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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
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A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Quart de siècle (Hannah 5 ½) par Dahrma

[8 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Cette histoire est une réponse au concours Les 4 saisons lancé sur le forum HPF. La première saison à traiter est l’automne, avec les contraintes suivantes : 2000 à 15000 mots, le personnage (ou groupe de personnage) doit résoudre un mystère (j’espère qu’il le sera suffisamment…), il faut inclure les mots : vent, citrouille, bougies, solution, anniversaire, artiste (mis en gras dans le texte).

2 défis à choisir parmi (j’ai pris les 3…) :

- L'histoire se passe dans une petite ville/village

- Il pleut pendant les ¾ de l’histoire

- S’inspirer d’une image en particulier.

Note de chapitre:

Cette petite histoire est un “chapitre bonux” de ma fic “Ce(ux) qui aurai(en)t suivi(s)” ou CQAS pour les intimes (qui est elle-même la suite de “Ce qui aurait pu“, CQAP…Les deux fics étant seulement publiées sur un autre site pour le moment).

Au niveau de la temporalité, elle se situe entre les chapitres 85 et 91. Toutefois, rassurez-vous, elle peut se lire indépendamment !

21 septembre. L’automne commençait à peine et, déjà, les températures ne cessaient de baisser. Les journées ensoleillées se faisaient de moins en moins nombreuses. L’été avait été chaud, très chaud. Dans tous les sens du terme. Outre les épisodes caniculaires qui avaient ponctué la saison estivale, George avait fait une déclaration à Hannah aussi inattendue qu’inespérée. Deux ans que le jeune homme soufflait le chaud et le froid, la séduisant puis la rejetant, pour aussi vite revenir lui supplier de le pardonner. Il l’avait chamboulée. Agacée. Et désespérée. Et puis il y avait eu cette affirmation. Cette promesse qu'il était prêt pour elle, à assumer ses sentiments, à construire avec elle. Avant, elle n'avait jamais osé y croire. Ou l'espérer. Elle, cette fille un peu trop ronde, un peu trop gauche. Évidemment, cette déclaration était arrivée trop tard. Comme toujours.

Les jours raccourcissaient et une fine bruine tombait inlassablement. Pestant pour avoir dû remiser ses jolies robes au placard, Hannah resserra ses bras autour de sa veste, tentant vainement de se protéger du vent. Ses chaussettes étaient déjà humides et elle était frigorifiée. La faute à ces fichues baskets en toile. Elle regrettait de ne pas avoir pensé à enfiler ses jolies bottes en caoutchouc. Elle ne pouvait même pas invoquer un sort imperméabilisant ou un de ces étranges objets qui protégeait les passants de la pluie quand ils les élevaient au-dessus de leur tête, coincée comme elle l’était dans cette rue pleine de moldus.

Elle sortit sa montre à gousset. Il n’était pas tout à fait dix-neuf heures mais, déjà, la nuit tombait.

- Hannah ! s’exclama Keith en s’approchant d’elle. Je suis navré, j’ai été retenu au travail. Ces fichus gobelins sont.

Il n’insista pas en captant son regard contrarié. A la place, il lui offrit un sourire contrit et attrapa sa main.

- Viens ! 

Il l’entraîna sur quelques dizaines de mètres jusqu’à une porte blindée bleue barrée d’un ruban de balisage jaune et noir. Il jeta un coup d’oeil alentour et l’invita à entrer.

A l'instant où ils franchirent le seuil, ils furent brusquement aspirés par les pieds. Hannah eut envie de hurler mais leur déplacement était tellement rapide qu’elle n’arrivait même pas à ouvrir la bouche. Elle n’eut pas le temps de pousser sa réflexion qu’ils atterrissaient sur le corps de place du château de Hay-on-Wyen, le petit village sorcier où son compagnon avait grandi. La blonde ferma les yeux pour faire passer sa nausée. Elle sentit les doigts du gallois s’entrelacer aux siens et fut entraînée au coeur du village.

