surprenait et ce ne serait certainement pas la dernière.

- « Et que me vaut l’honneur de votre visite ? » poursuivit Jacques en s’asseyant en face d’elle, ignorant les regards suspicieux de ses camarades.

- « Je vous avoue que j’espérais que vous puissiez me venir en aide. J’ai été envoyée en mission à Marseille et je n’ai que très peu de consignes… Comme vous êtes le seul à savoir pour le Secret et- »

Elle se tut aussitôt, Dernier avait posé un doigt sur ses lèvres en signe de silence et jeta un coup d’œil nerveux en direction de la Française qui pénétra à cet instant dans la pièce avec un plateau sur lequel se tenaient un pichet d’eau et des verres.
- « Merci Marie. Tu peux aller jeter un œil chez Giuseppe s’il te plait ? Je le trouve bizarre ces temps-ci… » lui demanda-t-il passant d’une langue à l’autre avec une aisance qu’Hermione lui enviait.

Le visage imperturbable, la femme sortit de la pièce puis de la maison, claquant la porte derrière elle pour marquer son déplaisir évident.

- « Désolé pour ma cousine. » déclara-t-il, reprenant leur conversation en anglais. Il servit un verre d’eau à Hermione et poursuivit : « Elle a tout perdu dans les rafles et les bombardements. Je pense que la présence d’une personne inconnue l’effraye… Elle ne sait rien pour le Secret. Pour elle, mon frère est mort d’une crise cardiaque pendant qu’il était en voyage en Angleterre. »

- « Je comprends. » répondit simplement Hermione avec empathie avant de boire une gorgée d’eau.

- « Vous pouvez nous dire ce que vous faites là ? » l’interrogea brusquement Barnes qui était resté muet jusqu’alors.

- « Je suis en mission- »

- « Pour les sorciers ? » la coupa Jones avec un enthousiasme presque enfantin. « Honnêtement, au début, j’ai cru que Jacques avait perdu la tête, mais quand vous avez disparu… »

- « Ils ont enfin commencé à me croire… » le coupa Dernier en haussant les épaules. « J’ai été obligé de leur parler de Beauxbâtons, des baguettes, des sortilèges… Et même de Grindelwald. » conclut-il.

- « Je suis désolée de vous avoir causé des soucis. Je n’étais même pas supposée entrer en contact avec vous lors de ma première mission… »

- « Celle pour vous assurer qu’on attrape Zola ? » demanda Rogers, les sourcils froncés, visiblement suspicieux.

En son for intérieur, Hermione remercia ses collègues de l’avoir aidée à bâtir un récit qui tienne la route. Face au regard glacial et insistant du Captain America, elle se serait certainement mise à bafouiller si elle n’avait pas su exactement quoi dire.

- « Oui, pour Zola. J’espère que vos services secrets ont réussi à le faire parler. Je sais que les nôtres rêveraient de mettre la main sur lui. Ils sont persuadés qu’il a trouvé des informations sur le Secret Magique et qu’il était à deux doigts de s’allier à Grindelwald, mais nous n’avons jamais pu le prouver. »

- « Alors pourquoi vous ne l’avez pas capturé ? » s’enquit Barnes, aussi méfiant que son ami.

- « C’est compliqué. » soupira Hermione, soulagée que son mensonge prenne et continuant à jouer la comédie. « Nous ne sommes pas supposés agir dans vos conflits… Mais la frontière est devenue floue à cause de Zola. C’est pour cela que je suis intervenue pour m’assurer de sa capture. Il mettait en péril notre Secret et surtout notre sécurité… Grindelwald est notre problème mais s’il s’allie à vos Nazis, nos deux mondes vont se rencontrer dans ce qu’ils ont de pire… » Barnes et Rogers échangèrent un regard comme s’ils communiquaient par télépathie. Elle n’aurait pas été étonnée qu’ils soient capables de finir les phrases l’un de l’autre, comme Fred et George, jadis. Elle conclut son explication : « Comme Zola est dorénavant entre les mains des Alliés, mes supérieurs peuvent à nouveau se concentrer sur ce qui concerne les sorciers. Donc cette nouvelle mission… »

Rogers lui fit un signe de la main, l’invitant à poursuivre.

- « Evidemment, je ne peux pas en livrer tous les détails, mais d’après les renseignements dont je dispose, un artefact magique a été volé et doit être échangé ce soir… »

- « Besoin d’un peu d’aide ? » s’enquit aussitôt Falsworth en lissant sa moustache. « Si je peux apporter mon soutien à une compatriote… »

- « Nous sommes en repos, Falsworth. Si le Colonel Philipps apprend quoi que ce soit… » menaça Barnes.

- « Et qui va le dire au Colonel Philipps ? Dum Dum ou Morita qui ont bénéficié de visites conjugales et qui sont Dieu seul sait où ? » répondit Falsworth avec un air de défi. « Philipps prépare un gros coup pour nous et vous le savez aussi bien que moi, Sarge. C’est pour ça qu’on a eu droit à cette perm’. Il va nous envoyer au casse-pipe. »

- « Ne dis pas ça, Monty. » temporisa Jones. « On n’a jamais été aussi près de la victoire, encore quelques semaines, peut-être un mois et Hitler va capituler, c’est certain. »

Hermione admirait l’engagement de ces hommes et leur dévouement. Elle savait que Jones avait raison et que dans moins de trois mois, les Nazis se rendraient. Mais à cet instant, eux n’avaient encore que leurs convictions.

- « Il va capituler et nous on va couper la dernière tête de cette saloperie d’Hydra. » cracha l’Anglais avec dédain.

Aussitôt, Barnes et Rogers tressaillirent, parler d’Hydra devant Hermione était visiblement un impair si elle en jugeait par la réaction des deux hommes et de Dernier qui fusilla Falsworth du regard.
Jones se contenta de croiser les bras, en une parfaite imitation du Captain, ce qui aurait certainement fait sourire Hermione en d’autres circonstances. Préférant éviter tout conflit, elle prétendit n’avoir rien entendu et but une nouvelle gorgée d’eau avant de déclarer :

- « Comme je le disais un peu plus tôt, j’ai besoin de votre aide, M. Dernier. » Aussitôt, il la coupa, outrepassant certainement un peu ses droits en demandant à Hermione de tous les appeler par leurs prénoms. Elle accepta avec plaisir et poursuivit : « Je suis coincée. Mes supérieurs ne m’ont laissé qu’une seule consigne et je dois impérativement mettre la main sur cet objet. Il ne faut pas que Grindelwald s’en approche. » mentit-elle avec aplomb. « Je n’ai que peu d’indications pour repérer ma cible et je vais avoir besoin de vos connaissances pour cela… » Elle désigna Captain America. « Et peut-être de faire diversion auprès des Moldus. »

- « Les quoi ? » demanda aussitôt Jones.

- « Les non sorciers, on les appelle les Moldus en Grande-Bretagne. Pour vous, américains, ce sont des No-Majs, mais je pense que vous n’avez jamais dû entendre ce terme… »

- « C’est Amaj* en français. » ajouta Jacques avec un pincement au cœur. « Mais depuis la mort d’Henri, je ne l’ai plus entendu. »

Hermione s’apprêtait à présenter une nouvelle fois ses condoléances quand Marie revint, parlant rapidement en français avec Jacques. Hermione comprit quelques phrases à la volée, mais l’accent très prononcé de la Française ne l’aidait pas. Visiblement, le fameux Giuseppe que Dernier avait demandé à sa cousine de surveiller avait vendu des informations. Hermione n’appréhenda pas tout ce qui s’était dit, mais au regard sombre de Dernier, elle devina qu’il jugeait cela grave.