 

Les ruelles pavées étaient bordées d’ormes centenaires, recouverts de feuilles jaunes, oranges et rouges, dont les tons chatoyants se reflétaient dans les vitrines des boutiques à la lueur des créatures piégés dans les lampadaires.

Hannah était convaincue qu’il s’agissait de Pitiponks mais elle n’eut pas l’occasion de vérifier sa présomption. Keith s’était soudainement arrêté et les feuilles mortes ne crissaient plus sous leurs pieds. Elle leva la tête et scruta l’enseigne qui surplombait la vitrine. Il s’agissait d’une énorme marmite en fonte, sans aucune autre indication. Elle ne fut pas surprise d’y découvrir un restaurant. Du lierre courait tout au long de la devanture et des citrouilles étaient disséminées ici et là dans la rue. Ce qui attira son attention, fut cependant principalement la joyeuse troupe qui se saluait et s’égayait derrière la vitre, dans la salle principale. Son amant l’enlaça, collé à son dos en lui soufflant à l’oreille.

- Joyeux anniversaire, Hannah !

Elle déglutit difficilement. Elle ne voulait pas fêter son anniversaire. Elle ne le fêtait pas. Jamais. Déjà gamine, elle ne se souvenait pas d’un seul 21 septembre où elle n’avait pas terminé cette journée en pleurant à chaudes larmes. Elle n’avait jamais bien compris pourquoi et, en toute honnêteté, elle avait arrêté de chercher quand, en 1996, un membre du Ministère avait choisi précisément ce jour-là pour venir la chercher en plein cours de botanique et lui annoncer le décès de sa mère.

 

A compter de cette date, elle s’était fait un point d’honneur à ne plus jamais le fêter, son anniversaire. Ses amis s’étaient pliés à son exigence sans sourciller. Depuis bientôt dix ans, cette non-tradition était immuable.

Avant d’ouvrir le Puffapod Grove's, elle avait pris l’habitude d’ingurgiter, la veille au soir, une demi-pinte de Goutte du Sommeil qui lui permettait de dormir paisiblement jusqu’en début d’après-midi. A son réveil, elle se glissait généralement dans un bain brûlant avec un bon bouquin et y restait jusqu’à ce que l’eau devienne froide. Elle filait alors chez Mandy Brocklehurst, sa meilleure amie et associée, et elles passaient la fin de la journée à concocter soupe aux champignons, à la châtaigne ou au potiron, qu’elles sirotaient ensuite dans des mugs, roulées dans un seul et même plaid, en refaisant le monde.

Depuis qu’elles avaient ouvert leur Club, Hannah y filait dès le saut du lit. Elle y prenait un petit déjeuner consistant, seule, installée derrière le bar, puis s’affairait à réaliser l’inventaire de rentrée et un grand ménage qui n’avait absolument rien de nécessaire. En début d’après-midi, elle accueillait les premiers clients puis restait jusqu’à la fermeture qu’elle n’hésitait pas à décaler de quelques heures, exceptionnellement.  Elle finissait généralement sa nuit chez Mandy, dans la quiétude et sans qu’aucune ne prononce un mot ayant trait à ce jour fatidique.

Hannah n'en avait rien dit à Keith. A quoi bon ? Tous ses proches étaient au courant. Ils n’en parlaient jamais. Tous savaient que ce sujet était proscrit et, très honnêtement, elle ne se rappelait même pas lui avoir indiqué sa date d’anniversaire. Ce devait être au tout début de leur relation. Si elle avait imaginé un seul instant qu’ils puissent encore être ensemble en septembre, jamais elle ne la lui aurait donnée. Pourtant… Il ne s’y était pas trompé.

 

Quand ils s’étaient rencontrés, en mars dernier, elle n'avait pas envisagé que ce séduisant gallois puisse réellement s’intéresser à elle. La blonde un peu gironde. Pourtant, il était revenu la trouver régulièrement. Il avait cherché à la charmer. Jamais elle ne s’était imaginé qu’il allait l’embrasser. Elle. La ronde un peu trop blonde. Pourtant, il avait continué à la séduire inlassablement. Ils s’étaient mis en couple au mois de mai. A aucun moment elle n’avait pensé qu’il allait lui demander d’aménager avec lui. Pourtant, ils venaient d'arrêter leur choix sur un loft parfaitement situé à Carlisle Street.