- « Va le dire à Gabriel, s’il te plait, il saura quoi faire. » lâcha Dernier avec dégoût.

Hermione déglutit péniblement. Elle savait ce que cela signifiait : au mieux Giuseppe serait emprisonné et jugé par le tribunal des FFI*, au pire, il serait simplement retrouvé mort, quelque part et personne ne chercherait à savoir pourquoi.
Marie repartie, Hermione sortit sa baguette de sa manche et lança un Tempus, sous les regards éberlués des membres des commandos, sauf Jacques à qui cela arracha un sourire nostalgique. Il était déjà presque 20h.

- « Qu’est-ce que vous aviez au programme ce soir, Messieurs ? » demanda-t-elle à la cantonade tout en remettant sa baguette dans sa manche, mais concentrant son regard sur Dernier et Falsworth qui semblaient les plus enclins à l’aider.

- « On allait manger un bout et se diriger vers un dancing qu’un de mes voisins m’a recommandé… » lui répondit Dernier, son regard soudain taquin.

Hermione lui sourit et pour toute réponse saisit son petit sac qui était masqué par les replis de sa jupe. Elle le posa sur ses genoux et sous les exclamations de surprise des commandos, y enfonça son bras jusqu’à l’épaule.

- « Qu’est-ce que c’est que ce truc ? » lâcha Jones.

- « C’est magique. » lui répondit Hermione avec clin d’œil avant d’en sortir des victuailles que Janet lui avait conseillé d’emmener et qu’elle était allée chercher elle-même en France : un saucisson, une énorme miche de pain, une tome de montagne, le tout emballé dans des linges qui ne permettaient en aucun cas de savoir qu’ils avaient traversé le temps.

- « J’aime la magie ! » s’exclama Jones en s’approchant du pain, s’emparant du couteau qu’il portait à la ceinture.

- « Gabe ! » s’exclama Barnes. « Ne touche à rien ! » Aussitôt le soldat se raidit, regardant son supérieur avec étonnement. « Et si c’était une espionne à la solde des Nazis et qu’elle voulait nous empoisonner ? »

Hermione s’efforça de ne pas s’agacer. C’était plus que naturel de la part de soldats qui avaient traversé autant d’épreuves que de ne pas lui faire confiance, mais bon sang, qu’est-ce que c’était frustrant !

- « Si vous voulez, je peux tout ranger, sans problème. » dit-elle en remettant la tome dans un torchon. « Ou je peux manger un petit morceau de tout pour vous montrer que je n’ai aucune intention néfaste… » Elle planta son regard dans celui du Sergent et ajouta : « Je viens ici vous demander de l’aide, et vous pensez que je pourrais vous empoisonner ? » Il haussa les épaules, ses yeux bleus avaient tourné à l’orage. « Jacques vous a parlé de la magie… » Il hocha la tête, toujours aussi renfermé. « Donc je vais vous expliquer quelque chose : super soldat ou pas, je peux tous vous mettre au tapis de quelques sortilèges. Gaspiller de la nourriture avec du poison, ce serait tellement dommage... » Elle entendit Rogers derrière elle renifler avec mépris et décida que l’action valait mieux que les mots. En moins de temps qu’il en fallait pour dire Quidditch, elle murmura quelques mots et un éclat de lumière partit en direction du Captain qui se retrouva en l’air, pendu par la cheville.

- « Relâchez-le tout de suite ! » s’emporta Barnes en se précipitant vers son ami qui tempêtait et s’agitait en tous sens.

Satisfaite de sa petite démonstration, Hermione lança le contre-sort et fut étonnée que Rogers réussisse à pivoter et retomber sur ses deux pieds. Elle tenait toujours sa baguette dans la main, de manière presque inconsciente.
Toisant du regard les deux hommes qui la fixaient toujours entre effarement et méfiance, elle désigna les victuailles qu’elle avait déposées sur la table et déclara, haussant les épaules comme si cela lui était égal :

- « Je vous invite simplement à partager ce que j’ai amené… Si vous préférez vous en passer… C’est votre choix. » Seul le grognement d’un estomac affamé dont elle ignorait la provenance lui répondit et elle se retint à grand peine de sourire.

En son for intérieur, Hermione priait qui voudrait bien l’entendre qu’elle ait suffisamment piqué leur curiosité – et surtout leur fierté masculine – pour qu’ils acceptent de partager son repas et de l’aider dans sa mission fictive. S’ils ne mordaient pas à l’hameçon, il faudrait qu’elle trouve un autre moyen d’empêcher l’enlèvement du Captain.
Heureusement, les railleries de Dernier, Falsworth et Jones, et certainement la faim, eurent raison de Barnes et Rogers qui s’installèrent à table avec les autres, se régalant de ce qu’Hermione avait emmené.

- « Il me semblait qu’Henri m’avait dit qu’il n’était pas possible de faire apparaître de la nourriture. » dit Jacques entre deux bouchées.

- « Première exception aux lois de Gamp sur la métamorphose élémentaire. » lui confirma Hermione. « Mais je n’ai pas invoqué ou métamorphosé la nourriture. C’est simplement que mon sac contient… De quoi tenir en mission. » conclut-elle avec un sourire.

- « Mais comment vous faites pour rentrer votre bras à l’intérieur comme ça ? » demanda Jones, dont la curiosité amusait Hermione.

- « Un charme d'extension indétectable. Ça me permet de stocker une quantité énorme de choses dans un espace tout petit. » Elle secoua son sac qui émit un bruit immense comme un bric-à-brac qui s’effondrerait. Elle grimaça, regrettant aussitôt son geste. « Bref, j’ai un peu de nourriture dedans et surtout des livres, une tente et du matériel de survie… »

- « Ça aurait été bien pratique… » soupira Falsworth en repensant à certaines missions durant lesquelles ils avaient dû dormir à la belle étoile dans des températures glaciales.

- « Vous pouvez nous en dire plus sur votre mission ? » s’enquit Rogers qui s’était finalement un peu détendu.

- « Comme je vous l’ai dit, je sais qu’un artefact volé doit changer de mains ce soir. Les seules informations dont je dispose est que cela a lieu dans un endroit nocturne à la Belle de Mai. Je dois prendre contact avec une personne de confiance nommée Esperanza... J’avoue que j’espérais que Jacques puisse m’aider, … »

- « Providence ! » s’exclama Dernier. « Votre Esperanza, elle est connue comme le loup blanc dans le quartier ! C’est la tenancière du dancing La Fleur de Mai, rue Levat, c’est pas très loin d’ici. Elle lit dans les lignes de la main et ce genre de choses, c’est pour ça qu’on la surnomme Providence. » Il demeura pensif quelques instants et ajouta : « C’est une sorcière ? C’est pour ça qu’elle tire les cartes et ce genre de choses ? »

- « Non, elle n’est pas sorcière, mais elle fait partie des gens qui croient en l’existence du mystique et de l’occulte… » expliqua Hermione en poursuivant le mensonge que ses collègues et elle avaient longuement planifié. « Mes supérieurs privilégient les personnes comme elle comme informateurs ou comme relais… Ils sont suffisamment ouverts d’esprit pour tolérer un peu de magie autour d’eux tout en gardant ce qu’ils peuvent voir secret. »

Dernier jeta un coup d’œil autour de lui, et lança à la cantonade :

- « Les gars, on peut pas laisser Hermione aller seule au dancing, il faut qu’on l’accompagne. Tout d’abord parce que ce serait inconvenant pour une Lady de se rendre seule à la Fleur de Mai mais aussi parce que j’ai besoin d’action ! Une mission secrète ! Ça ne vous manque pas ? »

Alors que Rogers ouvrait la bouche pour poser une question ou protester, Monty lui coupa la parole en renchérissant :

- « En voilà une bonne idée ! On commençait à s’ennuyer un peu ! »

- « C’est bon, vous avez gagné, on va à la Fleur de Mai. » lança Barnes en levant les mains en signe de reddition. « Mais je vous avertis : si ça tourne mal, tout sera de ta faute, Dernier. »

- « A vos ordres, Sergent ! » lança celui-ci avant de rejoindre rapidement l’étage.

Quelques instants plus tard, Hermione entendit de l’eau couler et sut que Jacques devait se préparer pour sortir. L’un après l’autre, ils rejoignirent la salle de bain située au-dessus de la cuisine, veillant à ce que deux d’entre eux soient en permanence avec Hermione.
Ils lui tinrent compagnie à tour de rôle, rasés de frais et les cheveux gominés en arrière, comme c’était la mode à l’époque. Jacques avait même fait l’effort de tailler et lisser sa moustache, certainement sous l’impulsion de Monty qui arborait toujours une moustache impeccable. Ils portaient tous leurs uniformes et Hermione eut soudain l’étrange impression d’être dans un film d’époque.

Mais elle se ressaisit bien vite et, laissant à Marie le reste des victuailles dans leurs linges sur la table, ils sortirent tous ensemble de la maison, la nuit de février les enveloppant de ses bras froids.
Hermione se laissa guider par Dernier dans le dédale des rues de la Belle de Mai jusqu’à ce qu’ils rejoignent enfin le dancing.

Un homme d’à peine une vingtaine d’années se tenait à la porte du dancing, laissant passer les gens les uns après les autres. Le groupe s’avança avec confiance, Jacques à sa tête, d’humeur joviale. Mais alors qu’il s’apprêtait à passer la porte, le jeune qui surveillait l’entrée posa la main sur l’épaule de Dernier et lui dit :

- « Toi et tes copains vous pouvez rentrer, aucun problème. » Il désigna Hermione et Gabe d’un geste du menton. « Mais pas les deux bamboulas, là. »

Le niveau de français d’Hermione ne lui permit pas de comprendre le mot qu’il avait utilisé, mais elle savait instinctivement que c’était un terme insultant pour désigner leur couleur de peau, à Gabe et elle. Et en voyant l’outrage qui se dessina aussitôt sur les traits de Jacques, elle sut qu’elle avait raison.

- « Il y a un problème ? » demanda Monty qui n’avait ni compris ni entendu ce que l’homme avait dit à Dernier.

D’une voix aussi dénuée d’émotion que possible, Hermione expliqua :

- « D’après ce que j’ai compris, les blancs sont les bienvenus, mais pas Gabe et moi. »

Barnes, en train de ceinturer Dernier qui était à deux doigts de sauter à la gorge du gorille, l’entendit et se retourna brusquement, regardant Hermione comme s’il ne l’avait jamais vue. Gabe passa un bras protecteur autour des épaules de la jeune sorcière et toisa du regard l’homme qui venait de les insulter, comme s’il le défiait de recommencer.

Heureusement, alors que Jacques était en train de faire un esclandre qui allait certainement se finir en bagarre, un homme plus âgé sortit de l’établissement et demanda ce qu’il se passait. Quand le jeune expliqua qu’il avait refusé l’accès aux deux Noirs avec une certaine fierté, au lieu des félicitations auxquelles il s’était attendu, il reçut une taloche derrière la tête qui le fit trébucher.

Aussitôt, l’homme présenta des excuses à Jacques puis aux autres, lui assurant que Providence serait plus que ravie de tous les accueillir et que leur première tournée serait prise sur le salaire de son employé qui n’avait visiblement rien compris à la politique de la maison.

Sans un regard en arrière, le groupe pénétra à l’intérieur du dancing, se dirigeant, dans le sillage de Jacques, en direction de celle qui ne pouvait être que Providence si l’on en croyait la tenue de diseuse de bonne aventure qu’elle portait. Elle en avait tous les artifices : du khôl entourait son regard perçant et des foulards à sequins accentuaient sa silhouette callipyge.

Tandis que Jacques embrassait la femme sur les joues, en une coutume toute française à laquelle Hermione n’avait jamais rien compris, la sorcière en profita pour lancer discrètement un sortilège de suggestion.
Celui-ci fonctionnait comme une sorte de très léger Imperium et avait deux avantages : il n’était pas classé comme Impardonnable et n’était connu que des Langues-de-Plomb qui s’en servaient la plupart du temps pour faire se détourner les gens durant leurs missions. C’était bien plus discret que les enchantements Repousse-Moldus et bien plus subtil.

A cet instant, Hermione avait besoin que Providence la reconnaisse et surtout joue le rôle d’une informatrice qui lui indiquerait où et quand le fameux artefact volé serait échangé.
Le sortilège fonctionna à la perfection et Providence s’éloigna quelques instants de Jacques avant de serrer la main d’Hermione en lui disant en français :

- « Cela doit avoir lieu avant minuit. Mettez-vous au fond, vous serez mieux pour observer. » Alors que Providence semblait revenir à elle, Hermione marmonna une nouvelle suggestion et la tenancière ajouta : « J’essaierai de vous faire signe dès qu’ils seront là. »

Hermione la remercia chaleureusement avant que Jacques, qui avait tout entendu, fasse signe à ses camarades de se diriger vers l’endroit que la diseuse de bonne aventure avait indiqué tandis qu’il leur commandait des boissons au bar.

Installés autour d’une large table ronde au fond de la salle, cachés par l’ombre que projetait la mezzanine de l’établissement sur le coin qu’ils occupaient, Hermione et les cinq hommes regardaient distraitement les couples qui évoluaient sur la piste de danse.

Hermione ne cessait de balayer la salle du regard. Elle ne voyait que des gens vêtus de tenues modestes et qui parlaient français avec le même accent prononcé que Marie. Et surtout, il n’y avait que des blancs. Gabe et elle se singularisaient d’une manière qui risquait de compromettre sa mission.
Si Captain America avait attiré tous les regards à son arrivée, les gens semblaient s’être rapidement lassés et avaient repris le cours de leur soirée, parlant, riant et dansant comme si la guerre n’existait pas.

Hermione comprenait parfaitement ce besoin d’oublier. Combien de fois durant la recherche des Horcruxes s’était-elle abîmée dans la lecture d’un livre pour essayer d’occulter le fait qu’elle était dans une tente au beau milieu de nulle part, transie de froid, affamée et avec absolument aucune idée de la mission qui l’attendait ?