Elle devait reconnaître que sortir avec Keith était agréable. C’était le genre d’homme fait pour elle. Un gentil. Un vrai gentil. Comme Neville l’avait été avant lui, quand ils étaient adolescents. Keith n’avait rien à voir avec George. George n’était pas fait pour elle. Trop passionné, trop piquant, trop torturé. Avec Keith, tout était simple et sain. Tranquille. Sans heurt, sans atermoiements. George, lui, n’avait eu de cesse de la perturber. De la supplier et de se refuser. D’aller et venir.  Évidemment, avec lui, elle avait eu des frissons comme jamais elle n’en avait ressenti. Mais son coeur en avait payé les pots cassés lourdement.

 

Hannah sortit de ses pensées et se laissa pousser par Keith à l’intérieur de l'auberge. Une clochette sonna le glas dès qu’elle passa la porte, faisant cesser les conversations joyeuses. Toute l’assemblée se tourna vers le couple, dans un silence fébrile. Avec un effort qui lui semblait incommensurable, Hannah plaqua un sourire forcé sur ses lèvres. Elle entendit presque le “ouf” de soulagement de ses proches qui s’animèrent d’un seul mouvement à son rictus maladroit, organisant une file indisciplinée pour venir la saluer.

Personne n’eut l’outrecuidance de lui souhaiter son anniversaire et elle fit l’effort de ne pas les interroger immédiatement, de peur de trop refroidir l’ambiance mais elle était déterminée à cuisiner chacun d’entre eux. Qu’aucun de ses amis n’eut la présence d’esprit de déconseiller à Keith d’organiser cette soirée, ce jour-là, était un mystère qu’elle était résolue à élucider. En attendant, elle devait supporter cette mascarade qui, d’avance, lui tordait les boyaux. Elle n’avait plus qu’à prendre son mal en patience pour ne pas gâcher la soirée de son amant qui souriait de toutes ses dents, fier d’avoir su préserver sa surprise.

 

De nouveau, la clochette de la porte d'entrée tinta derrière le couple, laissant entrer une Meriel Wright trempée par la pluie. Le gallois se précipita sur l’artiste et la guida vers une petite estrade à laquelle Hannah n’avait pas prêté attention. Elle suivit la pianiste des yeux jusqu’à ce qu’elle s’installe et glisse délicatement ses doigts sur les touches, laissant entendre quelques notes disparates. Elle se sentait presque bien, finalement. Jusqu’à capter un éclat roux, sur sa droite.

 

George s’avança vers elle, les bras écartés, tout prêt à l’enlacer, s’exécutant aussitôt en glissant sa tête au creux du cou de la blonde pour inspirer à pleins poumons.

- Hannah Chorèse [1], comment vas-tu ? demanda-t-il, plus concerné que ce à quoi il l'avait habituée.

Elle lui offrit un sourire dont elle ne put éteindre la tristesse tout en le repoussant délicatement.

- A ton avis ?

Il hocha la tête lentement.

- Je suis surpris que tu aies accepté de venir. D’habitude…

- Je n’étais au courant de rien. Keith m’a simplement dit qu’on allait dîner chez ses parents… Comme n’importe quel soir.

- Oh… Il n'a rien dit de plus ?

Elle le dévisagea en penchant la tête sur le côté.

- Qu’est-ce que tu fais là, George ?

- Tu me connais, je n’allais pas rater une soirée, et encore moins en ton honneur !

- …

- J’étais dans les parages quand Keith a invité Neville et Luna. Il s’est senti obligé de m’inviter aussi, s’amusa-t-il en lui offrant un clin d’oeil.

- Et aucun de vous n’a eu la présence d’esprit de le dissuader d’organiser cette fête ?

Il eut le bon ton de paraître gêné.

- Il n’a pas vraiment été clair sur l’occasion. Et puis il nous a assuré que tout était déjà arrangé… avec Mandy, finit-il dans un souffle.