Perdue dans ses pensées, Hermione fut brusquement ramenée à la réalité par Falsworth qui s’était levé à côté d’elle et lui tendait la main, l’invitant poliment à danser. Remarquant un groupe de personnes de couleur qui pénétrait dans l’établissement au même moment, certainement grâce à l’homme qui les avait eux-mêmes fait entrer, Hermione ne put retenir un petit soupir de soulagement, elle pouvait enfin passer relativement inaperçue.

- « Avec plaisir. Ça me permettra de mieux voir certains visages que j’ai du mal à discerner depuis ma place. » Puis elle avoua avec un sourire, un peu gênée : « Par contre, je vous avertis, Monty, ça fait des années que je n’ai pas dansé. »

- « Je vous guiderai avec plaisir. » lui répondit-il en inclinant la tête.

Il entraîna Hermione sur la piste et aussitôt la mena dans un foxtrot endiablé. Mais heureusement pour elle, Viktor avait été un excellent professeur et en plus de la valse que le Professeur McGonagall avait enseigné à la classe, elle maitrisait un certain nombre de danses de salon, lui permettant de suivre son cavalier sans trop lui marcher sur les pieds.

Après deux danses tout aussi rapides, ils retournèrent s’asseoir à leur table, un peu essoufflés, et la jeune femme but longuement dans son verre de jus de fruits avant de réaliser qu’il contenait du rhum et de jeter un regard surpris à Dernier.

- « Jacques ! Je vous avais demandé quelque chose sans alcool ! » lui reprocha-t-elle en avalant sa gorgée avec une grimace.

- « Désolé, mais avec ces deux-là qui sont impossibles à saouler. » expliqua-t-il en désignant Rogers et Barnes du pouce. « J’ai pris ce que Providence me donnait sans trop protester… Après tout, c’est l’autre con qui paie. » sourit-il en buvant une gorgée de son Pastis.

Hermione fronça les sourcils, pensive. Elle ne savait pas que Barnes et Rogers avaient une telle tolérance à l’alcool. Mais en y réfléchissant, cela lui sembla logique, le sérum devait le métaboliser rapidement… Ce qui la laissait d’autant plus dubitative sur le fait que quelqu’un soit parvenu à kidnapper Rogers… Elle se demanda un instant si Barnes avait réalisé qu’il avait reçu une version trafiquée du sérum qui avait transformé son ami ou s’il pensait simplement qu’il avait développé une tolérance à l’alcool.

Mais Hermione n’eut pas le temps de réfléchir plus avant. Elle aperçut à l’entrée du dancing un homme dont elle n’aurait jamais cru croiser la route : Heinrich Holdenried, un des proches de Grindelwald en Europe. Elle avait vu sa photo dans de nombreux livres d’histoire, il lui était impossible de ne pas le reconnaître.
Sa mission tout à fait fictive était en train de se heurter à la réalité sombre et meurtrière de l’époque. Elle déglutit péniblement, se rencoignant dans sa chaise pour l’observer tout à son aise sans qu’il ne la voie.
Lentement, Holdenried pénétra dans le dancing, s’avançant vers une petite table à l’opposé de là où elle se tenait. Il resta debout un instant, tirant une chaise pour la femme qui était arrivée juste après lui. Celle-ci était d’une beauté presque vénéneuse : de longs cheveux noirs semblaient couler, tel du velours, sur ses épaules nues et ses lèvres pulpeuses étaient peintes d’un rouge carmin. Elle portait une robe moulante aussi noire que sa chevelure, sans manche et qui remontait jusqu’à son cou. De cette sorte de collier de tissu partaient des pans de soies qui retombaient dans son dos, laissant apercevoir sa peau lorsqu’elle se mouvait. Femme fatale furent les mots qui vinrent immédiatement à l’esprit d’Hermione.

La nouvelle venue s’assit lentement et Hermione remarqua qu’elle s’était stratégiquement placée pour avoir en ligne de mire le Captain. Comme la dernière pièce d’un puzzle, ce regard insistant fit comprendre à Hermione qu’Hydra avait réellement créé des liens avec les forces de Grindelwald, elle ne pouvait pas en douter. Ce que son équipe et elle avaient cru imaginer était en fait bien réel.

Elle se pencha lentement vers Jacques qui riait de bon cœur à une plaisanterie de Jones et lui murmura :

- « J’ai un agent de Grindelwald à une heure. » Il tressauta, avant de recommencer à rire et de reculer sa chaise pour pouvoir discrètement regarder dans la direction indiquée.

- « Il est là pour l’artefact ? » demanda Dernier après avoir avisé les cibles lui aussi.

- « La femme avec lui est suspecte. Je ne pense pas que ce soit une sorcière… Je ne vois dans sa tenue aucun endroit pour cacher sa baguette. Gestapo peut-être ? » lui répondit Hermione, feignant toujours de ne pas connaître l’existence d’Hydra.

Jacques lâcha un juron qui alerta ses camarades, mais il leur fit quelques signes avec les doigts qu’ils semblèrent tous comprendre et reprirent leur conversation comme si de rien n’était.

- « Vous pensez qu’ils sont là pour votre artefact volé ?

- « Ils sont entrés ensemble. Il faut attendre de voir si quelqu’un les rejoint. »

Dernier hocha la tête et attira discrètement l’attention de Jones et Barnes qui étaient les plus proches de lui pour leur expliquer la situation. Pour donner le change, lorsque Jacques eut fini de leur dire de quoi il retournait, Barnes et Jones éclatèrent de rire et firent mine de répéter ensuite la blague à Rogers et Falsworth.

- « Par les caleçons de Merlin ! » jura Hermione en voyant entrer un nouvel homme. « Comment est-ce qu’il a pu entrer ici ? » souffla la jeune sorcière, estomaquée. « Je ne sais pas qui est cette femme, mais elle est à table avec le bras droit de Grindelwald et Delage. » murmura-t-elle aux cinq hommes qui ignoraient la musique de l’orchestre pour mieux l’entendre.

- « Delage ? » ne put se retenir de répéter Rogers. « Je croyais qu’il avait fui en Allemagne ? Vous êtes sûre que c’est lui ? »

- « Affirmative. » répondit Hermione avec sérieux, elle avait attentivement étudié ce qui s’était produit à Marseille pendant la guerre et était certaine d’avoir reconnu Ernst Dunker alias Delage*. Cet homme avait marqué Marseille de son empreinte de tortionnaire comme Klaus Barbie à Lyon. « Quoi qu’ils soient en train de faire tous les trois, j’ai intérêt à les arrêter. »

- « Nous avons intérêt, vous voulez dire. » la reprit Barnes sans quitter des yeux ceux qui étaient devenus leurs cibles.

Il se tourna vers Falsworth et lui dit quelque chose à l’oreille. Pour toute réponse, ce dernier réfléchit un moment avant de secouer la tête de droite à gauche avec une grimace.

- « Ils essaient d’être discrets, mais j’ai lu sur les lèvres de la femme qu’elle a demandé quelque chose à Holdenried à propos de vous, Captain. » expliqua rapidement Hermione. Rogers haussa les sourcils, visiblement surpris. « Mais je ne parviens pas à voir les lèvres de Dunker. »

Aussitôt, Barnes se leva et lui tendit la main, la prenant complètement au dépourvu par une invitation à danser.