La blonde tourna si vite la tête vers son amie qu’elle fit douloureusement craquer sa nuque. George glissa la main sur le cou de la jeune femme. Il pianota doucement vers sa nuque et laissa ses doigts courir jusqu’à la racine de ses cheveux, lui provoquant un frisson. Elle ferma les yeux une seconde et se dégagea.

- Elle n’a pas pu. Elle sait pourtant.

Hannah n’arrivait pas à faire une phrase cohérente et laissa les doigts de George glisser, cette fois, entre les siens, sans se rendre compte que cette agréable chaleur qui se propageait depuis leurs paumes liées aurait dû être malvenue.

- Je suis sûr qu’elle ne pensait pas à mal, Hannah Gogie [2].

La blonde le fusilla du regard et récupéra prestement sa main. Elle le congédia d’un ton raide.

- J’aurais le fin mot de cette histoire. Passe une bonne soirée, George.

Elle s’éloigna, sans l’autoriser à répliquer, retirant du même geste sa veste humide qu’un Elfe de Maison s’empressa de lui arracher des mains pour l’accrocher à une patère. Tandis qu’elle se dirigeait d’un bon pas vers son associée, elle fut interrompue par Susan et Ernie qui, aussitôt, improvisèrent une réunion d’anciens Poufsouffle.

 

Elle ne les avait pas vus depuis de trop longs mois. Son ancien co-Préfet était parti vivre en Irlande après la guerre et ne quittait plus qu’exceptionnellement les falaises de Moher. Miss Bones, quant à elle, toujours célibataire, était devenue l’assistante de direction du Bureau de la Coopération Magique Internationale du Ministère des Affaires Magiques en France et résidait la plupart du temps à Paris.

Hannah fit de son mieux pour se réjouir de ces retrouvailles. Elle adorait littéralement ses anciens camarades et, entretenir des correspondances régulières n’avait définitivement pas la même saveur que de profiter de leur présence en chair et en os. Pourtant, elle ne put s'empêcher de se raidir en constatant que George avait profité de cet arrêt momentané pour se précipiter glisser un mot à l’oreille de Mandy.

Elle fronça les sourcils en les voyant couler un regard inquiet dans sa direction et n’arriva plus à écouter un mot du discours ampoulé d’Ernie qui s’extasiait sur le génie de son fils, Gaël. Elle réfléchissait à tout allure à la manière la plus délicate de prendre congés sans vexer ses amis d’enfance, au risque de paraître parfaitement impolie. 

- … surpris

- Comment ?

- Je disais que ça nous a surpris !

- Qu’est-ce qui vous a surpris ?

- Et bien. Que tu acceptes de faire ça ce soir.

Hannah leva les yeux au ciel et eut un sourire indulgent.

- Je n’ai rien accepté du tout.

Ernie et Susan la dévisageaient les yeux ronds. Au moins, elle pouvait les écarter définitivement de la liste des suspects. Elle n’avait pas imaginé un seul instant qu’ils aient pu inciter Keith à cette idée stupide mais elle considérait désormais avoir la preuve irréfutable de leur innocence.

 

Tout en se morigénant de son irrévérence, elle s’éclipsa sans beaucoup plus de cérémonie et se dirigea droit vers Mandy qui n’avait pas bougé. George, lui, avait disparu et Hannah avait beau jeter des coups d’oeil de tous les côtés, elle ne retrouvait pas l’éclat roux qui le précédait habituellement. Elle haussa les épaules et continua son chemin d’un pas franc, bien décidée à faire avouer son associée.

Son trajet fut interrompu par deux bras qui l'alpaguèrent depuis son dos et elle ne put retenir un hoquet de surprise. Elle s’attendait comme trop souvent à ce que George - qui en avait vraiment fait une mauvaise habitude - soit le propriétaire desdits bras. Cependant, elle reconnut les notes d’agrumes si caractéristiques de l’odeur de Keith. Elle reprit du mieux qu’elle put une respiration régulière et força un nouveau sourire sur ses lèvres.

- Ça te plait ?