- « Alors on va faire en sorte que vous soyez assez près. » déclara-t-il simplement avant de l’entraîner sur la piste de danse où les couples tournoyaient avec lenteur, bercés par le jazz que jouait l’orchestre.

Hermione devait admettre que danser avec Monty avait été agréable et si Viktor avait été infiniment patient, Barnes aurait pu être danseur professionnel dans une autre vie. Il la guidait, délicatement, enchaînant les mouvements, semblant parfois glisser sur le sol avec la légèreté d’une plume.
Mais pour autant, il les rapprochait peu à peu de leur objectif et après un dernier tour sur eux-mêmes, ils se retrouvèrent en parfait alignement avec Dunker qui jetait des coups d’œil à la table où se tenaient les commandos, oublieux des danseurs.

- « …betrunken… Heute Nacht oder nie. » lut Hermione sur ses lèvres. Avisant le regard interloqué de Barnes, elle traduisit : « Ivre ou saoul et « c’est ce soir ou jamais. ». Ils pensent que vous êtes tous ivres et vont tenter quelque chose contre vous. Ou plutôt contre le Captain, je pense… »

- « Parce qu’en plus de lire sur les lèvres, vous parlez allemand ? » s’étonna Barnes en continuant à danser, s’assurant qu’elle ait toujours la tablée qui les intéressait en vue.

- « Encore moins que le français. » lui répondit-elle avec honnêteté. « Je connais seulement quelques mots… »

- « Vous êtes vraiment un mystère enveloppé dans une énigme, vous. » lâcha finalement Barnes avec un sourire en coin qui fit rater un battement au cœur d’Hermione.

Quelques instants plus tard, la musique cessa, ils applaudirent et rejoignirent les autres. Hermione leur expliqua rapidement ce qu’elle avait espionné et convint avec eux d’un plan : elle partirait avec trois d’entre eux, feignant d’être ivres et ils se tiendraient en embuscade un peu plus loin.
Quelques minutes plus tard, un dernier homme et le Captain, qui semblait tant intéresser Holdenried, la femme et Delage, sortiraient et prendraient la même direction, laissant les trois Allemands tomber dans le piège ainsi tendu.
Mais avant cela, il faudrait qu’ils trompent l’ennemi en agissant comme s’ils étaient réellement ivres et qu’au contraire, Dernier, Jones et Falsworth rassemblent leurs esprits qui avaient commencé à s’embrumer dans les vapeurs de Pastis.

Jacques partit donc chercher une tournée, titubant jusqu’au bar sous l’hilarité tout feinte de ses compagnons. Il revint avec une bouteille sur laquelle on distinguait facilement l’étiquette d’une marque de vodka ainsi que deux bières qu’il donna à Barnes et Rogers.

Il servit la vodka à chacun et Hermione fut ravie de constater qu’elle avait été remplacée par de l’eau. Providence devait avoir un faible pour Dernier, s’amusa la jeune sorcière en trinquant avec les autres.

Après un temps qu’ils estimèrent suffisant, Hermione se leva, chancelant un peu et aussitôt, Gabe se redressa, lui tendant le bras mais vacillant quelque peu lui-même. Elle prit le bras de Jones puis celui que Falsworth lui tendait, sous une raillerie faussement éméchée de Barnes. Faisant de leur mieux pour paraître ivres, ils prirent tous les quatre la direction de la sortie.

Ils continuèrent leur comédie sur quelques dizaines de mètres tandis qu’ils s’éloignaient du dancing avant de tourner dans une courette entre deux commerces dont les rideaux de fer étaient abaissés.

Aussitôt, Hermione sortit sa baguette et, l’oreille tendue, attendit que les autres arrivent. Elle savait que sa mission se jouait là.

Ils entendirent bientôt Jacques qui chantait à tue-tête « Ah ! Le petit vin blanc. » et surent qu’ils devaient se tenir prêts. Le Français parlait fort et racontait des bêtises tandis que Steve le soutenait, essayant d’avoir l’air ivre lui aussi.

Ils furent soudain interrompus par une voix féminine mâtinée d’un accent italien.

- « Que fait un bel homme comme vous à traîner dans la rue aussi tard ? » demanda-t-elle.

- « Hé ! Je suis là aussi ! » protesta Jacques, faignant toujours une ébriété avancée.

- « Et si vous laissiez votre ami rentrer et m’offriez un verre ? » insista la femme, persuadée que ses charmes allaient faire vaciller le Captain.

Est-ce que c’était cela qui s’était produit dans ce qui était en train de devenir l’ancienne réalité ? se demanda Hermione. Est-ce que Rogers était parti avec elle et s’était fait kidnapper ? La femme et Delage n’étaient pas de taille contre le super soldat, mais Holdenried était connu pour être un excellent duelliste. Mille hypothèses étaient en train de défiler dans l’esprit d’Hermione.

- « Je savais que je la connaissais. » s’exclama le Sergent à côté d’elle. « Sans son chignon et ses lunettes, je ne l’avais pas reconnue. C’est Tarcento. » Il se tourna vers Monty et Gabe et ajouta : « Elle faisait partie de l’équipe scientifique quand on était prisonniers en Autriche. Vous vous souvenez ? »

Mais les deux hommes répondirent par la négative. Hermione soupçonnait que seul Barnes avait été soumis suffisamment fréquemment aux examens des scientifiques pour se la rappeler.

Steve refusa poliment, insistant sur le fait que Dernier n’était certainement pas en mesure de se rendre où que ce soit tout seul.

Ils étaient seulement à quelques mètres de l’entrée de la petite cour dans laquelle Hermione et les autres s’étaient cachés lorsque le craquement caractéristique d’un transplanage les fit tous sursauter et qu’Holdenried apparut devant eux.
Jacques n’eut que le temps de pousser un juron avant que le sorcier ne lui lance un Stupéfix pour le mettre hors d’état de nuire.

- « Si vous venez docilement avec moi, Captain. » lança Holdenried. « Je vous promets de laisser la vie sauve à votre petit camarade. »

Hermione vit Barnes s’avancer un peu, prêt à intervenir mais elle le retint d’un geste. Il fallait stopper les deux autres également et pour l’instant, ils n’avaient la certitude que de la présence d’Holdenried et de Tarcento. Il leur fallait Delage.

- « Vous êtes cernés. » lança la voix d’un autre homme.

Ils entendirent le bruit de talons aiguilles et Jones hasarda un coup d’œil rapide dans la rue, faisant ensuite comprendre aux autres que leurs trois ennemis étaient bien présents.
Barnes dressa le poing fermé, faisant signe à ses hommes de se tenir immobiles, laissant un silence lourd s’étirer avant de soudain agiter sa main en direction de la rue.
Ils sortirent de la courette comme des diables d’une boîte et aussitôt, Steve qui s’était mis à genoux, les mains derrière la tête en signe de soumission, se releva et tourna sur lui-même pour se jeter sur Delage qui le tenait en joue. Un coup de feu retentit, mais le Luger de Delage avait tiré vers le ciel, écarté par le Captain.

Sentant que la situation leur échappait, Holdenried lança un sort pour immobiliser le Captain, mais aussitôt, Hermione l’intercepta en lançant un Protego qui s’illumina en un arc bleu sous l’assaut du sorcier.
Surpris, l’homme se tourna vers Hermione, la fixant comme un prédateur prêt à bondir sur sa proie.

- « Tiens, tiens, tiens. » siffla-t-il en se déplaçant lentement pour se mettre face à elle. « On dirait que la petite sorcière veut jouer… »

Derrière elle, Hermione entendit Gabe crier à Monty de faire attention, visiblement l’Italienne était plus armée que ce que sa tenue ne le laissait présager. La pensant inattentive, Holdenried lança plusieurs maléfices en direction d’Hermione, persuadé de prendre rapidement l’ascendant sur elle.
Mais celle-ci n’avait jamais perdu les réflexes qu’elle avait acquis durant sa guerre. Elle bloqua le premier jet de lumière d’un nouveau Protego avant de simplement pivoter sur elle-même pour éviter les deux autres.

Elle fit de nouveau face au sorcier et lança un Petrificus Totalus pour faire diversion tandis qu’elle jetait un Deprimo sur les pavés aux pieds du sorcier.
L’Allemand jura et lança un sortilège qui fit jaillir des cordes épaisses qui se plantèrent dans les façades des maisons environnantes, créant une sorte de pont sous ses pieds, là où le sol s’était affaissé.
Visiblement agacé qu’Hermione lui tienne tête, il se dirigea vers elle d’un pas décidé, la foudroyant du regard.

Mais alors qu’elle se préparait à l’assaut d’Holdenried, celui-ci pivota au dernier moment et lança un Avada Kedavra en direction des commandos. Hermione leur hurla aussitôt de se plaquer au sol et, oubliant toute son éducation sorcière, se précipita en courant vers l’Allemand, lui assenant un immense coup d’épaule au milieu du torse, le faisant chuter lourdement au sol.

Malheureusement, il était parvenu à garder sa baguette en main et, un peu au hasard, sonné par sa chute, lança un Incendio en direction d’Hermione qui le surplombait, mettant le feu à sa manche gauche. Mais Hermione n’en avait cure, elle sentait bouillir en elle une rage qu’elle n’avait plus ressentie depuis des années. Ne prenant même pas le temps d’éteindre les flammes, elle lança immédiatement un sort de Désarmement puis un Stupéfix sur Holdenried. Enfin, elle métamorphosa des chaînes à partir du rideau de fer d’un des magasins et en entoura son prisonnier.
Elle tenait encore sa baguette pointée en direction de l’homme quand elle entendit des pas s’approcher rapidement d’elle. Elle reconnut aussitôt Monty qui arrivait en courant, tenant son manteau à bout de bras. Précipitamment, il la rejoignit et étouffa les quelques flammèches qui mangeaient encore sa manche.

- « Vous avez neutralisé les deux autres ? » demanda-t-elle, les yeux toujours rivés sur Holdenried.

- « Delage est assommé et Tarcento est hors d’état de nuire. » lui répondit Monty. Il avait déjà vu ça au combat, les brûlures, les plaies qu’on ne sentait pas… Et puis quand l’adrénaline retombait, les douleurs qui reprenaient brusquement le dessus.

- « Bien. » déclara simplement Hermione avait de se diriger vers Jacques. Elle lui lança un simple Enervate et il se redressa brusquement.

Aussitôt, Gabe l’aida à se lever, plus pour se rassurer lui-même que parce que Dernier en avait besoin et lui expliqua :

- « Le sorcier allemand t’a lancé un sort, tu étais comme évanoui. On s’est battu avec eux. Enfin, Hermione a botté les fesses du magicien pendant que nous on a arrêté les deux autres. » Il réfléchit un instant avant d’ajouter : « Qu’est-ce que c’était que cette lumière verte qui est passée après que vous nous avez dit de nous mettre à terre ? »

Il ne vit pas Jacques se tourner vers Hermione et pâlir quand il réalisa à la fois dans quel état elle était mais aussi le sortilège auquel ses amis avaient échappé.

- « Un sortilège de mort. » répondit Hermione avec dégoût. « Classé comme Impardonnable. Le simple fait de le lancer vaut une sentence à perpétuité dans une de nos prisons. ».

Soudain ramené à la réalité par un groupe qui sortait bruyamment du dancing, le Captain reprit son rôle :

- « Il faut que deux d’entre vous aillent confier ces deux-là aux FFI ou au MP*. » dit-il en désignant Delage qui gisait au sol et Tarcento qui était assise juste à côté, bâillonnée et attachée fermement par plusieurs ceintures – ils avaient fait avec les moyens du bord après tout… « Que faut-il faire pour le sorcier, Hermione ? » s’enquit-il. « On le confie à nos autorités ou vous appelez vos supérieurs ? » Puis il s’approcha un peu et avisant l’état de la robe de la jeune femme, il s’exclama : « Il faut impérativement qu’on vous emmène à l’hôpital ! » Il se tourna vers son meilleur ami. « Bucky, tu veux bien l’emmener au QG, tant pis, on trouvera bien un mensonge pour justifier sa présence… »

- « Non, surtout pas ! » s’exclama Hermione. « Ne vous inquiétez pas pour mon bras, j’ai de quoi me soigner dans mon sac. » expliqua-t-elle en le montrant. « Par contre, c’est lui qui va poser problème… » avoua-t-elle en jetant un regard haineux à Holdenried. « Contrairement à vos gouvernements, les nôtres ne sont pas officiellement alliés durant cette guerre. Ce qui veut dire que je n’ai normalement pas le droit d’être là… » Avisant les cinq hommes qui la regardaient avec le même air franchement dubitatif, elle expliqua : « Arrêter Holdenried en territoire français... C’est de l’ingérence qui peut rapidement évoluer en incident diplomatique… C’est pour cela que j’étais supposée récupérer l’artefact et disparaître… Je ne pense pas que mes supérieurs aient imaginé un seul instant que je me retrouverais confrontée à lui. »

- « Et cet artefact ? » demanda Gabe. « Vous ne l’avez pas trouvé sur lui ? Cela veut dire que votre mission est infructueuse ? »

- « Je pense que les informateurs de mes supérieurs ont dû mal retranscrire quelque chose… » hasarda Hermione. « Parce qu’aucun d’entre eux ne transportait quoi que ce soit de magique, en dehors de la baguette d’Holdenried. Je pense que l’artefact c’est ce qu’ils étaient venus chercher ce soir. »

- « Steve ? Vous pensez que Steve était ce qui devait entrer en leur possession ce soir ? » s’étonna Bucky.

- « Quelle autre explication ? » raisonna Hermione. « Quand on dispose de plusieurs thèses et qu'on ne peut les départager, la plus simple est la meilleure... jusqu'à preuve du contraire. »*

Barnes se renfrogna, il n’aimait visiblement pas ce qu’il venait d’entendre, même si en son for intérieur, il devait admettre qu’elle n’avait peut-être pas tort. Mais Hermione était déjà passée à autre chose :

- « Jacques, est-ce que vous avez un moyen de contacter un sorcier en qui vous pouvez avoir confiance ? Il faut que Holdenried soit livré aux autorités au plus vite. Sa place est à Nurmengard. »

- « Après sa mort, j’ai quelques amis d’Henri qui m’ont laissé leur adresse pour les joindre, au cas où... »

- « Bien. Je vais essayer de les contacter par Cheminette. Vous savez si la vôtre est toujours reliée au réseau ? »

- « Aucune idée. Mais, il faut vous soigner d’abord, Hermione. » répondit-il en posant à nouveau les yeux sur son bras gauche.