Elle ne répondit pas, le serrant brièvement dans ses bras pour éviter son regard.

- Tu as organisé ça tout seul ?

- Je ne peux rien dire !

- Keith. Qui t’as aidé ? Il y a des personnes dont je ne t’ai jamais parlé dans cette salle !

- Secret de fabrication.

Elle soupira de frustration. Elle commençait à le connaître. Il n’allait rien lâcher.

- Je dois encore aller saluer Mandy. Je reviens.

- Vous passez vos journées ensemble, Hannah ! s’agaça-t-il sans pouvoir retenir sa remarque.

- Raison de plus, répondit-elle simplement, également irritée.

 

Quand Keith l’avait invité à “diner chez ses parents”, ce soir-là, Hannah avait d’abord pensé à refuser. Elle tenait à son rituel de non-anniversaire. C’est Mandy qui avait insisté pour qu’elle prenne sa soirée. Pour qu’elle change d’air. Comprendre que sa meilleure amie avait simplement cherché à la piéger lui soulevait le coeur.

Elle se dégagea délicatement lorsque le gallois tenta de lui prendre la main, ignorant la petite voix dans sa tête qui lui rappelait que ces quelques secondes lui suffisaient pour comprendre que sa main ne provoquait ni chaleur, ni frisson, ni aucun autre sentiment que de l’indifférence.

Elle secoua la tête, redressa les épaules et avança droit devant elle. Elle hoqueta une énième fois quand elle sentit son poignet agrippé. George. Évidemment. Il tira doucement sur son bras et enlaça sa large taille, lui proposant une danse. Elle n’avait même pas remarqué que Meriel pianotait désormais de douces mélodies. Le nez collé à la chemise du rouquin, elle le repoussa d’une main assurée en fermant les yeux, espérant par là même arrêter de s’enivrer de son odeur.

Une nouvelle profonde inspiration plus tard, elle reprit sa marche dans sa direction initiale. Mandy en avait profité pour s’échapper vers d’autres horizons. Une fois de plus, Hannah se tourna de tous les côtés, tentant de localiser cette fois les boucles brunes de sa supposée meilleure amie. A la place, elle repéra Neville et Luna qui, le visage grave, lui faisaient signe. Un sourire sincèrement ravi collé aux lèvres, elle se précipita vers eux.

- Oh, je suis si heureuse de vous voir ! Où sont les jumeaux ?

- On les a laissés à Newt et Porpentina, répondit fébrilement l’ancien Gryffondor.

- C’est la première fois qu’on les laisse seuls, renchérit Luna, une pointe d’inquiétude dans la voix.

- Je suis flattée que vous m’accordiez cette première soirée ! s’amusa Hannah.

- On ne pouvait pas refuser une telle occasion ! 

- Comment ça, une telle occasion ?

- Et bien, tes f.

La fin de la phrase se bloqua dans la gorge de Neville qui dévisageait Luna qui, elle, venait de lui asséner un violent coup de coude dans le flanc.

- Mes quoi ?

- Hmm ? intervint la blonde en souriant. Ton anniversaire. Neville ne voulait pas rater ton anniversaire.

- Luna. Neville sait parfaitement que je ne fête jamais mon anniversaire. Jamais.

- Oui ? Oh, Neville. Tu aurais dû me le dire avant qu’on en fasse notre première sortie, mentit-elle sans conviction mais avec un sourire totalement désarmant.

Neville fronça les sourcils murmurant quelque chose qui ressemblait vaguement à un “tu ne paies rien pour attendre !” et adressa un sourire contrit à Hannah.

- Luna, tu me prends pour une Goule ?

La blonde évaporée lui adressa un sourire et agita férocement ses bras en s'exclamant. 

- Ah ! George ! George ! Viens par ici !

- Que. Luna ! Non, ça suffit. J’en ai assez. Où est Mandy ?

- Tu ne l’as pas encore trouvée ? demanda George en les rejoignant.

Hannah secoua la tête, désappointée.

- C’est bizarre, je l’ai vue il y a moins de cinq minutes.

Elle se tourna vivement et s’éloigna du même mouvement, sans chercher à s’en excuser, ni à savoir si elle prenait la bonne direction. Cette soirée la rendait définitivement malpolie. Elle traversa la salle, illuminée de centaines de bougies, d’un pas de plus en plus rageur. Elle la repéra à proximité du piano.

Mandy, un air terrorisé plaqué sur son si joli minois prit une grande inspiration, redressant ses frêles épaules, et se dirigea à son tour droit vers Hannah. Arrivée à sa hauteur, elle lui saisit le coude en lui intimant de sourire et l’amena les lèvres faussement incurvées vers le haut, jusqu’à un escalier barré d’un cordon bleu.

En haussant les épaules, elle l’enjamba, et grimpa quelques marches avant d’être interrompue vertement.

- Comment as-tu pu ? Mandy !

- Je ne savais pas, Hannah. Je te promets que je n’en savais rien. Je ne savais pas que c’était pour ton anniversaire.

- On est le vingt-et-un ! Tu n’as jamais été stupide, il me semble.

Mandy encaissa la critique.

- Je ne savais pas. C’est George qui m’a.

- Sérieusement ? Qu’est-ce qu’il a encore à voir avec ça ? s’agaça Hannah en retenant des larmes qui venaient d’elle ne savait où mais qui menaçaient de la submerger.

- Rien. Rien. Je t’assure. Il. Il m’a juste dit que. Que tu ne savais pas qu’on serait tous là. On croyait. Enfin. On pensait…

- Mais quoi, à la fin ? Vous pensiez quoi ?

- Keith a. Il a laissé entendre autre chose. Il n’a jamais dit que c’était pour ton anniversaire. Si j’avais su… Tu sais... Je sais… Enfin, je l’aurais dissuadé. Mais là.

- Là, quoi ?

- J’imaginais… Je me disais… Je me disais que c’était pas mal, finalement, d’associer cette date à autre chose d’heureux. J’ai cru que c’était le hasard.

- Mais qu’est-ce que tu as cru Mandy ? Qu’est-ce qu’il a dit pour.

- Je pensais qu’il voulait faire sa demande.

- Quelle demande ?

- A ton avis Hannah ? LA demande.

Hannah la dévisageait comme si elle s'était subitement transformée en Veracrasse. Mandy prit un air indulgent.

- Vos fiançailles !

- Nos ? Nos quoi ? Non. Non, c’est trop tôt.

- Vous emménagez ensemble, Hannah. Ce n’est pas trop tôt.

- …

- Il n’a rien demandé, finalement ?

- Non. Et… Non. Il n’a rien demandé.

Hannah pâlissait à vue d'œil et eut besoin de s’asseoir sur les marches, au beau milieu des escaliers, là où elles s’étaient interrompues, quelques minutes auparavant. Mandy s'accroupit à son côté, se collant à son corps, enserrant sa taille et se blottissant contre elle. La blonde reprit dans un murmure.

- George ? Il. Il savait ?

Mandy hésita à répondre. Elle chuchota elle-même, n’osant parler à haute voix.

- Oui mais… mais il n’y croyait pas. C’est pour ça qu’il tenait à venir. J’ai essayé de le décourager mais… tu le connais. Il voulait me prouver qu’il avait raison et il n’arrêtait pas de.

- De quoi ?

La brune hésita à continuer et se mordit la lèvre. Accélérer la séparation de Hannah et Keith en le lui révélant n’était pas une solution

- Mandy, j’ai besoin de savoir. J’ai besoin de… de ne plus vous en vouloir. A toi, à Keith ou à… lui.

- Il n’arrêtait pas de répéter que lui et toi, c’est écrit et que tu ne peux pas finir avec Keith. Il était sûr que tu dirais non à sa proposition.

Hannah enfouit sa tête dans ses bras en gémissant.

- Non. Hannah ? Tu aurais dit non ? Hannah ?

Elle se redressa dans un soupir tragique.

- Bien sûr. Bien sûr que j’aurais dit non... Je. Je m’ennuie, Mandy. Je m’ennuie avec Keith.