Ils s’organisèrent rapidement et les deux prisonniers partirent en direction du QG de la Police Militaire. Rogers portait Delage par-dessus son épaule, comme un vulgaire sac à patates et Tarcento était encadrée par Jones et Falsworth. Elle semblait essayer de leur faire du charme, leur disant qu’elle n’était qu’une victime, que Delage l’avait obligée, mais c’était peine perdue.

Afin de rendre leur retour chez Dernier plus discret, Hermione lança un Nebulus, qui fit monter depuis le port, glissant sur la ville, un épais brouillard. Elle put ensuite léviter le corps inerte de Holdenried derrière elle tandis qu’ils traversaient sans bruit la Belle de Mai. Jacques guida Hermione jusqu’à la cave de sa maison. Elle y jeta de nombreux sorts pour la renforcer et rendit la porte imperméable aux sons avant d’y laisser Holdenried, toujours inconscient et désarmé.

Pour plus de sécurité, Hermione jeta de nombreux enchantements de protection pour l’empêcher de sortir et se fit même un malin plaisir d’utiliser un Protego Diabolica. Ce sortilège était un des préférés de Grindelwald et faisait apparaître un bouclier de flammes magiques qui ne laissait passer que les partisans du lanceur de sort. Elle se délectait de l’ironie de la situation, elle devait se l’avouer.

Ils remontèrent ensuite vers le salon où Hermione déposa son petit sac sur la table avant de lancer plusieurs Accios pour faire venir à elle de quoi se soigner.

- « Vous voulez que j’appelle Marie ? » demanda Jacques. « Elle a beaucoup aidé dans les hôpitaux pendant la libération de la ville, elle pourra sûrement vous donner un coup de main. »

- « Si elle ne connaît pas le Secret, il vaut mieux qu’elle ne voie pas ça. » répondit Hermione en désignant les remèdes qu’elle avait sortis. Elle lança un Diffindo en haut de sa manche et releva un peu le tissu, mais il semblait être collé à sa peau. Avec une grimace, Hermione demanda : « Est-ce que l’un d’entre vous pourrait m’enlever cette manche s’il vous plaît ? »

- « Mais ça va vous faire mal ! » protesta Bucky. « Il vaut mieux qu’on coupe le tissu le long de votre bras et qu’on l’enlève doucement, vous ne pensez pas ? »

- « Je préfère que cela soit rapide. Si vous enlevez le tissu peu à peu, cela ne fera que prolonger la douleur… »

Visiblement plus que réticent, le Sergent s’exécuta néanmoins. Il s’empara avec sa main gauche du bas de la manche et avec la droite du haut et d’un geste rapide, fit glisser le vêtement le long du bras d’Hermione.
A sa grande surprise, celle-ci ne cria pas. Elle se contenta de prendre une longue inspiration et laissa échapper un petit gémissement avant de relâcher son souffle tout doucement.
Elle tourna ensuite la tête pour évaluer les dégâts et constata qu’a priori l’épais tissu l’avait relativement protégée : elle avait des cloques partiellement noircies sur toute la partie supérieure du bras et son coude et son avant-bras n’étaient brûlés qu’au second degré. Considérant qu’elle avait affronté Heinrich Holdenried, Hermione se dit que cela aurait pu être bien pire.

Sous les regards curieux des deux hommes, elle s’empara de la fiole de dictame et avec la pipette fit couler quelques gouttes là où la brûlure était la pire. Elle vit Jacques grimacer quand de la fumée s’échappa de sa peau à l’endroit où les tissus se régénéraient. Elle prit une autre respiration profonde, la relâchant progressivement. Déjà, elle sentait que le dictame apaisait ses chairs.
Hermione continua à appliquer du dictame, demandant à Jacques de faire couler quelques gouttes sur l’arrière de son épaule, qu’elle avait du mal à atteindre.
Enfin, lorsque ses brûlures les plus graves laissèrent place à de la peau qui semblait irritée, Hermione s’estima satisfaite.

- Jacques, j’aurais besoin d’un récipient, un peu long…. Quelque chose où je puisse plonger mon bras… »

Immédiatement le Français se leva et revint avec une bassine en zinc. Elle avait quelques trous, mais Hermione lança rapidement un sort de colmatage puis un Aguamenti pour la remplir. Elle y déversa ensuite la moitié d’une fiole dont l’odeur fit froncer le nez des deux commandos quand elle l’ouvrit.

- « Essence de Murtlap. C’est à base de tentacules marinés. » expliqua-t-elle. « C’est immonde, mais il n’y a rien de tel pour aider à la cicatrisation. » conclut-elle avant de plonger son bras dans l’eau fraiche, poussant un soupir de soulagement. « Je vais devoir rester une bonne heure comme ça… » s’excusa-t-elle. « Peut-être pourrions-nous parler de vos contacts, il faut que je sache à qui je vais pouvoir confier Holdenried en toute confiance… »

Jacques hocha la tête et s’approcha de l’imposant buffet qui trônait dans la pièce. Il ouvrit un placard, puis passa la main sous une étagère, cherchant visiblement quelque chose. Son visage s’éclaira avant qu’un petit clic n’ouvre un panneau ornemental sur le côté de la façade du meuble.
Jacques sortit précautionneusement un carnet de la cachette qu’il venait de révéler et commença à décrire à Hermione les amis de son frère. Il fallait qu’ils déterminent qui était encore actif dans la lutte contre Grindelwald pour qu’ils aient les contacts nécessaires à l’arrestation d’Holdenried.
Pendant qu’ils devisaient, les trois autres revinrent, visiblement perplexes.

- « Qu’est-ce qui s’est passé ? » s’enquit aussitôt Bucky.

- « Les FFI ont récupéré Delage immédiatement, mais… C’est étrange. La femme a été emmenée à part. Comme si les MP ne savaient pas quoi faire d’elle. » expliqua Monty en jetant un regard étrange à Hermione dont les blessures paraissaient bien plus superficielles qu’il ne l’avait craint.

- « Comme pour Zola. » ajouta Gabe avec un certain abattement. « J’ai la mauvaise impression qu’ils nous cachent quelque chose. »

- « On le saura bien assez tôt les gars. » conclut le Captain. « Je vous parie que Philipps va nous convoquer demain. »

- « Et je te rappelle qu’officiellement, tout est de ta faute, Dernier. » le taquina Barnes.

Jacques leva les yeux au ciel avant de répondre :

- « Je crains moins Philipps que Dum Dum et Morita qui vont devoir abréger leurs perm’ auprès de leurs dames si le vent tourne… »

Les autres commandos firent une grimace, ils comprenaient parfaitement ce que ressentait Dernier.

Pendant ce temps, Hermione avait sorti de son sac une bourse contenant de la poudre de Cheminette ainsi que quelques bûches. Elle fit léviter celles-ci dans l’âtre et d’un geste distrait, alluma un feu qui réchauffa agréablement la pièce.

- « Est-ce qu’il y a quelque chose que vous ne puissiez pas faire ? » lui demanda Bucky, mi admiratif, mi moqueur.