- Mais. Vous devez emménager ensemble la semaine prochaine !

- Je ne peux pas, souffla Hannah, la tête de nouveau enfouie dans ses bras croisés sur ses genoux.

- Comment ça, tu ne peux pas ? s’exclama une voix bien trop masculine pour être celle de Mandy.

La blonde se redressa vivement, un air de panique plaquée au visage tandis que son amie lui pressait doucement le bras.

- Keith…

- Qu’est-ce que ça signifie, tu ne peux pas ? Hannah ? J’ai vendu mon appartement ! 

- Je. Je suis désolée. Je ne peux pas. C’est. C’est juste trop. Trop et trop tôt.

- C’est George, c’est ça ?

- Quoi ? Mais. Mais non. Enfin… Toutes mes décisions n’ont pas de lien avec George.

- …

- D’ailleurs, George n’intervient dans aucune de mes décisions.

- Pas à moi, Hannah.

- Comment ça, pas à moi ? Tu ne devrais pas juger des situations que tu ne connais pas, Keith.

- J’ai des yeux pour voir. Il se fiche que je sois là ou non, il cherche tout le temps à te toucher et attirer ton attention et toi, tu te laisses aspirer par ce.

- Ne termine pas cette phrase. Tu ne sais rien de lui, tu.

- Je n’ai pas besoin de savoir. Je vois simplement comment tu réagis quand il est là. Je vois tes sourires à chaque surnom stupide dont il t’affuble. Je ne voulais pas qu’il vienne ce soir.

- Tu n’avais qu’à pas l’inviter.

- Comme si j’avais eu le choix ! J’étais certain qu’il allait tout gâcher et ça n’a pas raté.

- Il s’agit de ma décision, Keith. Je ne me sens pas prête. Je ne me sens pas prête mais ça n’a rien à voir avec George.

Hannah avait l'air tellement convaincue qu'elle y croyait presque elle-même. Elle continua, priant pour qu'il n'ait pas entendu davantage de sa conversation avec Mandy.

-Je ne me sens pas prête parce qu’il est trop tôt.

- Il n’est jamais trop tôt quand on s’aime et je sais que je t’aime, moi.

- On ne se connait pas assez Keith. Sinon. Sinon, jamais tu n’aurais organisé cette soirée. Sinon, tu aurais compris que ça me ferait plus de mal que de bien.

- Comment ça ?

- Je ne peux même pas t’en vouloir. Tu ne sais pas. Tu ne sais rien. Ce n’est pas ta faute mais. Mais je ne peux pas.

- Qu’est-ce que tu essaies de me dire Hannah. Tu veux me quitter parce que j’ai osé t’organiser une soirée pour tes vingt-cinq ans ?

Elle ne put retenir un court rire de dépit.

- Non. Bien sûr que non. Mais. Je crois qu’on devrait attendre avant de vivre ensemble. On ne se connait pas suffisamment. Sinon.

Keith se pinça l’arête du nez en tentant de refouler son agacement. Elle chuchota.

- Sinon, on n’en serait pas là. C’est bien la preuve qu’il est trop tôt.

- Écoute. Je n’ai pas l’énergie d’en discuter maintenant. Tu peux au moins faire l’effort de sourire ce soir ou je renvoie tout le monde dans ses pénates ?

Hannah lui prit la main et caressa sa joue.

- Je suis vraiment désolée, Keith. Je tiens à toi. Sincèrement.

Il pencha sa tête contre la paume de la blonde en fermant les yeux. Elle inspira profondément et retint la douleur qui lui déchirait les entrailles. Elle pouvait au moins lui accorder cette faveur.

- Je vais sourire et apprécier cette soirée. Je te le promets.

Note de fin de chapitre :

[1] Hannah Chorèse : Anachorèse, vient du mode de vie des anachorètes ; fait de vivre dans la solitude

 

[2] Hannah Gogie : Anagogie, notion ascétique qui désigne l'élévation de l’âme vers les choses célestes ; en théologie, méthode d’interprétation d’un texte qui vise à dégager le sens spirituel et mystique du sens littéral.

 

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