- « Croyez-le ou non, » lui répondit aussitôt la jeune sorcière. « Mon point faible, c’est le vol. Je n’ai jamais réussi à apprécier de voler. Et puis il faut avouer que même avec tous les charmes de coussinage, je trouve les balais terriblement inconfortables. »

Bucky en était encore à se demander si elle se moquait de lui ou pas lorsqu’elle sortit son bras rosi de la bassine et le sécha d’un sortilège.

- « Ne jetez pas l’eau, il faut encore que je trempe mon bras pour m’assurer que tout cicatrise bien. »

Résolue et rassemblant toutes les connaissances en français dont elle disposait, Hermione se dirigea vers la cheminée, jeta une pincée de poudre dans l’âtre, appelant Germain Trousseau, qui semblait être un ami très proche d’Henri et partager ses convictions. Malheureusement, comme elle l’avait craint, Hermione se retrouva face à une cheminée fermée et ne put donc accéder à l’homme. Ensuite, elle tenta de contacter Mireille Ducamp, avec peu d’espoir de recevoir une réponse.
Mais celle-ci vivait dans une famille vraisemblablement aisée et qui disposait d’un elfe de maison qui répondait aux sollicitations à toute heure.

- « Qu’est-ce que Cousi peut faire pour Madame ? » demanda l’elfe avec une certaine curiosité.

- « J’ai besoin de joindre Mireille Ducamp. » répondit Hermione en français. « C’est à propos d’Henri Dernier et c’est très urgent. »

- « Oh, Cousi se souvient de Monsieur Henri, il était très gentil. Il faisait sourire Mademoiselle Mireille. » Mais l’elfe se rembrunit soudain. « Mais Monsieur Henri est mort. Et Mademoiselle Mirelle a beaucoup pleuré… »

- « Justement, Cousi. » profita Hermione. « C’est pour cela que j’ai besoin de Mademoiselle Mireille. J’ai des informations pour elle. »

L’elfe s’empara de la housse de coussin – parfaitement propre et repassée, remarqua Hermione avec satisfaction - dont elle était vêtue et la froissa entre ses doigts, visiblement en proie à un dilemme cornélien.

- « Je vous promets, Cousi. Si Mademoiselle Mireille ne veut pas me parler, je m’en irai immédiatement. »

Avec un « pop » l’elfe disparut et Hermione attendit. Il lui sembla que des heures s’écoulèrent avant qu’elle entende des pas précipités et qu’une femme apparaisse devant elle. C’était une jeune femme d’une trentaine d’années, ses longs cheveux blonds attachés en une natte qui lui retombait à la taille et surtout qui fixait Hermione avec un air suspicieux, baguette à la main.

- « Je peux savoir ce que vous faites dans ma cheminée à cette heure indue de la nuit ? »

Hermione avait mal à la tête, elle était épuisée, n’arrivait plus à penser correctement et encore moins à s’exprimer en français, son bras la lançait, mais elle avait bien plus important à accomplir.

- « Jacques Dernier m’a dit que vous lui aviez laissé vos coordonnées après les obsèques de son frère. »

- « Vous êtes anglaise ? » s’étonna la Française.

- « Oui, je suis anglaise et je passais la soirée avec Jacques et ses amis… Nous sommes tombés sur… Comment dire ? »

- « Un os ? » suggéra Mireille en s’asseyant près de la cheminée, mais sa baguette toujours dirigée sur Hermione.

- « Peut-être. » transigea Hermione qui ne comprenait pas tout aux expressions idiomatiques françaises. « Je ne suis pas supposée être là et… Et j’ai besoin de quelqu’un qui peut contacter la Justice Magique. »

- « Et Jacques a suggéré mon nom ? » s’étonna la femme. « C’est étrange, j’ai plutôt eu le sentiment qu’il m’en voulait de la mort d’Henri… Après tout, j’étais avec lui quand cela s’est produit. »

Les derniers doutes d’Hermione s’estompèrent. Mireille Ducamp avait combattu aux côtés d’Henri contre Grindelwald, elle saurait l’importance du prisonnier.

- « Au moment où je vous parle, Heinrich Holdenried est inconscient, prisonnier dans la cave des Dernier. » lâcha-t-elle brusquement, trop épuisée pour circonvoluer autour de la vérité.

Mireille se redressa aussitôt, les yeux exorbités.

- « Holdenried ! » s’exclama-t-elle. « Vous plaisantez ? » Elle se reprit aussitôt. « Evidemment non, vous ne plaisantez pas. » Elle jeta un œil à la pendule qui se tenait dans un coin de la pièce, constatant qu’il était plus d’une heure du matin, elle poursuivit : « Je rassemble quelques camarades et je vous rejoins chez les Dernier avant deux heures du matin. Cela vous semble possible ? »

- « Bien sûr. » conclut Hermione avant de se retirer des flammes, seulement pour rencontrer les regards curieux des commandos.

Privilégiant son bras qui la lançait douloureusement, elle retourna vers la table où elle l’immergea à nouveau dans la solution de Murtlap avant de leur expliquer ce qui venait de se dérouler.

- « Donc Mireille va se pointer là et récupérer l’Allemand et c’est tout. »

Hermione haussa son épaule droite.

- « Delage et Tarcento sont capturés. Holdenried va être remis aux autorités sorcières et ma mission a été menée à bien. Je vais bientôt pouvoir rentrer chez moi. »

- « Encore avec votre machin qui s’illumine ? » demanda Gabe dont la curiosité ne semblait jamais tarir.

Hermione hocha la tête et s’empara de sa chaîne, tirant doucement pour récupérer le Retourneur de Temps. Mais lorsque celui-ci sortit de son col et reposa ensuite sur sa poitrine, elle sentit son cœur s’accélérer brusquement : là, sur la partie supérieure du sablier, il y avait une fêlure. Fine comme un cheveu, mais qui ne demandait qu’à s’agrandir.

Déglutissant péniblement, Hermione déclara d’une voix tremblante :

- « Il se peut que je reste un peu plus que prévu. »

Note de fin de chapitre :

Alors les explications pour toutes les petits astérisques laissés en chemin : Amaj : diminutif d'Amagiques alias les Moldus/Muggles en français. Mot totalement inventé^^ FFI : Forces françaises de l'intérieur ont réellement existé et sont la fusion de tous les mouvements de la Résistance en France en 1944, c'était l'armée française de l'intérieur, en résumé. MP : Military Police ou Police Militaire en français --> En temps de guerre, la police militaire s'occupe de la sécurité des infrastructures, la protection des officiers et des personnes importantes, la gestion des prisonniers de guerre, le contrôle du trafic et de l'approvisionnement. Ernst Dunker dit Delage : était réellement un sous-officier SS qui était à Marseille et dont la passion était de rédiger des listes de Résistants pour les livrer aux forces nazis. Un vrai criminel de guerre donc, qui dans la réalité a été capturé à Paris en mai 1945 et non pas à Marseille en février 1945. Tarcento et Holdenried sont entièrement issus de mon imagination.
Tarcento est donc une membre d'Hydra d'origine italienne, scientifique qui travaillait de loin avec Zola et qui était affectée au camp autrichien où étaient détenus les commandos avant que Steve vienne les libérer.
Holdenried est un lieutenant de Grindelwald qui en février 1945 était encore fort actif. Le canon HP place le duel Dumbledore/Grindelwald en novembre 1945 donc on peut supposer que Grindelwald était puissant début 45.
Vous devez s'identifier (s'enregistrer) pour laisser une review.